chien (n. m.)

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Scientifique

  • Canis familiaris Linné 1758
  • canis (lat.)

Autre nom

  • chien domestique

Anglais

  • dog

Etymologie

lat. canis

Définition

Espèce de mammifère carnivore fissipède, de la fam. des canidés (Canidae), thooïde, domestiqué.
Description : Aucun caractère constant ne le sépare du loup. Le museau est plus allongé que chez le chat. Les dents sont plus nombreuses. Les canines sont longues et pointues. Ils ont 5 paires de mamelles, 5 doigts aux pieds antérieurs et 4 aux postérieurs. Il existe 4 grands types de chiens : les lupoïdes, proches du loup, les braccoïdes, les molossoïdes et les graioïdes ou lévriers.

Détails

Domestication : C'est l'animal domestique le plus ancien, domestiqué vers - 14 000 ans (voire - 33 000) ans. Il proviendrait du loup et d'autres espèces dont peut-être le chacal.
Habitat : Mondial.
Mœurs : Le loup vit en meutes. Le chien en a hérité un sens de la hiérarchie qu'il reporte sur son maître humain. L'odorat est développé. Le chien aboie, jappe, grogne, clabaude, clatit, halète ou hurle.
Utilisations : Utilisé au départ pour aider à la chasse, puis à la garde de troupeaux, le chien est surtout utilisé comme animal de compagnie. C'est le plus familier des animaux domestiques.
Races : Les nombreuses races de chiens domestiques dérivent de plusieurs ancêtres préhistoriques. Des mutations ont, au cours des âges, différencié des types très particuliers, propagés par les éleveurs en fonction de modes ou d'utilisations locales. Elles peuvent toutes se croiser entre elles théoriquement, si ce n'est le problème de la grande différence de taille possible. On peut distinguer des groupes de races : chiens de berger, de garde et d'utilité, chiens de terrier, chiens de lièvre et bassets, chiens courants, chiens d'arrêt, chiens de compagnie, lévriers, chiens d'attaque. Exemple : chien de chasse (hound).

