cobaye (n. m.)

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Scientifique

  • Cavia porcellus (Linné 1758)

Autres noms

  • cobaye domestique
  • cochon d'Inde
  • cochon de Guinée

Anglais

  • domestic guinea-pig

Etymologie

amérindien ;
Il crie comme un petit cochon, d'où le nom de cochon d'inde.

Définition

Espèce de la fam. des cavidés (Caviidae).

Détails

Taxonomie : Mammifère euthérien Rodentia Hystricognathi fam. des cavidés (Caviidae).
Description : Il a une faible taille, plus petit que le lapin, un poids de 700-800 g. Le corps est court, L. 22-36 cm. La tête est grosse, les oreilles et les pattes courtes, la queue atrophiée, le pelage rude. La distance qui sépare l'anus des organes génitaux est plus grande chez le mâle que chez la femelle.
Domestication : La forme sauvage (Cavia aperea) vit encore dans le nord de l'Amérique du Sud, au Pérou, au Brésil et en Colombie. Il a été domestiqué vers - 6000 au Pérou (- 3000 à 9000 ?). Il a été introduit en Afrique tropicale par les Portugais.
Habitat : Originaire des Andes, sa répartition est mondiale. Il peut être élevé : caviaculture pratiquée au Pérou, en Afrique (Burundi, Bénin, Gabon), autrefois en Italie. Il craint le grand froid.
Mœurs : Herbivore ou granivore. Il est diurne. Il boit peu, mais urine souvent et beaucoup. Il faut un mâle pour 6-8 femelles. C'est un animal très prolifique. Il est fécond : 4 portées ou plus par an de 2 à 4 jeunes. Gestation : 66-70 j. Longévité : 5-7 ans. Il crie comme un petit cochon, d'où le nom de cochon d'inde.
Races : On distingue trois races : - cobaye commun, à poils ras et lisses, - cobaye à rosettes à poils durs disposés en rosettes (comme une fleur de marguerite), - angora, à poils longs, fins et brillants (mèches de poils de 12-15 cm).
Utilisations : Il est élevé pour sa chair qui est assez agréable au goût. Au Pérou, c'est un produit alimentaire de base. En Afrique, il est élevé pour la viande. Souvent, c'est plus un animal décoratif (animal de compagnie) qu'un animal destiné à la consommation. En France, il était élevé dans les poulaillers car réputé répulsif pour les rats. Depuis le XIXe siècle, c'est aussi un animal de laboratoire, élevé partout dans le monde à cet effet. L'expression "servir de cobaye" est devenue courante. Il a effectivement des réactions presque semblables à celles de l'homme lorsqu'il est en contact de microbes ou de médicaments.

