abeille (n. f.)

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Scientifique

  • Apis mellifica

Autres noms

  • abeille commune
  • abeille domestique
  • abeille mellifique

Anglais

  • bee
  • honey bee
  • honeybee
  • Western honeybee

Etymologie

du latin apicula, diminutif de apis, abeille.

Définition

Insecte hyménoptère apoïde (abeille) social qui est élevé (apiculture) pour le miel et la cire.
- abeille d'eau, cf notonecte,
- abeille tapissière, cf mégachile.

Détails

Taxonomie : Insecte ptérygote hyménoptère apocrite aculéate de la super-fam. des apoïdes, fam. des apidés (Apidae), et sous-fam. des apinés.
Description : L'abeille a un corps trapu, généralement velu. Les colonies sont constituées de castes (insecte hétérogyne) : - la reine (queen bee), qui est la mère de toutes les autres ;
- les ouvrières (worker bee), femelles stériles issues d'œufs fécondés, plus petites, nombreuses (40 000 à 80 000) ; seules, les ouvrières ont un aiguillon ;
- les faux-bourdons (drone), mâles issus d'œufs non fécondés, peu nombreux (quelques centaines). Il y a donc polymorphisme sexuel.
Domestication : Originaire d'Afrique, elle a été domestiquée depuis l'antiquité.
Espèces voisines et habitat : On distingue 4 espèces d'abeilles mellifiques proprement dites, formant la tribu des Apini, les 3 dernières originaires du sud-est de l'Asie tropicale :
Apis mellifica, l'abeille domestique (honeybee) (Europe, Afrique),
Apis cerana, l'abeille des Indes, abeille asiatique (indian honey bee, eastern honeybee) (Indes),
Apis dorsata , l'abeille géante (Asie du Sud-Est),
Apis florea, l'abeille naine (dwarf honeybee) (Asie du Sud-Est).
On distingue plusieurs sous-espèces :
-
Apis mellifica ligustica, l'abeille italienne ou abeille jaune, aux poils roux, les trois premiers segments de l'abdomen jaunes ;
- Apis mellifica caucasica, l'abeille caucasienne ;
- Apis mellifica carnica, l'abeille carniolienne (Yougoslavie), au thorax roussâtre et à l'abdomen gris-cendré;
- Apis mellifica melifica, l'abeille noire, à abdomen noir.
Les abeilles africaines sont petites. Leur langue et leurs ailes sont assez courtes :
- Apis mellifica adansonii (abeille jaune d'Afrique) jaune, a des poils très courts. Les 3 premiers annaux de l'abdomen ont des bandes jaune orangé ; les autres sont noirs. Elle ressemble à l'abeille italienne, en plus petit ;
- Apis mellifica nubica est la plus petite connue ;
- Apis mellifica monticola a un tempérament docile ;
- Apis mellifica litorea est petite, avec des bandes jaunes sur l'abdomen. ;
- Apis mellifica unicolor
(abeille noire d'Afrique) est relativement petite et très brune.
Les abeilles africaines sont travailleuses mais peu appréciées pour l'élevage car elles ont une forte tendance à essaimer et sont assez agressives.
Mœurs : Insecte social, il forme des colonies de 10 000 à 100 000 individus dans des ruches. Les mâles naissent d'œufs non fécondés pondus dans des alvéoles plus grosses que les œufs qui donnent des ouvrières. La reine est issue d'un œuf fécondé pondu dans une grande alvéole ; sa larve est nourrie de gelée royale. La tâche des ouvrières varie avec leur âge : nettoyer les alvéoles vides, distribuer le miel et le pollen aux larves âgées, secréter la gelée royale et la distribuer aux larves jeunes, magasinière, produire de la cire (abeille cirière), construire des alvéoles, garder la ruche, puis sortir et butiner (to collect nectar). Les ouvrières peuvent se communiquer la direction et la distance d'une source de nectar par divers moyens dont une danse effectuée dans la ruche. La vitesse de la danse est proportionnelle à la distance. L'axe de la danse est lié à l'angle de la direction à suivre avec celle du soleil. L'abeille s'oriente en fonction du soleil et du plan de polarisation de la lumière. Elle voit les rayons ultraviolets, et repère le soleil, même par temps nuageux, même si le soleil est caché derrière une montagne. Avec ses ailes, l'abeille bourdonne. La reine vit 3 à 5 ans, les ouvrières 5 à 6 semaines.
Utilisations : L'abeille fournit le miel surtout, et aussi la cire, le propolis et la gelée royale (cf ces mots). Ellesassurent la pollinisation des fleurs.
Divers : La piqûre de l'abeille inocule un venin hémolysant et neurotoxique. Si elle est chassée brusquement, son aiguillon reste dans la piqûre. Certaines de ses maladies sont inscrites sur la liste des maladies légalement contagieuses.

