cheval (n. m.)

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Scientifique

  • Equus caballus Linné 1758
  • equus (lat.)

Autres noms

  • cheval domestique (n. m.)
  • chevaux (plur.)

Anglais

  • horse

Etymologie

lat caballus, cheval de trait ; lat. equus cheval

Définition

Mammifère euthérien périssodactyle de la fam. des équidés (Equidae).
Description : Equidé généralement de grande taille, plus grand que l'âne, aux formes élégantes, aux oreilles plus petites, à queue garnie de crins depuis la base, et au cou muni d'une crinière.
Cf cheval (genre).

Détails

Domestication : Il semble originaire d'Asie centrale et il a été domestiqué à l'époque magdalénienne vers - 3500 à - 3000 en Ukraine. Il n'existe plus à l'état sauvage. Le cheval sauvage d'Europe ou tarpan des steppes (Equus caballus gmellini) s'est éteint à la fin du XIXe siècle, après le tarpan des forêts (Equus caballus silvaticus). Des essais de reconstitution du tarpan ont été menés par croisements. Le cheval de Przewalski (Equus przewalskii) d'Asie centrale survit en captivité. Les mustangs d'Amérique sont d'anciens chevaux domestiques retournés à l'état sauvage.
Habitat : Mondiale.
Mœurs : Herbivore, il est fier, ardent, impétueux (Buffon). Le cheval hennit, s'ébroue.
Utilisations : Il a longtemps été utilisé pour les transports, surtout les transports rapides, jusqu'à ce qu'il soit détrôné par l'automobile. Il était réservé aux nobles autrefois. C'est encore souvent une source de prestige et de fierté. Il reste utilisé pour la traction animale, la culture attelée, les sports équestres, les courses de chevaux (sport) et les randonnées (tourisme). Les harnais utilisés sont le collier et la bricole. Son utilisation pour la viande est peu importante.
Exemples :
- cheval de chasse (hunter),
- cheval de selle (quarter horse, standardbred),
- cheval de trait (heavy horse).

" CHEVAL, s. m. equus, (Hist. nat. Manège & Maréchallerie.) animal quadrupède, domestique, ou sauvage, du genre des solipèdes, plus grand que l’âne, mais à plus petites oreilles, à queue garnie de crins depuis son origine, & à cou garni en-dessus d’un pareil poil... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

