aiguillon (n. m.)

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Anglais

  • cattle goad
  • sting

Etymologie

lat. aculeus, aiguillon

Définition

-1. (cattle goad) : Pointe taillée ou fixée (pointe de fer) au bout d'un bâton, utilisée pour piquer les bœufs afin de les inciter à marcher. La loi française le définit comme "tout objet terminé à l'une de ses extrémités d'une fine pointe métallique ou d'une lame acérée susceptible de blesser les animaux et de provoquer des coupures ou des perforations de la peau".
- 2. dard : Organe complexe, assemblage de pièces chitineuses du dernier anneau de l'abdomen qui permet à l'abeille et à d'autres hyménoptères d'injecter leur venin.

Détails

" AIGUILLON, s. m. (Hist. nat.) aculeus, partie du corps de plusieurs insectes. Par exemple, l’abeille a un aiguillon qui est placé à la partie postérieure de son corps ; c’est avec cet aiguillon qu’elle pique. V. Abeille, Insecte. On a donné le nom d’aiguillon, aculeus, aux parties osseuses & pointues qui sont dans les nageoires & sur d’autres parties du corps de la plupart des poissons. On entend aussi quelquefois par le mot aiguillon, aculeus, spina, les pointes, les piquants des hérissons, des porcs-épics, des oursins, &c...

Aiguillon, (Chasse.) se dit de la pointe qui termine les fumées des bêtes fauves. Les fumées ont des aiguillons, c’est une bête fauve qui a passé..."

" Description particulière de son aiguillon [celui du scorpion]. Ce dernier nœud, comme nous venons de le dire, est armé d’un aiguillon qui est creux, long, crochu, fort pointu, avec lequel l’animal pique ; & comme il produit quelquefois par sa piqure des effets mortels, il faut nécessairement que cet insecte verse quelque liqueur dans la plaie que fait son aiguillon ; c’est pourquoi l’on a conjecturé que cet aiguillon devrait être percé d’un petit trou à son extrémité, pour donner issue à la liqueur empoisonnée, dont le réservoir est dans le dernier bouton de la queue...
Mais Leuwenhoek, plus heureux que Rédi, au lieu d’un trou unique que les autres auteurs supposaient, en a vu deux, dont M. de Maupertuis a confirmé l’existence, & en a donné la figure & la description qui ne diffèrent qu’en peu de choses de celle de Leuwenhoek ; cette différence même peut venir de la différente espèce de scorpions que les deux observateurs ont examiné, savoir l’un en Hollande, & l’autre à Montpellier. Voici la description de l’académicien de Paris, qui avant sa mort était directeur de l’académie de Berlin.
Le dernier nœud de la queue du scorpion est une petite fiole d’une espèce de corne, qui se termine par un col noir fort dur, fort pointu, & ce col est l’aiguillon ; il présente au microscope deux petits trous beaucoup plus longs que larges, qui au-lieu d’être placés à l’extrémité de l’aiguillon, le sont des deux côtés à quelque distance de la pointe. Dans plusieurs aiguillons, quelquefois la situation de ces trous varie un peu, quoique ordinairement ils commencent à la même distance de la pointe.
Il n’est pas nécessaire que le microscope grossisse beaucoup les objets, pour apercevoir ces trous ; on les découvre fort bien avec une loupe de deux ou trois lignes de foyer : & lorsque Rédi n’a pu les voir, c’est apparemment qu’il s’est attaché à chercher à l’extrémité de l’aiguillon, un trou qui n’y est point, & que présentant toujours à son microscope l’aiguillon par la pointe, il ne pouvait pas apercevoir ces trous placés comme ils sont ; on peut même s’assurer de leur situation sans microscope ; si l’on presse fortement la fiole qu’on vient de décrire, on voit la liqueur qu’elle contient, s’échapper à droite & à gauche par ces deux trous.  " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

" Elles fournissent des aliments aux faux bourdons pendant tout le temps qu’ils sont nécessaires pour féconder la reine : mais dès qu’elle cesse de s’en approcher, ce qui arrive dans le mois de Juin, dans le mois de Juillet, ou dans le mois d’Août, les abeilles ouvrières les tuent à coup d’aiguillon, & les entraînent hors de la ruche : elles sont quelquefois deux, trois, ou quatre ensemble pour se défaire d’un faux bourdon. En même temps elles détruisent tous les œufs & tous les vers dont il doit sortir des faux bourdons ; la mère abeille en produira dans sa ponte un assez grand nombre pour une autre génération.
Les abeilles ouvrières tournent aussi leur aiguillon contre leurs pareilles ; & toutes les fois qu’elles se battent deux ensemble, il en coûte la vie à l’une, & souvent à toutes les deux, lorsque celle qui a porté le coup mortel ne peut pas retirer son aiguillon ; il y a aussi des combats généraux dont on parlera au mot Essaim.
Les abeilles ouvrières se servent encore de leur aiguillon contre tous les animaux qui entrent dans leur ruche, comme des limaces, des limaçons, des scarabées, &c. Elles les tuent & les entraînent dehors. Si le fardeau est au-dessus de leur force, elles ont un moyen d’empêcher que la mauvaise odeur de l’animal ne les incommode ; elles l’enduisent de propolis, qui est une résine qu’elles emploient pour espalmer la ruche. Voyez Propolis. Les guêpes & les frelons tuent les abeilles, & leur ouvrent le ventre pour tirer le miel qui est dans leurs entrailles ; elles pourraient se défendre contre ces insectes, s’ils ne les attaquaient par surprise : mais il leur est impossible de résister aux moineaux qui en mangent une grande quantité, lorsqu’ils sont dans le voisinage des ruches. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Sections

  • abeille
  • zoologie
  • zootechnie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [27/05/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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