corail (n. m.)

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Anglais

  • coral

Définition

- 1. Cnidaire anthozoaire octocoralliaire (Cnidaria Anthozoa Octocorallia...). Animal coelentéré des mers chaudes. Ses colonies de polypes édifient des structures de grande taille, les récifs calcaires et même les atolls. La reproduction a lieu une fois par an : les ovules et les spermatozoïdes sont libérés en mer au même moment par pleine lune. Les récifs de coraux et atolls sont très riches en faune aquatique.
Le corail est associé en symbiose à des algues unicellulaires, les zooxanthelles, d'où son besoin en lumière solaire. Les algues sont abritées et utilisent le CO2. Le corail profite de l'oxygène et des sucres que ces algues produisent. Carnivore, il mange aussi du zooplancton.
- 2. Partie de la carapace de certains crustacés incorporée à des sauces.

Détails

On distingue 2 500 espèces de coraux. Exemples (1.) :
- Antipathes subpinnata, corail noir (Antipathidae), présent en Méditerranée,
- Coralium rubrum, le corail rouge, un octocoralliaire, présent en Méditerranée, cf corail rouge,
- Leptosammia pruvoti, corail solitaire jaune, présent en fonds rocheux en Méditerranée,
- Myriapora truncata, faux corail, présent en fonds rocheux en Méditerranée,
- Platygyra lamellina, le corail-cerveau,
- Sarcophyton sp., le corail cuir.
- coraux bleus, cf hélioporacés,
- coraux de feu, cf millépores,
- coraux dentelle, cf stylastérines,
- coraux durs, cf madrépores,
- coraux noirs, cf antipathaires.

