chevreuil (n. m.)

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Scientifique

  • Capreolus capreolus L.
  • Cervus capreolus
  • caprea (lat.)

Autre nom

  • chevreuil européen

Anglais

  • European roe deer
  • western roe deer

Définition

Descr. : 65 cm au garrot, L.1,20 m, longueur caudale 3 cm, poids vif 25 kg (15-30 kg). C'est le plus petit cervidé (Cervidae). Le mâle adulte est pourvu de bois couvert de nodosités avec 2 andouilliers, rarement plus. La queue paraît absente. Le pelage est brun-gris en hiver et brun-rouge en été. Le miroir, blanc, n'a pas de pointe noire dessinée par la queue comme chez le cerf.

Détails

Habitat : Il vit en Eurasie jusqu'en Chine, et au nord du Proche-Orient. Il vit en forêt, en montagne et en plaine, même près des cultures.
Mœurs : Le chevreuil brame, rée ou rote. Végétarien et ruminant, il cueille de ci de là les herbes, les feuilles ou les pousses. Pendant le rut (l'été plutôt que l'automne), les mâles frottent contre les arbres leurs bois pourvus de glandes pour y laisser leur odeur et marquer leur territoire. Pour la plupart des femelles, la gestation est différée ; elle dure 9 mois, dont 4 mois pendant lesquels l'embryon n'est pas fixé. Pour quelques femelles fécondées en automne, la gestation dure seulement 6 mois.

CHEVREUIL, s. m. (Hist. nat. quadruped.) capreolus. Animal quadrupède, sauvage, du genre des cerfs. On en prendrait une idée fausse si on s’arrêtait à son nom ; car il ressemble beaucoup plus au cerf qu’à la chèvre ; il est plus petit que le cerf, & à peine aussi grand qu’une chèvre. Son poil est de couleur fauve, mêlée de cendré & de brun. Le mâle a de petites cornes dont le nombre des branches varie beaucoup : il les met bas vers la fin d’octobre ou le commencement de novembre ; il est léger & fort vif ; il est si timide qu’il ne se sert pas même de ses cornes pour se défendre. Il est ruminant, son rut dure pendant quinze jours du mois d’octobre ; il ne suit qu’une femelle qu’il ne quitte pas ; il prend soin des faons avec elle ; la femelle en porte deux ou trois. Il y a beaucoup de chevreuils, à ce qu’on dit, dans les pays septentrionaux. On en trouve dans les Alpes, en Suisse, & dans nos forêts.  La chasse en est la plus importante après celle du cerf. Elle demande des chiens d’entre deux tailles, bien râblés, obéissants, & très instruits. Les chevreuils font leurs nuits & leurs viandis au printemps, dans les seigles, les blés, & les buissons qui commencent à pointer. En été ils vont aux gagnages, c’est-à-dire avoines, poix, fèves, vesses, voisins des forêts ; ils y demeurent jusqu’en automne qu’ils se retirent dans les taillis, d’où ils sortent seulement pour aller aux regains des prés & des avoines, dont ils sont très-friands. Ils gagnent en hiver les fonds des forêts, s’approchant seulement des ronces & des fontaines, où l’herbe est toujours verte. Voilà les lieux où le Veneur doit aller en quête, selon les saisons, avec son limier, pour rencontrer & détourner le chevreuil. Sa tête pousse lentement ; il la brunit comme le cerf ; mais on n’en lève pas le frayoir. Voyez Frayoir. Il a aussi des vers autour du massacre. La chevrette met bas ses faons dans un endroit où elle les croit le moins exposés à la recherche du renard, de l’homme, & du loup ; elle s’en dérobe cinq ou six fois par jour. Au bout de cinq ou six jours, ses faons peuvent marcher. On dit qu’ils ont à craindre d’être blessés des vieux, lorsque ceux-ci sont en rut, ou même dans les autres temps ; ce qui ne serait pas fort extraordinaire. Les chevreuils mâles ne seraient pas les seuls animaux qui détesteraient dans leurs petits même, des rivaux qu’ils pressentiraient devoir un jour leur être redoutables auprès des chevrettes. Les vieux lapins sont possédés de cette espèce de jalousie, jusqu’à dévorer les testicules des jeunes. On connait l’âge du chevreuil à la tête, précisément comme celui du cerf ; on examine si les meules en sont près du test, si elles sont larges, si la pierrure en est grosse, si les gouttières en sont creuses, les perlures grenues & détachées ; si le mairrain en est faible ou non, les andouillers en grand nombre, l’empaumure large & renversée. On connait au pied si c’est un chevreuil ou une chevrette ; cette connaissance n’est pas ici aussi essentielle qu’au cerf ; cependant il n’est pas mal de savoir que les mâles ont plus de pied de devant, & l’ont plus rond & plus plein. Il faut appliquer ici tout ce que nous avons dit de la chasse du cerf. Voyez l’art. Cerf. On détourne le chevreuil comme le cerf ; les termes & les façons de sonner sont les mêmes : il n’est pas moins important de le savoir bien attaquer. Cet animal sait aussi donner le change ; cependant la refuite en est assez assurée, à moins qu’on ne soit tombé sur un chevreuil de passage. On dispose les relais pour cette chasse, comme pour celle du cerf ; il en faut moins seulement. La chasse se conduit de la même manière ; on le force & la curée n’en a rien de particulier.
Chevreuil, (Méd. Diète, & Mat. méd.) Celse met la chair du chevreuil au nombre des aliments très nourrissants. Palamede d’Elea assure, au rapport d’Athenée, que leur chair est très agréable. Siméon Sethi avance qu’elle est de meilleur suc que celle de tout autre animal sauvage, qu’elle est fort analogue à notre nature, qu’elle est fort convenable aux tempéraments humides ou chargés d’humeurs, & qu’elle est propre par sa sécheresse dans les coliques, dans l’épilepsie, & dans les maladies des nerfs, quoiqu’elle resserre le ventre. Nonnius de re cibariâ. Son sang, sa graisse, son fiel, &c. (car cette énumération revient toujours, voyez Chamois, Chameau, &c.) passent pour d’excellents remèdes. Ses cornes sont particulièrement recommandées dans les cours de ventre & l’épilepsie : mais ces vertus sont peu confirmées par l’observation. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • montagne
  • zoologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [10/04/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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