" Chiens domestiques (C. familiaris L.). — Il y a, parmi nos Chiens domestiques, une diversité telle, qu'il serait presque impossible de leur trouver un caractère spécifique commun. On a fait remarquer cependant que, contrairement aux Chiens sauvages, qui ont toujours la queue pendante, les individus domestiques la portent relevée et souvent même recourbée en dessus ; dans ce cas, elle est en général dirigée à gauche, mais cette règle est loin d'être absolue, contrairement à l'indication de Linné (cauda sinistrorsum recurvata).
Les races et sous-races de Chiens, en y comprenant toutes les formes passagères produites par les croisements, sont pour ainsi dire innombrables, et il est extrêmement difficile de les classer. Aussi nous bornerons-nous à citer les principaux types, sans chercher à les grouper d'après leurs affinités. — Lévriers : tantôt à long poil (Lévrier russe), tantôt à poil ras (Lévrier arabe ou Sloughi), Lévrier d'Italie ou Levron [Levrette]). — Mâtins : à poil court (Mâtin proprement dit, Danois, Chien de Dalmatie ou Petit-Danois) ; à poil long (Chien de Terre-Neuve, de montagne, de bouvier, de berger). — Chiens courants : à poil ras (normands, vendéens, saintongeois, Saint-Hubert, Bloodhound, Foxhound, Beagle) ; à poil long (Deerhound, Griffons). — Chiens couchants ou d'arrêt : à poil ras (Braque français, Braque anglais ou Pointer) ; à poil long (Épagneuls , Griffons). — Dogues : Dogue  ou Mastiff anglais, Dogue de Bordeaux, Dogue du Thibet, Molosse ou Grand-Dogue, Bouledogue, Mops ou Carlin. — Chiens divers : Barbet, Caniche, King-Charles, etc.
La plupart de ces races ou sous-races sont susceptibles de s'unir entre elles, et nous ne connaissons même d'autre obstacle à ces croisements que l'impossibilité matérielle apportée à l'accouplement par une différence de taille trop considérable. Or, dans certains cas, l'Homme provoque de tels croisements, dans le but de produire des types intermédiaires, doués de qualités spéciales, types qu'il perpétue par une sélection attentive. C'est ainsi que prennent naissance ces innombrables formes connues sous le nom de races métisses, qui souvent ne font qu'apparaître et disparaître, par suite des caprices de la mode, ou qui, plus rarement, sont conservées par une élite d'amateurs, à cause de l'excellence de leurs aptitudes. Telle serait, d'après les auteurs, l'origine des petits Barbets, des Doguins ou Dogues de Bologne, des Bull-Terriers, des Roquets, des Briquets, des Retrievers, etc.
D'autre part, il s'effectue tous les jours, sous nos yeux, des croisements fortuits entre des Chiens de toutes races et même entre des Chiens déjà métissés à divers degrés. Depuis Buffon, on donne à la population hétérogène, de nuances variées à l'infini, qui résulte d'une telle promiscuité, le nom de Chiens de rue.
Domestication. — La confusion qui règne dans la classification des Chiens domestiques montre que nous sommes encore loin de connaître les types primitifs desquels sont dérivées nos diverses races.
Aussi bien, l'idée reçue jusqu'à ces derniers temps, de l'unité de souche de ces races, ne pouvait-elle que retarder les recherches nécessaires à la solution d'un tel problème. Buffon, on le sait, regardait le Chien comme une espèce à part, n'existant plus à l'état sauvage, et dont le Chien de berger représentait la forme la plus rapprochée de l'état de nature. Guldensädt et Pallas, qui avaient étudié le Chacal en Orient, sont les premiers naturalistes qui aient considéré cet animal comme l'ancêtre du Chien. Geoffroy Saint-Hilaire professait aussi cette opinion, sauf pour les lévriers, qu'il faisait dériver du C. simensis.  Hodgson regardait au contraire le Buansuah comme la forme souche de nos Chiens. D'autres, parmi lesquels il faut citer P. Gervais, ont fait intervenir au même titre le Loup de nos pays et diverses autres espèces. Or, ce sont là des propositions qui ne s'excluent en aucune manière : l'idée de la pluralité de souche est plus admissible encore pour les Chiens que pour tous les autres Mammifères domestiques.
Seulement, la détermination des types primitifs offre ici de grandes difficultés. Sans doute, elle sera facilitée par les recherches que poursuivent avec ardeur les savants adonnés aux études préhistoriques ; mais il faut reconnaître qu'à cet égard nous sommes encore bien peu avancés.
Quelques auteurs, avec Steenstrup, font remonter la domestication du Chien à l'époque du Mammouth ; mais la plupart sont d'accord pour la reporter au début de la période néolithique. Or, il est constant que, dans le cours de cette période ainsi que des suivantes, les Chiens domestiques ont présenté plusieurs races distinctes. Il faudrait donc pouvoir déterminer quelles sont les races actuelles qui leur correspondent ; et il ne serait pas inutile de savoir, en outre, si elles étaient déjà représentées à l'époque quaternaire.
