climat (n. m.)

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Scientifique

  • caelum (lat.)

Anglais

  • climate

Etymologie

gr. klima, inclinaison - du soleil

Définition

Ensemble des éléments météorologiques qui caractérisent l'état de l'atmosphère moyen en un lieu donné ou dans une zone.

Détails

Exemples d'éléments : température, humidité de l'air, pluviométrie, vents, insolation.

" CLIMAT, s. m. (Géog.) Portion ou zone de la surface de la terre, terminée par deux cercles parallèles à l’équateur, & d’une largeur telle que le plus long jour dans le parallèle le plus proche du pôle, surpasse d’une certaine quantité, par exemple d’une demi-heure, le plus long jour dans le parallèle le plus proche de l’équateur.
Les climats se prennent donc depuis l’équateur jusqu’aux pôles, & sont comme autant de bandes ou de zones parallèles à l’équateur : mais il y a à la rigueur plusieurs climats dans la largeur de chaque zone. Un climat n’est différent de celui qui est le plus proche de lui, qu’en ce que le plus grand jour d’été est plus long ou plus court d’une demi-heure dans l’un que dans l’autre. Chambers...
Le climat agit plus sensiblement sur les corps qu’il affecte par une impression soudaine, c’est-à-dire que les hommes nouvellement transplantés sont plus exposés aux incommodités qui dépendent du climat, que les naturels de chaque pays, & cela d’autant plus que leur climat naturel diffère davantage de la température du nouveau pays qu’ils habitent.
C’est une observation constante & connue généralement, que les habitants des pays chauds peuvent passer avec moins d’inconvénients dans des régions froides, que les habitants de celles-ci ne peuvent s’habituer dans les climats chauds. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

" TROUPEAUX des bêtes à laine : ... Il en est de la manière d’élever ces animaux en différents climats, comme de la culture des plantes pour lesquelles chaque climat a ses pratiques différentes ; en sorte que ce qu’on pratique pour les troupeaux dans un pays ne doit pas être suivi dans les autres. Ceux des pays méridionaux, par exemple, ne doivent pas être traités comme ceux des septentrionaux. En ceux-ci les troupeaux restent pendant tout l’hiver sans sortir des bergeries. Dans les autres il est assez rare qu’ils restent enfermés pendant quelques jours de suite. Il pleut, il neige, &c. souvent ou pendant longtemps dans les septentrionaux ; il est rare qu’il pleuve longtemps de suite dans les méridionaux ; il est plus rare encore qu’il y neige, & que la neige couvre longtemps de suite la surface de la terre. D’un autre côté les pays méridionaux sont ordinairement exposés à la sècheresse vers le printemps & l’été, tandis que les septentrionaux jouissent alors d’un temps favorable aux productions de la terre. D’où s’ensuit en général que les troupeaux des pays froids ont besoin pour l’hiver d’une abondante provision de nourriture dans les bergeries, & que ceux des pays chauds en demandent beaucoup moins, puisque ceux-ci ont l’avantage de manger alors une nourriture plus succulente & de leur goût, la prenant eux-mêmes sur les plantes ; au-lieu que ceux des pays froids vivant enfermés, ne peuvent se nourrir que des plantes qui ont perdu une partie de leurs sucs par le dessèchement qu’exige le moyen de les conserver. Au contraire les troupeaux des pays méridionaux trouvant vers la fin du printemps, & plus encore vers l’été les arbustes durcis & les herbes desséchées par les ardeurs du soleil, & par conséquent sans cette fraîcheur salutaire à leur embonpoint, dépérissent, tandis que ceux des septentrionaux jouissent alors de la fraîcheur des plantes, de leur abondance, & sont à l’abri des ardeurs du soleil. Par où l’on voit que les soins & les précautions doivent être différents dans ces différents climats, & que les climats intermédiaires exigent des soins qui participent de ces deux extrêmes, ce qu’il n’est possible de fixer que par des observations faites en chacun d’eux par des personnes intelligentes, & non par des bergers, dont la plupart ne suivent que la routine. C’est pourquoi n’ayant été à portée d’observer que les usages de mon climat, je me renfermerai à ne parler que de ce coin de la terre si privilégié par la nature à cet égard, selon de très-anciennes observations, pour donner quelques réflexions qui peuvent être de quelque utilité, parce que peu de chose en. cette matière peut produire des grands biens à l’état, les laines du Roussillon & du diocèse de Narbonne, sur-tout celles de la montagne de la Clape, étant les seules, de l’aveu des fabricants & de l’inspecteur général des manufactures de la province de Languedoc, propres à remplacer celles d’Espagne dans la fabrique des Londrins pour les échelles du Levant...

