coton (n. m.)

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Autre nom

  • ouate (n. f.)

Anglais

  • cotton

Etymologie

ar. koton

Définition

Le coton est une fibre textile produite par le cotonnier. Le plus souvent la fibre est transformée en fil par torsion puis en tissu.

Détails

On distingue par exemple :
- le coton cardé est une appellation utilisée dans les hôpitaux pour nommer le coton brut traité à la carde (ou ouate des hôpitaux) et utilisé stérilisé comme tampon pour les pansements compressifs ; naturellement hydrophobe, il empêche alors le sang de traverser (il est général de couleur écru/"sale"). Mais en textile le coton cardé désigne plus souvent le fil obtenu après le passage à la carde par différence avec le coton peigné qui subi un traitement de plus dans une peigneuse qui élimine les fibres les plus courtes et ne conserve que les meilleures ;
- le coton hydrophile, blanchi, servant de tampon,
- le coton iodé, servant de tampon,
- le coton thermogène, capsique, imprégné de capsaïcine,
- la ouate de bois, ouate de pin, laine de bois, servant d'isolant,
- la ouate de tourbe, cf tourbe,

- les ouates minérales, coton d'amiante, cf amiante.
Les fibres de coton ont des propriétés très intéressantes. Elles sont souples, douces, hypoallergiques, saines pour les muqueuses et assez perméables à l'air.

" Coton, s. m. (Hist. nat. bot.) xilon ; Genre de plante à fleur monopétale, en forme de cloche, ouverte & découpée, du fond de laquelle s’élève un tuyau pyramidal, ordinairement chargé d’étamines. Le calice pousse un pistil qui enfile la partie inférieure de la fleur, & le tuyau, & qui devient dans la suite un fruit arrondi, divisé intérieurement en quatre ou cinq loges. Ce fruit s’ouvre par le haut, pour laisser sortir les semences qui sont enveloppées d’une espèce de laine propre à être filée, appelée coton du nom de la plante. Tournefort.
Le P. du Tertre, le P. Labat, M. Frezier, &c. disent que l’arbuste qui porte le coton s’élève à la hauteur de huit à neuf pieds ; qu’il a l’écorce brune, & que sa feuille est divisée en trois : lorsque sa gousse est mûre & qu’elle commence à se sécher, elle s’ouvre d’elle-même ; alors le coton qui y était extrêmement resserré sort, s’étend, & si l’on ne se hâte de le cueillir, le vent en enlève une partie considérable qui se disperse entre les feuilles & les branches de l’arbre, s’y attache & se perd. Il est d’une grande blancheur, & rempli de graines noires de la grosseur du pois, auxquelles il est tellement adhérent, que ce ne serait pas sans beaucoup de travail & de patience qu’on parviendrait à l’éplucher à la main. Aussi a-t-on imaginé de petits moulins à cet usage, dont nous parlerons ailleurs.
L’arbuste qui produit cette utile marchandise est commun en plusieurs endroits du Levant, des Indes orientales, occidentales, & surtout aux îles Antilles ; on le cultive aussi en Sicile & dans la Pouille. Des auteurs contraires à ceux que nous avons cités plus haut, disent qu’il n’est guère plus grand que le pêcher, & qu’il s’étend en buisson ; que la couleur de sa fleur varie selon la qualité du terroir, tantôt violette, tantôt d’un jaune doré ; que son fruit, sa coque ou gousse se noircit en mûrissant ; qu’il y a une sorte de coton qui rampe comme la vigne qu’on ne soutiendrait pas sur des échalas ; qu’il y a dans la terre ferme du Brésil un cotonnier de la hauteur des plus grands chênes, & dans l’île de Ste Catherine un autre, dont la feuille est large & divisée en cinq segments pointus, & le fruit de la grosseur d’un petit œuf de poule ; qu’on tire de la fleur & de la feuille du cotonnier cuites ensemble sous la braise, une huile rousse & visqueuse propre à la guérison des ulcères ; que l’huile de la graine est un bon cosmétique, &c. Quoi qu’il en soit de ces propriétés, il est sûr que le coton mis sur les plaies en forme de tente, y occasionne l’inflammation. Leuvenoeck qui a recherché la cause de cet effet au microscope, a trouvé que les fibres du coton avaient deux côtés plats d’où il a conclu qu’elles avaient comme deux tranchants ; que ces tranchants plus fins que les molécules dont les fibres charnues sont composées, plus fermes, & plus raides, divisaient ces molécules, & occasionnaient par cette division l’inflammation.
Passons maintenant à d’autres considérations sur le coton, relatives à sa récolte, à son filage, & aux opérations qui précèdent son emploi. Cet emploi est très étendu ; mais le seul qui puisse singulièrement piquer notre curiosité, c’est celui qui se fait en mousselines & autres toiles qui nous viennent des Indes & qui nous étonnent par leur finesse. Nous en donnerons le détail le plus exact & le plus circonstancié d’après des mémoires de M. Jore habitant de Rouen, qui a employé son temps & une partie de son bien à perfectionner le filage du coton, & qui était parvenu à en faire des ouvrages aussi beaux que ceux qui nous viennent de l’Inde...
Les îles françaises de l’Amérique fournissent les meilleurs cotons qui soient employés dans les fabriques de Rouen & de Troyes. Les étrangers, nos voisins, tirent même les leurs de la Guadeloupe, de Saint-Domingue, & des contrées adjacentes. Ils ont différentes qualités...
L’arbrisseau qui donne les cotons, dont nous venons de parler, à l’Amérique, est vivace. Sept ou huit mois après avoir été planté de graine, il donne une récolte faible. Il continue de rapporter de six en six mois pendant dix années. Celui des Indes & de Malte est annuel. Il y a aussi quelque différence pour la qualité. Celui de l’Amérique paraît plus soyeux.
Du moulinage du coton. Immédiatement après la récolte, on porte le coton au moulin. Le mécanisme du moulin est fort simple : ce sont deux petits rouleaux cannelés, soutenus horizontalement ; ils pincent le coton qui passe entre leurs surfaces, & le dégagent de sa graine dont le volume est plus considérable que la distance des rouleaux qui tournent en sens contraires, au moyen de deux roues mises en mouvement par des cordes attachées à un même marche-pied qu’un homme presse du pied, comme fait un tourneur ou une fileuse au rouet, tandis qu’avec ses mains il présente le coton aux rouleaux qui le saisissent, l’entraînent, & le rendent dans un panier ou dans un sac ouvert, & attaché sous le châssis ; ce qui vaut beaucoup mieux, parce que la poussière ne s’y mêle point, & que le vent ne peut en emporter, même lorsque ce travail se fait à l’air, sous un simple hangar, comme c’est assez la coutume...
De l’emballage du coton. Lorsque le coton est séparé de la graine, on le met dans de grands sacs de toile forte, longs d’environ trois aunes ; on les emplit à force & à grands coups de pince de fer. ... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • pathologie
  • pharmacie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2021, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [07/12/2021]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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