La race préhistorique la plus anciennement décrite et peut-être aussi la plus anciennement domestiquée est le Chien des tourbières (Canis familiaris palustris), qui a été découvert dans les stations lacustres de l'époque néolithique et décrit par Rütimeyer (1862). Cet auteur le comparait d'abord au Chien de chasse actuel, et en particulier au Chien d'arrêt ; mais il reconnaît aujourd'hui, avec Studer, que le crâne de cet animal « concorde jusque dans les plus petits détails » avec celui du Chien des Papous (C. Hiberniae Quoy et Gaimard). Jeitteles et Naumann le regardent, au contraire, comme un rejeton domestiqué du Chacal commun (C. aureus). Anoutshine déclare qu'il ressemble d'une façon frappante au petit Chien domestique des Lapons, des Samoyèdes et des Toungouz. — Il faut noter ici que tous les crânes recueillis dans les palaffites proviennent d'individus très jeunes ou très âgés, et qu'ils ont le frontal ou le pariétal brisé à l'aide d'un instrument mousse.
Les autres races sont de l'âge du bronze. — L'une d'elles a été découverte dans les tourbières d'Olmütz et de Troppau, et Jeitteles, qui l'a déterminée en 1872, lui a appliqué la dénomination un peu complexe de Canis familiaris matris optimae. Elle est beaucoup plus grande que la précédente et atteint à peu près la taille du Chien de berger. Jeitteles la faisait descendre d'un Loup indien, le Canis pallipes ; Studer croit, au contraire, qu'elle dérive du Canis familiaris palustris, lequel montre une grande variabilité avant la fin de l'âge de la pierre. On donne comme ses parents les plus proches le Chien de berger, les grands Chiens de chasse et le Caniche.
En 1877, Woldrich a déterminé une troisième race, dont les débris ont été recueillis dans diverses stations de la Basse-Autriche, et qui est intermédiaire entre les deux précédentes, d'où son nom de Canis familiaris intermedius. Woldrich lui trouve beaucoup de ressemblance avec le Loup d'Egypte (Canis lupaster). Elle a dû apparaître, dans l'Europe centrale, entre l'âge de la pierre et l'âge du bronze.
Enfin, en 1880, Strobel a fait connaître un quatrième type, le Canis f. Spalettii, encore plus petit que le C. f. palustris. Il a d'ailleurs précédé celui-ci dans l'Europe centrale. Ce C. f. Spalettii serait l'ancêtre du Loulou, et le C. f. intermedius aurait donné naissance au Chien de berger. Il est à remarquer que l'ordre d'apparition de ces diverses races n'est pas le même en Italie que dans l'Europe centrale.
Ces races sont-elles attribuables à l'influence de la domestication ? La chose est peu probable, d'autant que certains indices tendent à montrer que quelques-unes d'entre elles au moins existaient déjà à l'époque paléolithique. Il s'agirait donc de races primitives et autochtones.
En résumé, les traces les plus anciennes de la domestication du Chien dans l'Europe occidentale et centrale se rencontrent au début de l'âge de la pierre polie, et, dès cette période, nous constatons l'existence de plusieurs races distinctes. En Orient, le Chien a été domestiqué à une époque plus reculée encore. « Si loin que nous remontions dans le passé, dit Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, nous le trouvons gardien des troupeaux et des habitations des peuples de l'Asie centrale et de l'Egypte. Pour les premiers, nous avons le témoignage des Nackas, et particulièrement du Zend-Avesta : la religion mazdéenne prescrivait aux fidèles d'élever dans leurs demeures trois animaux : le Chien, la Vache et le Coq. Pour l'Egypte, nous avons mieux encore que des témoignages écrits : des Chiens, de plusieurs races différentes, sont représentés sur les monuments. » Lenormant en reconnaît sept (1) : 1° un Chien-Renard, identique au Chien actuel des bazars du Caire, et descendant peut-être du Loup d'Egypte (C. lupaster) ; 2° le Chien du Dongolah, qui se montre à partir de la XIIe dynastie, et qui est tout à fait semblable à celui qu'on rencontre encore le plus souvent dans les villages de Nubie : il dérive sans doute du Chacal du Dongolah (C. sabbar) ; 3° le Lévrier ou Chien de chasse de l'ancien empire, qui paraît être à peu près identique au Sloughi actuel et qui tire peut-être son origine du Cabéru (C. simensis) ; 4° un grand Chien courant associé au précédent à partir de la XIIe dynastie, et dont la tête est semblable à celle du Foxhound anglais ; 5° une sorte de Basset, animal d'agrément qui se montre seulement sous la XIIe dynastie, et qui diffère de toutes les variétés actuelles de Bassets ; 6° un autre Chien-Renard ressemblant à ceux des bazars du Caire, mais à robe fauve tachée de brun rouge ; 7° un Matin de grande taille.
Dans certains monuments égyptiens, on voit aussi le Chacal apprivoisé et prenant part à la chasse. Mais, ce qui peut paraître tout à fait extraordinaire, c'est la domestication véritable du Chien hyénoïde ou Loup peint (Lycaon pictus), qui s'est prolongée au moins depuis la Ve jusqu'à la XIIe dynastie, et qui n'a cessé qu'après l'apparition du grand Chien courant (n°4).
Nous n'insisterons pas plus longtemps sur l'histoire du Chien dans l'antiquité, et nous nous bornerons à faire remarquer que les Hébreux ne paraissent pas avoir possédé cet animal avant l'époque des rois.
Mais il nous reste un mot à dire au sujet des Chiens de l'Amérique. Piètrement a rassemblé un grand nombre de documents historiques desquels il résulte d'une façon incontestable qu'il existait des Chiens domestiques dans les deux Amériques, ainsi qu'aux Antilles, avant l'arrivée des Européens.