" Sous-genre CHEVAL, (Caballus). — Les Chevaux proprement dits ou Équidés caballins se distinguent des Anes et des Zèbres par leur robe presque toujours dépourvue de bandes ou de raies, ainsi que par leur queue garnie de crins dans toute son étendue. Leur crinière est longue et flottante, leurs oreilles sont assez courtes et très mobiles, et ils possèdent en général des châtaignes aux quatre membres. 5 ou 6 vertèbres lombaires.
Chevaux domestiques (E. Caballus L.). — ... Par contre, la plupart des auteurs rapportent à une seule espèce toutes les races de Chevaux domestiques,... Quelle que soit l'opinion à laquelle on se range, on peut se demander si les Chevaux domestiques ont actuellement encore des représentants sauvages. Il est difficile de répondre d'une façon précise à cette question ; cependant, il faut bien le reconnaître, aucun des documents que nous possédons sur l'histoire du Cheval ne démontre que depuis les temps historiques, l'Homme ait jamais connu des Équidés caballins réellement sauvages. Il existe bien, sur divers points du globe, des Chevaux qui vivent en liberté et parcourent les plaines en troupes plus ou moins nombreuses. Mais tout porte à croire que ce sont là des animaux marrons, c'est-à-dire redevenus sauvages ; et, pour certains d'entre eux, la chose n'est point douteuse. Du reste, leur robe est en général très variable, comme celle des animaux domestiques, bien qu'elle ne présente guère de teintes tranchantes. — On distingue sous le nom de Tarpans les Chevaux errants répandus dans les steppes de l'Asie centrale et jusque dans les montagnes du nord de l'Inde. Or, il résulte des renseignements fournis par Forster à Buffon, que ces animaux ne sont autres que des Chevaux marrons ... — Dans l'Amérique du Nord, Catlin a observé des Chevaux errants offrant une foule de nuances différentes. Il pense avec raison que ces animaux sont issus des Chevaux introduits par les Espagnols au moment de la conquête. D'ailleurs, l'absence du Cheval sur le continent américain avant l'arrivée des Européens est un fait parfaitement établi (Piètrement), nonobstant l'existence, dans ce pays, de fossiles quaternaires appartenant au genre Equus. — Les pampas de l'Amérique du Sud donnent également asile à d'immenses troupeaux de Chevaux marrons (cimarrones), lesquels proviennent, selon d'Azara, de Chevaux andalous abandonnés par les Espagnols vers le milieu du XVIe siècle. Quant aux Mustangs du Paraguay, ce sont des Chevaux élevés en demi-liberté et presque sans soins. — Ajoutons qu'il existe aussi des Chevaux marrons en Océanie et probablement en Afrique, sur les bords du Niger.
Domestication. — Les principaux documents relatifs à la domestication du Cheval ont été rassemblés et analysés par Piètrement dans deux ouvrages considérables auxquels nous devons renvoyer le lecteur, faute de pouvoir en donner ici un résumé suffisant. Nous nous bornerons à esquisser les traits généraux de la question.
A l'époque quaternaire, le Cheval était des plus communs dans l'Europe occidentale. Il a laissé presque partout de nombreux ossements. De plus, les artistes chasseurs des cavernes du Languedoc et du Périgord l'ont souvent gravé sur les bois de Renne, à côté du Mammouth, du Renne lui-même, du Bœuf, etc. Mais, contrairement à l'opinion de Toussaint, il n'était pas alors domestiqué : l'Homme lui faisait seulement une chasse active pour se nourrir de sa chair. On a pu en distinguer jusqu'à présent deux ou trois types : 1° l'un, représenté par un crâne trouvé en 1868 dans les sablières de Grenelle, est identique, d'après Sanson, à la race percheronne actuelle (E. C. sequanius) ; 2° un autre, dont les ossements les plus nombreux (crâne compris) ont été découverts dans le diluvium de Westeregeln près Magdebourg et des environs de Thiede dans le Brunswick, ainsi que dans le lœss de Rœmagen, non loin du Rhin, se rapproche d'une façon remarquable, d'après Nehring, du Cheval allemand actuel (E. C. germanicus Sanson). Dans la station quaternaire de Solutré (Saône-et-Loire), on a trouvé des amas énormes d'ossements de Chevaux qu'on ne peut, en l'absence de crâne, déterminer d'une façon précise, mais qui, par l'ensemble du squelette, paraissent se rattacher à la variété ardennaise du Cheval belge (E. C. belgicus). Un autre type encore, décrit par Fraas, a été rencontré dans le diluvium des environs de Schussenried, dans le sud-ouest du Wurtemberg. — On peut ajouter enfin, avec Schmidt, que beaucoup de stations de l'âge du bronze ont fourni les restes d'un Cheval domestiqué à squelette moins lourd que celui des précédents, et qu'on regarde en général comme d'origine asiatique.
