cire (n. f.)

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Scientifique

  • cera (lat.)

Autres noms

  • céride (n. m.)
  • cire d'abeille (n. f.)

Anglais

  • beewax
  • wax

Etymologie

lat. cera

Définition

Lipide, ester de monoalcools aliphatiques et d'acides gras en C16 ou plus. Cette substance solide est fusible et de couleur jaune.

Détails

Produite par les glandes cirières des jeunes abeilles ouvrières, la cire protège de l'extérieur car elle est résistante, imputrescible, inaltérable et sert à la construction des rayons verticaux façonnés en alvéoles.
Elle est dissoute par l'eau bouillante et se reforme à la surface de l'eau après refroidissement.
- La cire jaune est ainsi extraite des rayons de miel bouillis.
- La cire blanche est de la cire jaune fondue et décolorée.
La cire peut servir d'excipient de médicaments et donne un cérat. Elle est surtout utilisée pour construire des "cires gaufrées", feuilles de cire pré-imprimées en forme d'alvéoles. Elle sert aussi à faire des bougies, des produits cosmétiques, etc.
Les ennemis de la cire sont des papillons, les fausses teignes (galérie et Achroïda).

La cire
est la substance grasse complexe qui forme les rayons. Elle s'accumule sur les parties latérales de la moitié antérieure (aire cirière) des quatre derniers arceaux ventraux de l'abdomen. Elle est sécrétée, non par des glandes intra-abdominales, comme on l'a prétendu, mais par des cellules glandulaires (cellules cirières) étalées en une membrane spéciale (membrane cirière) de nature épithéliale, sous-cuticulaire. Elle traverse la cuticule et se dépose à sa surface en lamelles incolores, recouvertes par la moitié postérieure de l'arceau précédent. Prise en ces points, la cire est toujours fragile ; l'ouvrière l'enlève à l'aide de la pince tibio-tarsienne des pattes postérieures, puis, avec les crochets des tarses antérieurs, la porte entre ses mandibules, la pétrit, l'imprègne de salive et la rend malléable.
La cire provient du miel absorbé par les Abeilles et transformé en matière grasse dans leur organisme. Huber, le premier, démontra que des Abeilles nourries exclusivement de miel ou de sucre continuaient à construire leurs rayons, tandis que chez celles qui recevaient seulement du pollen, la sécrétion ne tardait pas à cesser. Toutefois, on pouvait supposer que la cire était formée aux dépens de la graisse contenue dans le miel alimentaire ou emmagasinée dans le corps ; Dumas et Milne Edwards reprirent l'expérience en dosant au préalable les matières grasses contenues en moyenne dans le corps des ouvrières d'un essaim séquestré, qui fut nourri de miel dont la matière grasse était également dosée. Ils reconnurent alors que le poids de la cire produite et des matières grasses restant dans le corps à la fin de l'expérience était notablement supérieur au poids obtenu dans le dosage primitif. La cire était donc produite aux dépens du miel absorbé.
Pour préparer la cire, on fait fondre dans l'eau le marc qui résulte de la dernière pression du miel ; la plupart des impuretés tombent au fond, tandis que la cire surnage. Après une seconde fusion, on l'exprime à travers un sac en toile forte et on la verse dans des moules : c'est ainsi qu'on obtient des pains de cire jaune.
Pour la décolorer, on l'aplatit en rubans ou on la fait fondre pour la verser sur un cylindre de bois qui se meut horizontalement dans l'eau et la réduit en grumeaux. On dispose les rubans et les grumeaux en couche mince sur des toiles étendues dans les prés ; sous l'influence de l'ozone, la matière colorante se détruit peu à peu. Comme ce procédé est trop long, on lui substitue souvent le blanchiment au chlore. La cire décolorée est, dite cire blanche ou vierge. On y ajoute d'ordinaire un peu de suif pour lui rendre le liant qu'elle a perdu, et on la coule en petites plaques rondes. Elle est solide, opaque, cassante, et fond vers 65°.
La cire est insoluble dans l'eau, soluble dans les huiles grasses, la benzine, l'essence de térébenthine, le sulfure de carbone. En la traitant par l'alcool bouillant, on y reconnaît la présence de trois principes immédiats. L'un est la myricine ou palmitate de myricile, éther composé qui reste à peu près insoluble. Un autre cristallise en petites aiguilles par le refroidissement : c'est la cérine ou acide cérutique. Le troisième est la céroléine, qui reste dissoute. Quant à la matière colorante de la cire jaune, elle est peu connue.
La cire subit de nombreuses falsifications... La cire forme la base des cérats : elle entre aussi dans la composition d'une foule d'onguents ou d'emplâtres, de la toile de mai ou sparadrap de cire, des bougies employées pour la dilatation de l'urètre, etc. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 874-5)