" L'Abeille commune (Apis mellifica L.), que tout le monde connaît, constitue pour nous un Insecte des plus précieux, puisque, en raison de l'état de semi-domesticité dans lequel elle s'entretient, nous pouvons exploiter la cire dont elle fait son nid et le miel qu'elle amasse pour sa progéniture. Aussi devons-nous consacrer quelques pages à l'étude de ses mœurs et de son éducation.
A l'état sauvage, les Abeilles s'établissent dans les creux des arbres ou des rochers ; quand elles sont domestiquées, on les loge dans des ruches dont la disposition est variable. Une bonne colonie peut comprendre 30 000 à 50 000 individus ; la plupart sont des ouvrières ; il n'existe guère que 2 000 à 3 000 mâles dits Faux-Bourdons et une seule femelle sexuée, connue sous le nom de reine ou de mère.
Les mâles sont plus gros que les ouvrières, moins longs que la reine. Ils se reconnaissent tout d'abord à leur grosse tête circulaire, portant des yeux contigus supérieurement. Leur languette est courte ; ils n'ont ni aiguillon, ni corbeilles, ni brosses. Leur seul rôle est de féconder la femelle.
La reine, un peu plus grosse et beaucoup plus longue que les ouvrières, est de teinte plus fauve ; elle n'a pas de corbeilles et ses brosses sont peu marquées ; ses ailes sont plus courtes que l'abdomen ; sa languette est fine et peu allongée ; enfin, elle possède un aiguillon très fort et courbé, dont elle ne se sert que contre ses rivales. Elle est uniquement chargée de la ponte.
Quant aux ouvrières, qui sont d'un brun noirâtre, avec des poils cendré roussâtre clairsemés, elles ont l'appareil collecteur des pattes complet et des ailes antérieures dépassant l'abdomen. L'aiguillon est droit et moins fort que chez la reine. Ces ouvrières se partagent les travaux de la ruche : les unes remplissent les fonctions de récolteuses; les autres, celles d'architectes et de nourrices... " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 867)

" ABEILLE, s. f. insecte de l’espèce des mouches [sic]. Il y en a de trois sortes : la première & la plus nombreuse des trois est l’abeille commune : la seconde est moins abondante ; ce sont les faux bourdons ou mâles : enfin la troisième est la plus rare, ce sont les femelles. Les abeilles femelles que l’on appelle reines ou mères abeilles, étaient connues des Anciens... Voir reine.
On appelle les abeilles mâles faux bourdons pour les distinguer de certaines mouches que l’on connaît sous le nom de bourdons. Voyez faux bourdon...
On désigne aussi les abeilles communes par le nom d’ouvrières, parce qu’elles font tout l’ouvrage qui est nécessaire pour l’entretien de la ruche,... Voir ouvrière...
Après avoir suivi les abeilles dans leurs différents âges, il faut rapporter les faits les plus remarquables dans l’espèce de société qu’elles composent. Une ruche ne peut subsister, s’il n’y a une abeille mère ; & s’il s’en trouve plusieurs, les abeilles ouvrières tuent les surnuméraires. Jusqu’à ce que cette exécution soit faite, elles ne travaillent point, tout est en désordre dans la ruche.
On trouve communément des ruches qui ont jusqu’à seize ou dix-huit mille habitants ; ces insectes travaillent assidûment tant que la température de l’air le leur permet. Elles sortent de la ruche dès que l’aurore paraît ; au printemps, dans les mois d’Avril & de Mai, il n’y a aucune interruption dans leurs courses depuis quatre heures du matin jusqu’à huit heures du soir ; on en voit à tout instant sortir de la ruche & y rentrer chargées de butin. On a compté qu’il en sortait jusqu’à cent par minute, & qu’une seule abeille pouvait faire cinq, & même jusqu’à sept voyages en un jour. Dans les mois de Juillet & d’Août, elles rentrent ordinairement dans la ruche pour y passer le milieu du jour ; on ne croit pas qu’elles craignent pour elles-mêmes la grande chaleur, c’est plutôt parce que l’ardeur du Soleil ayant desséché les étamines des fleurs, il leur est plus difficile de les pelotonner ensemble pour les transporter ; aussi celles qui rencontrent des plantes aquatiques qui sont humides, travaillent à toute heure...  " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Sections

  • abeille
  • zoologie
  • zootechnie

Classification française

  • insecte
  • ptérygote
  • hyménoptère
  • apidé

Classification scientifique

  • Apidae
  • Apinae
  • Apini

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [09/08/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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