dinde (n. f.)

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Scientifique

  • Meleagris gallopavo

Autres noms

  • poule d'Inde (n. f.)
  • poule de Turquie (n. f.)

Anglais

  • turkey
  • turkey hen

Etymologie

la poule ou le coq d'Indes occidentales est devenu dinde
(Indes occidentales car Christophe Colomb a cru être arrivé en Inde quand il découvert l'Amérique en 1492)

Définition

Espèce d'oiseau galliforme, fam. des phasianidés. Au sens propre, la dinde est la femelle de l'espèce et le dindon est le mâle.

Détails

Description : C'est le plus grand oiseau de la basse-cour. Volaille lourde avec une excroissance charnue molle au front. Le dimorphisme sexuel est très accusé. Le mâle est impressionnant avec sa tête et son cou dénudés. Le mâle (10-13 kg) est plus lourd que la femelle (6-8 kg). Les plumes de sa queue, disposées en éventail, sont plus longues. La tête et le cou n'ont pas des plumes. La tête, plus grande chez le mâle, est pourvue de caroncules et de pendeloques colorées en rouge violacé. Un bouquet de crins est fixé sur une formation cornée à la base du cou. La femelle est plus petite et porte des formations charnues moins développées sur la tête et le cou.
Domestication : Le dindon (turkey) est originaire d'Amérique (qu'on appelait les Indes occidentales), issu de Meleagris gallopavo gallopavo, le dindon sauvage habitant le sud des plateaux du Mexique. Il a certainement été domestiqué au Mexique et utilisé au début aussi au sud-ouest des U.S.A. actuels. Il a été introduit vers 1500 en Espagne par les missionnaires jésuites d'où il s'est propagé sur toute l'Europe. Les premiers dindons parus en France, furent servis en 1570 aux noces du roi Charles IX. Les Portugais les ont introduit en Afrique.
Habitat : Mondial.
Mœurs : Le mâle, querelleur, attaque poules et canards. Il fait la roue en étalant les plumes de sa queue pour attirer sa femelle. Ces animaux préfèrent passer les nuits dehors. La dinde pond ses œufs dans des endroits cachés. L'incubation de l'oeuf dure 28 à 30 jours. C'est un gros destructeur de serpents. Le dindon glougloute.
Utilisations
: La chair est maigre et a une teneur en protéines élevée. Sa viande, noire, vaut celle du faisan. Traditionnellement, elle est consommée à la période de noël en France, avec marrons et truffes. La dinde peut pondre 15 à 20 œufs par an. C'est une excellente couveuse et on lui confie volontiers des canetons. Brillat Savarin a écrit que c'est le plus beau cadeau du nouveau monde à l'ancien onde.
Races :
Les principales races françaises sont :
- le dindon de Normandie ou dindon commun, noir ou blanc,
- le dindon noir de Sologne, à chair délicate, blanche et fine. La dinde est bonne pondeuse,
- le dindon Noir du Gers. La dinde pond 15-30 œufs, 2 fois par an,
- le dindon cuivré,
- le dindon gris,
- le dindon Rouge des Ardennes, très rustique. Les dindes, bonnes pondeuses, sont excellentes couveuses. Les principales races américaines sont :
- le dindon bronzé d'Amérique, ou Mammoth bronze, la plus lourde des volailles domestiques de France (mâles jusqu'à 22 kg, femelles jusqu'à18 kg), à chair succulente. La dinde, excellente couveuse, pond des œufs de 80 g à coquille jaune parsemée de points brun rougeâtres ;
- le Blanc de Beltsville, à plumage blanc collé au corps et pattes blanc rosé. Les dindes pondent 120 œufs par an en France ;
- le Norfolk black, de taille moyenne.
Utilisation
: Le dindon est élevé pour la viande et pour les œufs. C'est le plat traditionnel de Noël en Europe. La dinde peut aussi incuber 60-100 œufs de pintade 2 ou 3 fois.
Elevage : Le dindon se prête bien à l'élevage extensif. Il vagabonde à la recherche de nourriture.
Pintade dinde, cf pintade à poitrine blanche.