« Ces Chiens étaient du reste de diverses couleurs, et ils se divisaient en plusieurs races de différentes tailles, les unes à longs poils, les autres à poils ras ou même sans poil. Enfin, ces Chiens étaient tantôt de simples objets de luxe, tantôt des animaux alimentaires, tantôt des auxiliaires, employés soit comme bêtes de trait, soit comme bêtes de somme, et finissant généralement aussi par être mangés. » Au Pérou, en particulier, les recherches de Reiss et Stiibel ont mis au jour les momies de quatre races de Chiens : un Chien de berger, un Basset, un Molosse et un Chien à poil d'Épagneul, que Nehring rapporte à une même espèce, le Chien des Incas (C. Ingae Tschudi). D'après lui, ce Chien inca semble avoir eu pour ancêtre le Loup occidental (C. lupus var. occidentalis), de l'Amérique du Nord ; il aurait été amené par les émigrations humaines dans l'Amérique centrale d'abord, puis de là au Pérou.
Caractères physiologiques. — Les Chiens sont aptes à la reproduction vers l'âge de dix à douze mois. Ce sont des animaux très lascifs. Le mâle peut s'accoupler en tout temps ; mais la femelle n'entre d'ordinaire en rut que deux fois par an, une fois en hiver et une fois en été. Ses chaleurs durent dix à quinze jours. Elle peut s'accoupler plusieurs fois pendant cette période, et, chaque fois, les deux sexes restent unis pendant un temps assez long, la séparation étant retardée par le gonflement énorme des deux renflements érectiles du pénis, qui retient celui-ci en avant des lèvres de la vulve. L'éjaculation est d'ailleurs fort lente. La partie du pénis comprise dans le fourreau a pour base, comme chez tous les Canidés, un os pénien, creusé d'une gouttière inférieure.
La gestation est de 63 jours dans les grandes races, et de 59 à 63 dans les petites. Chaque portée est de quatre ou cinq petits ; plus rarement, le nombre de ceux-ci s'élève à neuf, dix et douze. Ils naissent les yeux fermés et ne les ouvrent souvent qu'après dix ou douze jours. L'allaitement naturel se prolonge environ pendant trois mois. Dans le jeune âge, les mâles comme les femelles s'accroupissent un peu pour uriner ; mais, vers l'âge de neuf à dix mois, les premiers tiennent une patte de derrière levée pendant la miction. La durée ordinaire de la vie est de quatorze à quinze ans.
Services. — Par suite du développement remarquable de ses facultés, le Chien est l'auxiliaire le plus utile que l'Homme ait jamais possédé. Il s'adapte aussi bien que son maître aux diverses circonstances dans lesquelles il est placé. Son régime se modifie sans aucune difficulté : de Carnivore, il devient ichtyophage chez certaines peuplades, et le plus souvent omnivore dans les pays civilisés. Sa voix, comme nous l'avons déjà vu, se transforme également : l'aboiement, qui est en quelque sorte son langage parlé, est aussi le résultat de la civilisation, et les Chiens des peuplades sauvages, comme ceux de nos pays qui ont été abandonnés dans des régions désertes, ne savent que hurler. Ses aptitudes se multiplient : certaines races se prêtent à des exigences très diverses, et tout le monde a vu les exercices compliqués que peuvent accomplir les « Chiens savants ».
Un des instincts favoris des Chiens est la chasse. Or, on sait que certains de ces animaux chassent leur gibier à vue et le tuent : tels ont les Lévriers. C'est à l'aide de l'odorat, au contraire, que la plupart d'entre eux découvrent leur proie : les uns la poursuivent encore et la tuent, comme les précédents, ou l'amènent à portée du chasseur : ce sont les Chiens courants ; les autres se contentent de l'indiquer au chasseur : on les nomme Chiens d'arrêt. Il en est même, comme les retrievers et certains Épagneuls, qui n'ont d'autre office, à la chasse, que de retrouver le gibier abattu.
Ajoutons que, dans certains cas, le Chien est employé à la pêche, et qu'on a pu même le dresser quelquefois à la poursuite de l'Homme.
Parmi les services les plus communs du Chien, il faut citer encore la garde des habitations et la conduite des troupeaux. Plus rarement on en fait un animal de trait : en Belgique et en Hollande, il traîne de petites voitures ; en Sibérie et chez les Esquimaux, on l'attelle aux traîneaux. Nous ne pouvons enfin que mentionner le Chien de Terre-Neuve, le Chien du mont Saint-Bernard, les Chiens d'aveugles, dont les services sont connus de tous.
La chair du Chien est assez dure et difficile à digérer ; elle répugne d'ordinaire aux Européens ; mais, en Chine et dans quelques autres pays, elle est très estimée. Chez les Romains, on engraissait déjà les jeunes Chiens pour l'usage alimentaire, après les avoir châtrés.
La peau et les intestins sont utilisés par l'industrie.
HYBRIDES. — Il n'y a aucune preuve, dit Huxley, qu'un croisement entre deux Canidés d'espèces différentes soit resté infécond. D'autre part, les expériences entreprises par Buffon et par Flourens tendent à démontrer, quoi qu'en dise ce dernier auteur, que les produits des unions entre Chien et Loup, Chien et Chacal, etc., sont indéfiniment féconds. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1199-1203)

Sections

  • travail
  • zoologie
  • zootechnie

Classification française

  • mammifère
  • carnivore
  • canidé

Classification scientifique

  • Carnivora
  • Caniformia
  • Canidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [21/09/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

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