cuivre (n. m.)

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Autre nom

  • Cu

Anglais

  • copper

Etymologie

latin as cyprium, bronze de Chypre

Définition

-1. Métal rouge-brun, élément chimique de symbole Cu de numéro atomique Z = 29 et de masse atomique A = 63,546. Il fond à 1 083,4 °C. Inaltérable, c'est un excellent conducteur de l'électricité et de la chaleur. L'homme l'utilise depuis le début de l'âge du cuivre ou chalcholithique. Le cuivre est travaillé par des dinandiers.
- 2. Oligo-élément important indispensable à la vie. Il a un rôle de catalyseur dans plusieurs métabolismes. Elément constitutif d'oxydases et d'aminoxydases (enzymes d'oxydation), il est nécessaire à la croissance, à l'hématopoïèse (dont la synthèse de l'hémoglobine), à la régulation de la glycémie et à la synthèse des mélanines. Les besoins sont de 5 à 7 ppm.

Détails

La carence en cuivre (chalcopénie ; hypocuprosis) est très fréquente chez les ruminants. Elle entraîne une anémie grave, avec parfois diarrhée, décoloration des poils foncés (surtout autour des yeux) ou de la laine, poil piqué (rugeux et terne), troubles cardiaques, fragilité osseuse et troubles musculaires. Chez les agneaux et chevreaux, elle se traduit par une ataxie enzootique ou ataxie néonatale (sway-back). La carence peut être primaire, par manque d'apport, ou secondaire par manque d'assimilation. Ainsi, une valeur élevée de molybdène ingéré augmente les besoins en cuivre. Le soufre interagit aussi.
Intoxication, cuprisme : cf cuprisme.
- Sulfate de cuivre, Cu SO4, cf sulfates.

" Le cuivre. Ce métal a un goût et même une odeur qui s'attachent aux doigts et lui sont particuliers. Sa couleur s'oppose à ce que l'on puisse le confondre avec aucun autre métal, car je ne parle ici que du cuivre rosette, le cuivre jaune étant un alliage et un produit de l'art, comme le bronze, le potin, le métal de cloche, etc.
Le cuivre est assez sonore, il se lamine facilement à chaud, se forge à une faible chaleur et se travaille à froid sous le marteau. Sa dureté est moyenne ; elle lui permet de recevoir l'empreinte du fer, de se laisser couper par le burin d'acier et de résister cependant assez bien au frottement des corps qui nous entourent habituellement. Le cuivre rouge pèse de 600 à 620 livres le pied cube.
Les liqueurs acides les plus faibles attaquent ce métal, l'eau elle-même lui communique à la longue cette couleur verte redoutable par ses effets, et si connue sous le nom de vert-de-gris. [de "vert de Grèce", nom donné à plusieurs produits d'oxydation du cuivre]
On trouve quelquefois dans les mines des morceaux de cuivre pur, que l'on pourrait travailler comme celui qui sort de nos manufactures, et ce métal naturel se nomme cuivre natif...
Les principales mines de cuivre sont celles d'Angleterre, de la Russie, de la Suède, de l'Autriche et du Japon. La France ne possède que celle de Cnessy près de Lyon, en sorte que tout le cuivre qui se consomme annuellement en France provient des mines que nous venons de citer, et surtout de celles d'Angleterre, de Suède et du Japon.
Les principaux usages du cuivre rouge consistent dans la fabrication des vases domestiques, dans celle des chaudières propres aux usines, dans le doublage des vaisseaux et dans la couverture des édifices. Le cuivre allié à l'étain et au zinc en diverses proportions se prête à des usages bien plus nombreux et bien plus variés. Nous rappellerons les principaux en parlant de ces divers alliages.
On a reproché aux vases de cuivre d'avoir causé de nombreux accidents, en introduisant dans les aliments qu'on y prépare une substance très vénéneuse, qui est le vert-de-gris ; mais on s'est convaincu par beaucoup d'expériences faites avec soin, que le vert-de-gris ne se forme que par le refroidissement des aliments, et seulement au point de contact de l'air avec le corps acide ou graisseux. L'étamage ne s'oppose que très imparfaitement à la formation du vert-de-gris dans le cas énoncé ci-dessus, et au contraire il n'y a aucun danger à préparer des aliments dans des vases de cuivre non étamés, pourvu qu'on ne les y laisse pas refroidir ou séjourner. Le travail habituel des confiseurs qui se fait toujours dans des bassines de cuivre non étamées, et avec des fruits acides, prouve ce que j'avance ici de la manière la plus positive. " (Brard C.P., 1826. Minéralogie populaire ou avis aux cultivateurs et aux artisans... Paris,  Libraire Louis Colas, 32 rue Daupine ed., 1 vol., 102 p., p. 43-46)

Sections

  • alimentation
  • biochimie
  • chimie
  • minéral
  • pathologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [19/09/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32141 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 15733 photos ou dessins.