" CIRE, s. f. (Hist. nat.) Matière tirée des végétaux, & élaborée dans le corps d’un animal. Les abeilles transforment en cire les poussières des étamines des plantes ; car les pelotes qu’elles forment avec cette poussière, & qu’elles rapportent dans la ruche, ... & que l’on appelle de la cire brute, n’est pas de la vraie cire ; elle ne se ramollit ni ne se fond lorsqu’elle est échauffée ; elle tombe au fonds de l’eau, au lieu de surnager, &c. Il faut, pour que cette matière devienne de la vraie cire, que les abeilles la mâchent, l’avalent, & la digèrent. On a vu à l’article Abeille, que ces insectes ont une bouche, des dents, une langue, & un estomac, c’est-à-dire des organes propres à toutes ces opérations. Lorsqu’une abeille arrive à la ruche avec des pelotes de cire brute, elle la mange quelquefois avant que d’entrer, mais pour l’ordinaire elle va sur les gâteaux en battant des ailes. Alors trois ou quatre autres abeilles viennent auprès de celle qui arrive, & mangent les pelottes dont elle est chargée. On prétend les avoir vues distinctement mâcher & avaler ; mais ce qui est encore plus certain, c’est qu’on a trouvé dans leur estomac & leurs intestins, de la cire brute bien reconnaissable par les grains de la poussière des étamines dont elle est composée. Lorsque les abeilles apportent plus de cire brute qu’elles n’en peuvent manger, alors elles la déposent dans des alvéoles, où il n’y a ni ver ni miel ; & dès qu’un de ces insectes y a fait tomber les deux pelotes dont il était chargé, il en vient un autre qui les étend dans l’alvéole, & quelquefois c’est le même qui les a apportées. Non seulement ils les rangent, mais encore ils les pétrissent, & les imbibent d’une liqueur qui paraît être du miel, parce qu’après cette opération la cire brute en a le goût ; c’est peut-être ce qui la conserve sans altération. On trouve dans les ruches des parties de gâteaux assez grandes, dont les cellules sont toutes remplies de cire brute. Il y en a aussi qui sont dispersées ou placées entre d’autres cellules, qui contiennent du miel ou des vers. Enfin les abeilles mangent la cire brute lorsqu’elles l’ont apportée dans la ruche, ou elles la déposent dans des alvéoles pour la manger dans un autre temps ; mais on croit qu’il faut qu’elles la digèrent pour la convertir en vraie cire, qu’une partie sert à la nourriture de l’insecte, qu’une autre sort par l’anus en forme d’excréments, & que le reste revient par la bouche, & est employé à la construction des alvéoles. On a vu une liqueur mousseuse, ou une espèce de bouillie, sortir de la bouche dans le temps que l’abeille travaille à faire une cellule ; cette pâte se sèche dans un instant, c’est de la vraie cire. On prétend que les abeilles ne peuvent plus employer la cire dès qu’elle est entièrement seche. Aussi lorsqu’on leur en présente auprès de leur ruche, elles ne s’en chargent pas, mais elles recherchent tout le miel qui peut y être mêlé ; elles hachent quelquefois la cire par morceaux, & ne l’abandonnent que lorsqu’elles en ont enlevé tout le miel ; & s’il n’y en avait point, elles ne toucheraient pas à la cire. Lorsqu’on fait passer des abeilles dans une nouvelle ruche entièrement vide, & qu’on les y renferme au commencement du jour, avant qu’elles aient pu ramasser de la cire brute, on trouve le soir des gâteaux de cire dans la nouvelle ruche. Il y a tout lieu de croire que la cire dont ces gâteaux sont formés, est venue de la bouche de ces insectes, en supposant qu’ils n’ont point apporté de cire brute attachée à leurs jambes. Cette matière éprouve des changements dans l’estomac, puisque la cire des alvéoles est blanche, quoique les pelotes de cire brute que les abeilles apportent dans la ruche soient de différentes couleurs, blanches, jaunes, orangées, rougeâtres, vertes. Les alvéoles nouvellement faits sont blancs, & ils jaunissent avec le temps & par différentes causes. Mais lorsqu’ils sont nouveaux, la teinte est à-peu-près la même dans toutes les ruches ; s’il s’en trouve de jaunâtre, on peut croire que cette couleur vient d’une mauvaise digestion de la cire brute, que l’on a attribuée à un vice héréditaire que toutes les abeilles d’une ruche tiennent de leur mère commune. Ce qu’il y a de certain, c’est que toutes les cires ne sont pas également propres à recevoir un beau blanc dans nos blanchisseries. Mém. pour servir à l’histoire des insectes, tom. V...  " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • biochimie
  • zootechnie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [10/12/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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