" Le Dindon vulgaire (Meleagris gallopavo L.) porte à l'état sauvage une livrée brunâtre plus ou moins métallique, et se distingue à première vue de l'autre espèce par la présence d'une touffe de crins sur le devant de la poitrine. Cette touffe est moins apparente chez la femelle, qui a en outre un plumage plus terne.
On trouve cette espèce dans une grande partie du Canada, des États-Unis et du Mexique. Les Dindons sauvages se nourrissent d'herbes, de graines, de baies, de Vers ou d'autres petits animaux. La femelle pond dix à quinze et jusqu'à vingt œufs d'un jaune crémeux pointillé de roux.
Le dindon domestique (M. galloparvo domestica) revêt une livrée très variable, en raison de laquelle on distingue en France plusieurs variétés : le Dindon noir robuste, de forte taille, à plumage et pattes noirs ; le Dindon blanc, à pattes roses ; le Dindon des Ardennes, roux, avec les ailes blanches à l'extrémité ; le Dindon gris ; le Dindon panaché, etc.
Les Dindons de nos basses-cours descendent sans aucun doute du Dindon vulgaire, dont ils ont la touffe pectorale de crins, et dont quelques-uns ont conservé, quoique avec moins d'éclat, la livrée métallique. Mais on distingue dans cette espèce deux variétés, l'une (M. gallopavo var. americana) des États-Unis, l'autre (M. gallopavo var. mexicana) du Texas et du Mexique. Or, certaines particularités du plumage montrent que les Dindons domestiques dérivent très probablement de la dernière, et cette manière de voir concorde fort bien, d'ailleurs, avec les documents historiques.
Les noms de Dindon et de Coq d'Inde viennent évidemment de ce que le Mexique et les Antilles étaient autrefois appelés les Indes occidentales. 11 y a lieu de penser que cet Oiseau avait été domestiqué par les anciens Mexicains, et que ce sont les Espagnols qui l'ont introduit en Europe. C'est en effet Oviedo qui en parla le premier et le décrivit, en 1525, dans son Histoire des Indes occidentales. D'après I. Geoffroy Saint-Hilaire, il est bien établi que le « Coq d'Inde » a été importé en Angleterre sous Henri VIII, et en France sous Louis XII, et qu'il était déjà « commun es mestairies » vers 1550, comme le dit expressément Belon. C'est donc à tort qu'Anderson déclare que le premier Dindon qui fut mangé dans notre pays parut au festin des noces de Charles IX, en 1570. Remarquons enfin que le nom de Meleagris est le résultat d'une confusion, et provient de ce que divers naturalistes ont appliqué aux Dindons des indications fournies par les auteurs anciens relativement aux Pintades. De même, le nom de Gallo-Pavo tient à ce qu'on avait d'abord regardé le Dindon comme résultant d'un croisement entre le Coq et le Paon.
Le mâle est querelleur et méchant ; il attaque les autres Oiseaux de la basse-cour, y compris même les Dindes et les Dindonneaux ; il se jette aussi sur les Chiens et sur les enfants. S'il est jeune et vigoureux, il suffit à sept ou huit Dindes. Celles-ci sont en général plus douces. Elles pondent au printemps, vers l'âge de dix à douze mois ; elles donnent un œuf chaque jour ou tous les deux jours suivant la température, soit quinze à vingt en tout. Lorsqu'elles ont couvé de bonne heure, elles font une seconde ponte en juillet ou en août. Malheureusement, elles ont presque toujours la manie de cacher leurs œufs au dehors. Ces œufs sont d'un jaune crémeux, pointillés de roux.
Les Dindes sont excellentes couveuses, et on estime surtout à ce point de vue la Dinde d'Italie. Elles couvent du reste les œufs de Poule ou de Cane avec les mêmes soins que les leurs propres. On peut leur donner à couver jusqu'à vingt-deux de ces derniers. L'incubation dure 28 à 30 jours. L'éclosion s'effectue en général plus facilement que celle des œufs de Poules.
La Dinde est bonne mère, et surveille ses petits avec la plus grande sollicitude. Ceux-ci sont délicats et très impressionnables au froid et à l'humidité ; il faut donc les entourer des plus grands soins. A l'âge de deux mois ils « prennent le rouge », c'est ainsi que leurs caroncules et leurs pendeloques s'injectent et acquièrent leur teinte rouge définitive. C'est pour eux une époque de crise souvent funeste (crise du rouge), surtout lorsqu'ils sont faibles à l'avance. Lorsqu'ils l'ont surmontée, ils deviennent très robustes. Vers l'âge de six à sept mois, on les considère comme adultes. On peut alors les engraisser avec avantage, mais en les laissant en liberté. On ne châtre jamais les mâles.
Les œufs de Dinde sont bons à manger, quoique moins délicats que ceux de Poule. La chair de ces animaux est très fine et tenue partout en haute estime : « un beau Dinde », comme on dit par abus dans le langage culinaire, est le morceau de choix des gourmets, surtout lorsqu'il est abondamment garni de truffes. Les Dindons blancs, qu'on élève de préférence en Brie, sont en outre recherchés par les plumassiers, qui passent deux ou trois fois par an dans les fermes pour enlever, sur les côtés des cuisses, quelques poignées de plumes qui sont utilisées pour la parure ; ils paient pour cela jusqu'à cinq francs par tête et par an.
On a pu faire féconder la Dinde par le Coq, mais le produit est demeuré infécond. " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1044-6)

Sections

  • animal méditerranéen
  • zoologie
  • zootechnie

Classification française

  • oiseau
  • galliforme
  • phasianidé

Classification scientifique

  • Galliformes
  • Phasianidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [28/05/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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