forêt (n. f.)

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Anglais

  • forest

Définition

Ensemble étendu de grands arbres.

Détails

Exemples :
- forêt-galerie, galerie forestière (riparian forest) : forêt bordant les deux rives des cours d'eau de la savane. Elle est propice aux mouches tsé-tsé ;
- forêt claire : forêt dans laquelle la canopée laisse passer les rayons du soleil ; le tapis de graminées est lâche et souvent discontinu ;
- forêt dense humide, forêt de pluies :
elle comporte une strate supérieure de grands arbres et une strate inférieure de taillis arbustifs ; les clairières sont petites ;
- forêt de montagne
: elle est souvent dense et formée d'arbres sclérophiles (conifères).

Seules les contrées couvertes de forêts vierges ne subissent pas les effets de l'alternance saisonnière. Là, tout se produit en même temps : la chute des feuilles, l'épanouissement des bourgeons, la floraison et le déclin. Il n'y a ni printemps, ni renouveau, ni jeunesse retrouvée. Une atmosphère automnale enveloppe ces forêts ; tout y rappelle le caractère éphémère des choses terrestres. (von Natzmer Gert et Daussy Henri, traducteur, 1955. Les secrets du monde vivant. Paris, Librairie Plon. 315 p., p. 110).

"FORÊT, s. f. (Botan. & Econom.) On entend en général par ce mot, un bois qui embrasse une fort grande étendue de terrain : cependant cette dénomination n’est pas toujours déterminée par la plus grande étendue. On appelle forêt dans un lieu, un bois moins considérable que celui qui ne porterait ailleurs que le nom de buisson.
Une grande forêt est presque toujours composée de bois de toute espèce & de tout âge. On les nomme taillis depuis la première pousse jusqu’à 25 ans ; & gaulis, depuis 25 jusqu’à 50 ou 60 : alors ils prennent le nom de jeune-futaie ou de demi-futaie, & vers 90 ans celui de haute-futaie. Ce dernier terme est celui par lequel on désigne tous les vieux bois.
Il paraît que de tout temps on a senti l’importance de la conservation des forêts ; elles ont toujours été regardées comme le bien propre de l’état, & administrées en son nom : la religion même avait consacré les bois, sans doute pour défendre, par la vénération, ce qui devait être conservé pour l’utilité publique. Nos chênes ne rendent plus d’oracles, & nous ne leur demandons plus le gui sacré ; il faut remplacer ce culte par l’attention ; & quelque avantage qu’on ait autrefois trouvé dans le respect qu’on avait pour les forêts, on doit attendre encore plus de succès de la vigilance & de l’économie.
L’importance de cet objet a été sentie de tout temps ; cela est prouvé par le grand nombre de lois forestières que nous avons : mais leur nombre prouve aussi leur insuffisance ; & tel sera le sort de tous les règlements économiques. Les lois sont fixes de leur nature, & l’économie doit continuellement se prêter à des circonstances qui changent. Une ordonnance ne peut que prévenir les délits, les abus, les déprédations ; elle établira des peines contre la mauvaise foi, mais elle ne portera point d’instructions pour l’ignorance.
Ce n’est donc pas sans raison que, malgré nos lois, on se plaint que nos forêts sont généralement dégradées ; le bois à brûler est très-cher ; le bois de charpente & celui de construction deviennent rares à l’excès. M. de Réaumur en 1721, & M. de Buffon en 1739, ont consigné, dans les mémoires de l’académie, des réclamations contre ce dépérissement qui était déjà marqué. En fait de bois, & sur-tout de grands bois, lorsqu’on s’aperçoit de la disette, elle est bientôt extrême. Les réparations sont très longues ; il faut 150 ans pour former une poutre : d’ailleurs celui qui porte les charges de ces réparations n’étant pas destiné à en jouir, elles se font toujours avec langueur. Cette partie de l’économie rustique est aussi la moins connue ; les bois s’appauvrissent & se réparent par degrés presque insensibles. On n’y voit point de ces prompts changements de scène, qui excitent la curiosité & animent l’intérêt. On ne pourrait être instruit que par des expériences traditionnelles bien suivies, & on n’en a point, ou par des observations faites dans beaucoup de bois & de terrains différents ; & le temps, le courage ou les moyens manquent au plus grand nombre.
Si les bois doivent être regardés comme le bien de l’état, à cause de leur utilité générale, une forêt n’est souvent aussi qu’un assemblage de bois dont plusieurs particuliers sont propriétaires. De ces deux points de vue naissent des intérêts différents, qu’une bonne administration doit concilier. L’état a besoin de bois de toute espèce, & dans tous les temps ; il doit surtout se ménager de grands bois. Si l’on en use pour les besoins présents, il faut en conserver & en préparer de loin pour les générations suivantes. D’un autre côté, les propriétaires sont pressés de jouir, & quelquefois leur empressement est raisonnable. Des motifs tirés de la nature de leurs bois & de celle du terrain, peuvent les exclure du cercle d’une loi générale ; il faut donc que ceux qui sont chargés de veiller pour l’état à la manutention des forêts, aient beaucoup vu & beaucoup observé ; qu’ils en sachent assez pour ne pas outrer les principes, & qu’ils connaissent la marche de la nature, afin de faire exécuter l’esprit plus que la lettre de l’ordonnance... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • agropastoralisme
  • forêt
  • milieu
  • montagne

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [19/09/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32141 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 15733 photos ou dessins.