" CORAIL, s. m. corallum, (Hist. nat. Insectolog.) C’est la plus belle & la plus précieuse de toutes les substances que l’on appelle improprement plantes marines. On ne peut traiter d’aucune de ces productions, sans se rappeler le nom & la découverte de M. Peyssonel correspondant de l’Académie royale des Sciences, qui a trouvé le premier que ces prétendues plantes appartiennent au règne animal, parce qu’elles sont produites par des "insectes" de mer. M. Peyssonel étant en 1725 sur les côtes de Barbarie par ordre du Roi, découvrit que les prétendues fleurs du corail observées par M. le comte de Marsigli, étaient de véritables insectes, qu’il appelle orties corallines. Notre observateur a étendu la même découverte à plusieurs autres espèces du même genre, telles que les madrépores, les lithophytes, les éponges, &c. Il a continué ses recherches jusqu’à présent, & il y travaille encore actuellement à la Guadeloupe, ou il réside en qualité de médecin botaniste du Roi. Il nous a envoyé au mois d’août 1753, à M. de Buffon & à moi, la copie d’un ouvrage qu’il a fait sur cette matière, & qui comprend l’histoire des prétendues plantes marines, & ses propres observations à ce sujet. Je m’empresserais d’en rendre compte ici au public, si j’avais l’aveu de M. Peyssonel, pour disposer ainsi du dépôt qu’il nous a confié.
Je ne puis mieux remplir cet article que par les observations que M. Donati a faites sur le corail, & qu’il a données au public dans son livre qui a pour titre della storia naturale marina dell’adriatico saggio, &c. in Venetia 1750, in-4°. Les descriptions y sont faites de façon, qu’il convient mieux d’en donner une traduction exacte, que de les rapporter par extrait.
Le corail, selon quelques-uns, tire son nom des mots grecs κόρειν, orner, & ἁλός, mer, comme s’il n’y avait aucune autre production marine dont la beauté pût être comparée au corail : aussi n’en est-il point sur laquelle les anciens ni les modernes aient tant écrit...
Le corail est une végétation marine qui ressemble beaucoup à une branche d’arbrisseau dépouillée de ses feuilles ; il n’a point de racines, mais il a pour base un pied, dont la forme, sans être constante, approche le plus souvent de la ronde. Ce pied s’applique à tous les points de la surface des corps sur lesquels il se trouve, ainsi que ferait de la cire fortement comprimée ; & il s’y attache tellement, qu’il est impossible de l’en séparer. Il sert de base & d’appui au corail, mais il ne contribue en aucune façon à sa nourriture, puisqu’on en a trouvé des branches qui ayant été séparées depuis longtemps de leur pied, avaient continué de vivre, de croître & de se reproduire au fond de la mer. De ce pied s’élève une tige pour l’ordinaire unique, & dont la grosseur extrême, à ce que m’ont assuré d’anciens corailliers, c’est-à-dire pêcheurs de corail, ne passe guère un pouce de Paris. Cette tige ne pousse ordinairement qu’un petit nombre de branches qui se ramifient elles-mêmes. Tous ses rameaux sont presque toujours séparés ; cependant on en observe quelquefois deux & même plus qui naissent & s’élèvent parallèlement, qui sont comme jetés ensemble, & tellement unis, qu’il est impossible d’apercevoir comment ils le sont. Il est plus commun d’en voir qui en se rencontrant s’unissent de la même manière ; & j’ai observé plus d’une fois une seule branche qui s’élevait de deux autres branches ainsi unies...
Le pied, la tige & les branches sont d’une substance uniforme ; & cette substance consiste en une écorce & une matière propre, qui sont les mêmes dans toutes ces parties. Cette matière propre est la substance intérieure du corail, qui approche beaucoup de la dureté du marbre, lors même qu’elle est au fond de la mer...
Quelque dure que soit cette substance, lorsque par le temps ou par accident elle a perdu son écorce, elle est sujette à être rongée par un petit insecte qui s’y insinue par de très-petites ouvertures, & qui détruit son organisation intérieure. Cette organisation consiste en de petites cellules à peu-près rondes qui communiquent entre elles, & qui sont séparées par des parois très-déliées. Le corail ainsi rongé, est faible, fragile, & ne peut être employé à rien...
La matière propre du corail est cannelée, selon sa longueur ; ses cannelures, qui prennent du pied, suivent constamment le parallélisme entre elles & avec les branches qu’elles parcourent ; ...
Le fond de chaque cellule regarde le pied de la tige, & l’orifice est tourné du côté opposé ; telle est l’habitation du polype, que l’on peut voir à l’œil nu, mais dont on ne peut distinguer la figure précise qu’à l’aide du microscope...
De chaque cellule sort & se déploie au-dehors un "insecte" blanc, mou, un peu transparent, sous la forme d’une étoile à huit rayons égaux, à-peu-près coniques, & garnis de part & d’autre d’appendices aussi coniques, qui ont tous une même direction avec le rayon d’où ils naissent. Ces rayons sont un peu aplatis, & de leur centre commun s’élève une coquille qui s’élargit vers sa base, qui a une ouverture assez grande à son sommet, & qui est sillonnée dans sa longueur de huit cannelures profondes, dont les intervalles forment huit lignes saillantes : c’est dans ces intervalles que chaque rayon a son insertion. La coquille a pour appui une espèce de pédicule, que j’appellerais plutôt le ventre de l’animal, lequel reste toujours dans la cellule, tant que le polype est en vie & qu’il ne souffre pas, quoiqu’il n’y tienne en aucune façon, ainsi qu’on peut l’observer lorsque l’"insecte" est dans certaines positions...
Quoique le diamètre de ces œufs ne soit peut-être que de la 40e partie d’une ligne, j’ai cru cependant y découvrir quelques traces de ces petits globules qui entrent dans la composition de l’écorce & de la substance totale du corail ; ces œufs se détachent de l’animal, & par la mollesse de leur consistance se prennent aux corps sur lesquels ils tombent, ensuite ils se dilatent vers leur base, ils se gonflent un peu, & alors on distingue nettement leur cavité, dont le bord supérieur se sillonne de huit cannelures, mais ne s’ouvre pas encore. L’embryon du polype informe y séjourne un certain temps, puis s’étant développé & étant, pour ainsi dire, devenu adulte, il sort par l’ouverture qui se fait à la surface supérieure de sa cellule & s’épanouit au dehors, & de-là l’accroissement du corail. Tant que cette première cellule où cet œuf du polype est encore fermé, tout y est dans l’état de mollesse ; mais lorsqu’il s’est ouvert, on commence à y remarquer quelques petites lames dures ; enfin lorsqu’il a acquis une ligne & demie de diamètre, il grossit au sommet & à la base, & se resserre vers le milieu de sa hauteur ; c’est alors qu’il prend la vraie consistance du corail. A mesure qu’il croît, les polypes se multiplient & il se forme de nouvelles ramifications. Voyez hydrocoraliaires [ou Polypiers]. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • alimentation
  • animal méditerranéen
  • cuisine
  • zoologie

Classification française

  • coelentéré
  • cnidaire
  • anthozoaire

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [10/04/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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