déjection (n. f.)

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Anglais

  • droppings
  • dung
  • excreta
  • litter
  • night soil

Etymologie

lat. de dejicere, évacuer

Définition

- 1. défécation : évacuation des matières fécales.
- 2. les matières fécales. Celles des animaux constituent les "effluents d'élevage".

Détails

Exemples :
- déjections humaines, gadoue (night soil),
- fientes (litter).

" DÉJECTION, s. f. se dit, en Médecine, de l’évacuation des excréments par l’anus : on appelle aussi très souvent de ce nom les matières mêmes évacuées.
Il se présente à ce sujet plusieurs choses à considérer : 1°. l’action ou la fonction par laquelle cette évacuation se fait naturellement : 2°. les dérangements de cette fonction : 3°. la nature des matières fécales dans l’état de santé : 4°. les changements qu’elles éprouvent dans les maladies, & les pronostics que l’on peut en tirer.

I. Les excréments évacués par le fondement dans l’état naturel, ne sont autre chose que le marc des aliments, & les parties les plus grossières des sucs digestifs qui ont servi à leur dissolution & à l’élaboration du chyle ; celles-ci sont en petite quantité : les aliments ne peuvent être tirés que du règne végétal ou du règne animal : ils sont donc des corps ou des portions de corps composés de différents canaux, conduits ou vaisseaux, qui contiennent des fluides, des sucs de différente espèce. Par les diverses préparations qui s’en font, soit au-dehors soit au-dedans du corps, avant que d’être convertis en suc alimentaire, il n’en résulte autre chose qu’une division des parties contenantes & une effusion des contenues, qui sont ensuite broyées, dissoutes, mêlées ensemble : tout cela se fait par le concours de différentes puissances mécaniques & physiques. Voyez Digestion.
La matière alimentaire ayant été digérée par l’action de ces puissances dans la bouche, dans l’estomac, & dans les intestins grêles, a été exprimée & a perdu la plus grande partie de la fluidité qu’elle avait acquise par le mélange des sucs dissolvants, par la dissolution qui en a résulté, par la division des solides atténués au point d’être convertis en fluides ; presque tout ce qui a pu pénétrer les pores des veines lactées, a été exprimé des parties restées grossières, en sorte que le résidu, qui n’est qu’un composé de solides rompus, déchirés, qui ont résisté à une division ultérieure, continue à avancer dans le canal intestinal par le mouvement péristaltique des gros boyaux, savoir le cœcum, le colon, & le rectum successivement de l’un à l’autre. Les tuniques de ces organes, plus fortes que celles des intestins grêles, attendu qu’elles sont destinées à agir sur des matières plus résistantes, expriment de plus en plus le marc des aliments qu’elles contiennent, ce qui achève la séparation du peu de chyle qui y restait, qui est absorbé par les veines lactées qui répondent à leur cavité en petit nombre, attendu qu’il y a peu de chyle à recevoir.
De cette manière, la partie fécale des aliments parvient enfin à l’extrémité du canal intestinal, qui est enduit d’une matière muqueuse dans toute la longueur des gros boyaux surtout ; pour en faciliter le transport sur des surfaces glissantes. Les excréments s’arrêtent dans la partie du rectum la plus voisine de l’anus, & s’y placent successivement : ils y sont retenus par le sphincter de l’anus, dont les fibres orbiculaires tendent à rester toujours en contraction, & à fermer par conséquent le bout du canal, qui est entouré d’un tissu cellulaire rempli de graisse, pour en faciliter la dilatation par un plus grand amas de matière, & pour empêcher qu’il ne soit froissé contre les os voisins. Le séjour qu’elles font dans cette espèce de cul-de-sac, exposées à la chaleur & à l’humidité, imprégnées des parties les plus âcres & les plus grossières de la bile, les dispose à se corrompre d’autant plus qu’elles sont arrêtées plus longtemps : il s’y excite un mouvement intestin de putréfaction qui en divise de plus en plus les parties visqueuses. Les particules d’air qui s’y trouvent enchaînées se développent ; étant unies elles recouvrent leur élasticité, elles se raréfient, gonflent les boyaux, sont réprimées, mises en mouvement vers les endroits où elles trouvent moins de résistance, d’où résultent les bruits d’entrailles, qu’on appelle borborygmes, & les vents qui sortent du derrière avec ou sans bruit, selon qu’ils sont plus ou moins forcés de sortir. Voy. Borborygme, Pet.
Ce qui vient d’être dit des excréments dans le rectum, doit aussi s’entendre de toute la longueur des gros boyaux, selon que la matière y est plus ou moins retenue dans les intervalles des valvules, qui forment comme autant de poches, d’où elle sort plus difficilement, à proportion qu’elle est d’une consistance plus épaisse, plus desséchée.
La masse fécale composée de matières très disposées à se pourrir, armées des parties grossières de la bile, surtout de celle de la vésicule du fiel la plus épaisse & la plus âcre, qui y sont mêlées, étant, avec ces qualités, déposée dans le rectum, cause enfin par le volume & par l’acrimonie qu’elle y contracte ultérieurement, une irritation dans les tuniques musculeuses de cette portion du canal intestinal, qui par leur forte contraction dans toute son étendue, en resserrent la partie supérieure, tandis que par une compression redoublée elles forcent les matières contenues, qui ne peuvent pas rétrograder, à se porter vers l’orifice du rectum ou l’anus, dont le sphincter, qui ne peut opposer que l’élasticité de ses fibres, n’offre par conséquent qu’une faible résistance ; ainsi les excréments pressés de toute part sont poussés vers cet orifice : le diaphragme & les muscles abdominaux, d’antagonistes qu’ils sont ordinairement, deviennent congénères pour concourir aussi à l’expulsion des matières fécales, surtout quand elle ne se fait qu’avec peine : l’air étant retenu dans la poitrine par l’élevation continuée des côtes, ses muscles se contractent & diminuent la capacité du bas-ventre, pressent tous les viscères ; & les matières mobiles dans la situation où elles ont été représentées, sont déterminées vers la seule partie qui est dans le relâchement ; le sphincter de l’anus n’étant soutenu que par sa contractibilité, dès qu’elle est surmontée il se dilate, les excréments tombent hors du corps avec facilité, par leur propre poids & par la position perpendiculaire du rectum, dont la surface intérieure est unie, sans valvules. Le boyau s’évacue entièrement par ce mécanisme à différentes reprises : les muscles de l’anus, qui par leur position ont aussi favorisé son ouverture, servent ensuite à le relever & à lui rendre sa précédente situation, d’où il avait été poussé en-dehors par la pointe du cône que forme la colonne des matières fécales ainsi moulées dans le canal intestinal ; c’est là ce qui se passe dans l’état de santé. Lorsque les excréments sont plus ou moins solides, il faut plus ou moins de forces combinées pour leur expulsion, laquelle étant entièrement finie, le sphincter relevé se ferme, reste contracté comme il était auparavant, & sert de nouveau à soutenir les matières qui arrivent presque sans cesse dans le rectum, pour empêcher qu’il ne s’en fasse une évacuation continuelle... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Section

  • physiologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [08/04/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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