" Le Cobaye domestique (C. porcellus [L. . — Syn. : Mus porcellus L., 1738 ; C. cobaya Gmelin, 1789) ou Cochon d'Inde, Guinea-pig des Anglais, Hausmeer-schweinchen des Allemands, a d'ordinaire un pelage assez dur, uniforme, dont la coloration présente des plaques irrégulières jaunes, noires et blanches. Cependant on connaît une race angora, une autre à poils rayonnant en rosaces ; une troisième à pelage laineux ; une quatrième à pelage soyeux ; d'autre part, il existe diverses variétés de coloration : albine, mélanienne, brun jaune uniforme. A. Milne-Edwards a produit cinq des formes précédentes aux dépens d'un seul couple de Cobayes ayant survécu au siège de Paris en 1870. — La voix comporte, outre le cri aigu bien connu (coui-coui), une sorte de grognement : c'est sans doute ce qui a valu à cet animal le nom de Cochon d'Inde.
Origine et domestication. — La plupart des auteurs indiquent le Brésil comme la patrie d'origine et le Caria aperea comme la souche sauvage du Cochon d'Inde. Voici cependant ce que disait Is. Geoffroy Saint-Hilaire au sujet de son origine : « L'introduction du Cobaye domestique ou Cochon d'Inde en Europe a eu lieu à la même époque que celle du Dindon et du Canard musqué, américains comme lui. Mais ici la date de l'introduction ne se confond pas avec celle de la domestication, et peut-être l'une est-elle très éloignée de l'autre. Garcilasso de la Vega nous apprend que le Cochon d'Inde, qu'il appelle Coy, existait déjà chez les Péruviens, avant la conquête, à l'état « domestique » aussi bien qu'à l'état « champêtre »; et n'eussions-nous pas ce témoignage, ce que nous savons de l'état du Cochon d'Inde au XVIe siècle atteste que sa domestication date d'une époque bien antérieure. On le voyait dès lors tel qu'il est aujourd'hui, c'est-à-dire à pelage bigarré de blanc, de noir ou de roux, et variable d'un individu à l'autre ; preuves non équivoques d'une domesticité déjà ancienne, dont la date reste d'ailleurs entièrement indéterminée et le restera sans doute toujours. Quant à la souche primitive, les zoologistes ont cru la trouver dans l'Apéréa ; mais cette espèce, qui est surtout brésilienne, a des congénères péruviens parmi lesquels on doit bien plutôt chercher le Cochon d'Inde sauvage. Malheureusement ces espèces ne sont pas encore bien connues, et la solution de ce petit problème de zoologie historique doit être ajournée (Isidore Geoffroy Saint-Hillaire, Acclimatation et domestication des animaux utiles, 4e éd. Paris, 1861, p. 173).»
Les recherches de Nehring ont entièrement confirmé les vues de Geoffroy Saint-Hilaire (A. Nehring, Ueber die Herkunft des Meerschweinckens Cavia cobaya Marcgr.). Sitzungsberichte der Gesellschaft naturforschender Freunde zu Berlin. Jahrg. 1889, p. 1.). Dans des tombeaux de la nécropole d'Ancon, près Lima, tombeaux qui datent d'une époque antérieure à la conquête espagnole, Reiss et Stiibel ont recueilli des momies de Cobayes qui tiennent le milieu entre notre Cochon d'Inde d'Europe, plus profondément domestiqué, et les espèces sauvages du genre : les unes sont concolores (brunes ou blanches), les autres bicolores (brun rougeâtre et blanc jaune, d'autres encore finement tachetées. D'ailleurs, avant l'arrivée des Espagnols, les habitants du royaume inca étaient arrivés à un degré de civilisation relativement élevé ; ils avaient des habitudes sédentaires et un goût marqué pour l'élevage des animaux : c'est donc à eux qu'il y a lieu d'attribuer la domestication du Cochon d'Inde. En présence de toutes ces données, qu'il a réunies et étudiées avec soin, Nehring arrive en effet à cette conviction que « le Pérou est la vraie patrie d'origine du Cochon d'Inde, et que l'espèce du genre Cavia répandue dans ce pays (Cavia Cutleri King, d'après Tschudi), laquelle suivant Waterhouse est proche parente du Cavia aperea, doit être vraisemblablement regardée comme sa souche sauvage. »
Caractères physiologiques. — Dès l'âge de deux mois et même plus tôt, le mâle est en état de s'accoupler, mais il n'est apte à la fécondation qu'à l'âge de deux mois et demi ou trois mois. La femelle peut être fécondée dans certains cas à deux mois et même plus tôt, mais en général elle ne se montre réellement nubile qu'à trois mois également. Un mâle adulte suffit à une vingtaine de femelles. La durée du rut dépasse rarement vingt-quatre heures. D'après Legallois, l'orifice du vagin serait fermé si solidement qu'il faudrait au mâle « souvent quinze jours et quelquefois plus » pour en opérer le décollement. L'adhésion, ajoute cet auteur, se rétablit après la copulation, de même qu'après l'accouchement, de sorte que le mâle du Cochon d'Inde (comme celui de la Souris) jouit de l'heureux privilège de trouver toujours à sa femelle les apparences de la virginité. Mais Lataste a reconnu que ces indications sont fort exagérées : les parois du vagin sont, à la vérité, réunies d'une façon très intime, mais le décollement se produit d'une façon spontanée aux époques de rut, de sorte que les efforts du mâle, dans les conditions normales, aboutissent en quelques minutes. A la suite du coït, on peut constater l'existence d'un bouchon vaginal. — La durée de la gestation est de 63 jours, d'après Nehring. Comme chez la plupart des Rongeurs, sinon chez tous, une époque de parturition est aussi une époque de rut ; aussitôt après avoir mis bas, la femelle est apte à recevoir le mâle. Le nombre des petits de chaque portée est en général de quatre à huit ; parfois il s'élève à dix ou douze: pourtant il n'existe que deux mamelles. Mais ces petits naissent à un état de développement très avancé : ils peuvent même manger immédiatement. Laissés avec leur mère, on les voit en général téter de temps à autre pendant une quinzaine de jours.
Services. — On élevait autrefois les Cobayes pour les manger ; cependant leur chair n'a jamais été bien estimée. Aujourd'hui on les entretient surtout pour les faire servir aux expériences de physiologie et de pathologie.
CROISEMENTS. — On a souvent affirmé, en vue d'appuyer la doctrine de l'évolution, que le Cobaye domestique ne s'accouplait pas avec l'Apéréa, regardé comme sa souche sauvage. Bien qu'une telle assertion eût perdu toute sa valeur en présence des documents historiques recueillis par Nehring, cet auteur n'en a pas moins tenu à la soumettre à un contrôle expérimental. Or, il est résulté de ses essais que les croisements entre les deux formes sont féconds, quel que soit le sens dans lequel ils sont effectués, et que les produits ainsi obtenus sont eux-mêmes féconds entre eux. Si ces résultats ne règlent pas définitivement la question de l'identité spécifique des deux formes, du moins montrent-ils avec quelles réserves il faut accueillir certaines assertions enregistrées par les meilleurs auteurs. " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1186-8)

Sections

  • zoologie
  • zootechnie

Classification française

  • hystricomorphe
  • chinchillidé

Classification scientifique

  • Rodentia
  • Hystricognathi
  • Caviidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [08/04/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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