Quand l’automne & l’hiver sont doux, & les plantes humectées de temps-en-temps, les arbres, les arbrisseaux, & les aromates en sont plus touffus ; les brebis se portent bien, & les agneaux naissent avec de l’embonpoint ; ils sont allaités tendrement & abondamment ; ils croissent vite : on les voit caracoler & bondir en troupes dans les bergeries, peu de jours après leur naissance ; dès que leurs mères sont aux champs, où elles restent chaque jour huit, neuf, dix, jusqu’à douze heures de suite ; les agneaux enfermés pendant la faiblesse de leur âge, mangent alors des provisions délicates ; ils préfèrent avec avidité des feuilles d’olivier, de l’yeuse, qu’on leur coupe à mesure ; ils ne passent guère au-delà d’un mois à vivre de cette façon ; ils suivent ensuite leurs mères pour commencer à paître avec elles. Ils sont disposés ainsi à soutenir les épreuves de la sécheresse quand le printemps & l’été en affecte les plantes.
Les choses changent quand l’automne & l’hiver sont rudes, parce que les plantes étant alors dans une espèce d’engourdissement, les brebis n’y trouvent qu’une faible nourriture ; elles perdent peu-à-peu l’embonpoint que la transmigration, dans des pays gras pendant l’été, leur avait donné ; certaines avortent, & les agneaux qui naissent des autres sont la plupart maigres, les mères les rejettent (il n’y a que la violence qui les fait accueillir), le lait leur manque, malgré les secours artificiels des provisions qu’on leur donne ; enfin les agneaux souffrent, ils en deviennent plus faibles & languissants ; il est rare de les voir jamais, à quelques-uns près, dans un état heureux, & il en est peu de ceux qui naissant les derniers, & trop avant dans le printemps, résistent à la sécheresse de cette saison ; le lait leur manque alors, ils ne trouvent pas, quand ils peuvent manger, de quoi brouter sur nos plantes déjà desséchées, de-sorte que la chaleur venant les assaillir, & étant sevrés en même-temps que les premiers nés, ils ne peuvent les suivre qu’avec peine dans les campagnes, ils s’épuisent & périssent avant que d’arriver à l’automne prochaine...

Tout ce qui précède, nous prescrit qu’il faut que les brebis se portent bien...
Quels sont les moyens qu’on emploie pour se procurer cet état favorable des brebis ? les uns ont accoutumé ou de faire passer leurs troupeaux dans les montagnes verdoyantes en tout temps, & la plupart pendant l’été, dans les plaines fertiles pour y faire manger les herbes qui naissent dans les champs, les épis échappés aux glaneuses, & le chaume. Voici les effets funestes & ordinaires, quand les bergers sans la moindre prudence, & sous le prétexte d’engraisser vite leurs troupeaux, les laissent paître à leur gré. Ces animaux venant de souffrir la faim & souvent la soif dans les lieux de leur demeure ordinaire, à cause de la sécheresse qui y dessèche les herbes & les autres plantes dont ils font leur nourriture, & n’ayant pu quitter des lieux si incompatibles alors avec leurs besoins, parce que les moissons sont encore répandues dans les champs où ils doivent se réparer : ces animaux, dis-je, se jettent avec avidité sur cette espèce d’abondance, & s’en remplissent ; un grand nombre crève d’indigestion, sur-tout là où les épis n’ont pas été bien ramassés, parce que le grain, en s’enflant dans l’estomac, leur cause sans doute une espèce de suffocation d’autant plus prompte, que la soif, suite ordinaire, en les faisant boire immodérément sans opposition des bergers, augmente l’enflure des grains. Il est encore un autre danger dont la mort est aussi la suite, mais dont les effets sont plus lents. Les pâturages gras sont souvent sujets à l’humidité, elle s’y conserve plus avant dans le jour, selon qu’ils sont enfoncés & privés des rayons du soleil ; de manière que si nos troupeaux y paissent avant l’évaporation de l’humidité qui affecte les plantes, ils en contractent une maladie qui semble tenir de la pulmonie, qu’on appelle dans le pays le gam, & dont ils meurent après avoir langui pendant plusieurs mois. Tous ces endroits seraient bien moins dangereux aux troupeaux sous des bergers sages & vigilants ; mais presque tous paresseux, ne comptant pour rien le danger, & aussi avides de les engraisser que ces animaux sont voraces, s’y laissent tromper. Il faut donc se garantir de ces lieux dangereux, étant plus raisonnable de se retirer sans perte, & avec moins d’embonpoint, que de périr en l’acquérant...
Il est donc nécessaire de procurer la chaleur à nos bergeries pendant l’hiver, au lieu qu’elle est dangereuse pendant le temps chaud. On y respire alors un air échauffé, piquant & mauvais, toujours nuisible aux troupeaux qu’on y enferme pendant la nuit : ce qui nous doit porter à les faire parquer, indépendamment des avantages résultants pour nos terres ; il est fâcheux que la paresse de nos bergers l’emporte sur une raison aussi forte. Les moins indolents se contentant de parquer vers le mois de Mai, au lieu de commencer vers le mois de Mars, & souvent plutôt, selon la constitution favorable de l’année. On se fonde sur ce délai à parquer, en ce que l’on craint que la pluie survenant dans la nuit, il faudrait que les troupeaux, quelque grande qu’elle fût, la supportassent, & qu’il en périrait beaucoup ; on en est si prévenu, que nos bergers la redoutent pendant le jour en toute saison, au point qu’ils se rapprochent des bergeries dès que le temps leur paraît un peu menaçant. Il est pourtant vrai que les troupeaux des environs de Montpellier où la température de l’air diffère peu de celle du climat dont il est question, parquent presque toute l’année sans qu’on en ressente de plus grands inconvénients. Les qualités des laines rendraient-elles différents les effets de cette bonne pratique, & serait-elle seulement pernicieuse pour les troupeaux à laine fine ? Il est du-moins certain que l’humidité qui les imbibe, y dure plus longtemps, parce que les poils en sont plus fins & plus serrés, donnant par-là plus de difficulté à l’air de pénétrer dans l’épaisseur de la toison, & à l’eau de s’en écouler... Article de M. Barthés le pere, de la société royale des Sciences de Montpellier. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Sections

  • agropastoralisme
  • milieu

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [02/12/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32253 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 16080 photos ou dessins.