Tout le monde est à peu près d'accord aujourd'hui sur ce point, que la domestication des races chevalines occidentales remonte seulement à la période néolithique. Piètrement l'attribue à l'arrivée en Occident des populations aryennes qui introduisirent dans cette région l'usage des dolmens et des armes en pierre polie, et dont les descendants les plus purs sont les Galtchas, les Savoyards et les Auvergnats. — Antérieurement à cette migration, les Aryens avaient domestiqué le Cheval asiatique à front plat et à profil rectiligne (E. C. asiaticus), que Piètrement appelle pour cette raison E. C. aryanus. Cette domestication avait eu lieu dans leur patrie primitive, l'Airyana vaedja, située à l'ouest des monts Alatau, aux environs du lac Balkach, sur le 49° degré de latitude (gouvernement actuel de Sémiretchié ou des Sept-Rivières). De l'Asie centrale, cette race passa plus tard en Syrie et en Egypte, puis en Arabie : les Hébreux faisaient déjà usage du Cheval sous David, tandis que l'introduction de cet animal dans la péninsule arabique ne remonte qu'aux premiers siècles de notre ère. Le nom de Cheval arabe donné d'habitude au type principal de la race asiatique tient seulement à la culture remarquable que lui ont fait subir les guerriers arabes. Enfin, ce sont les croisades, l'expansion musulmane et les transactions commerciales qui ont amené les Chevaux orientaux dans l'Europe occidentale. — Quant à la race africaine (E. C. africanus), à front bombé et à cinq vertèbres lombaires, dont Sanson place le berceau en Nubie, elle aurait été domestiquée, d'après Piètrement, sur les hauts plateaux situés à l'occident de la Chine, par les Proto-Mongols, et introduite en Egypte par les Hyksos ou Pasteurs : c'est pourquoi cet auteur lui donne le nom d'E. C. mongolicus. Elle s'est d'ailleurs mélangée de très bonne heure à la précédente, et il est assez rare de la trouver aujourd'hui à l'état de pureté.
Caractères physiologiques. — L'apparition des chaleurs, chez la Jument, a lieu à un âge assez variable, le plus souvent vers la fin de la deuxième année ou le commencement de la troisième. L'étalon est employé d'ordinaire à la reproduction vers l'âge de trois ans : il débute par trois ou quatre saillies par semaine, et, jusqu'à l'âge de quatre ans, il convient de ne pas le laisser saillir plus d'une fois par jour, en moyenne. Le rut se manifeste au printemps.
La durée moyenne de la gestation est de 336 jours, soit environ 11 mois. La portée est presque toujours d'un seul petit (Poulain, Pouliche), qui naît avec les yeux ouverts et le corps revêtu de poils. Le sevrage ne doit avoir lieu que lorsque la dentition de lait est complète, c'est-à-dire entre 6 et 10 mois. Le développement de l'animal est terminé vers l'âge de cinq ans. La durée totale de la vie est très variable ; d'après Bourgelat, elle serait en moyenne de 18 à 20 ans ; mais on a cité des Chevaux ayant vécu -42, 43 et 49 ans (Goubaux et Barrier). On assure, depuis Aristote, que les Juments vivent plus longtemps que les Chevaux. Pour divers motifs, on fait subir la castration à un grand nombre de sujets : le meilleur est d'opérer sur les Poulains à la mamelle. Le Cheval privé de ses testicules est qualifié de hongre. Quant à la Jument, on ne la châtre que dans de rares circonstances pathologiques.
Services. — Le Cheval est essentiellement un moteur animé, et, à ce titre, il a rendu et rend encore de tels services à l'Homme, que son histoire est partout liée à celle de la civilisation. Sa puissance est mise à profit pour les besoins de l'agriculture, du commerce et de l'industrie, pour la chasse et la guerre, pour le luxe et les commodités de l'existence. Ses aptitudes peuvent se ramener à deux principales : porter et traîner un fardeau. Cependant, on lui reconnaît souvent quatre fonctions distinctes : « la selle, qui consiste à porter le cavalier à toutes les allures ; l'attelage de service ou de luxe, qui consiste à traîner, aux allures vives, un véhicule léger portant un petit nombre de personnes ; le trait léger, avec lourd véhicule et forte charge traînés aux allures vives ; enfin le gros trait, avec véhicule et charge encore plus lourds, mais lentement traînés (Sanson). »
Le Cheval fournit encore de son vivant un fumier chaud et très estimé. En outre, diverses peuplades orientales, les Kirghiz en particulier, préparent avec le lait fermenté de jument une liqueur à laquelle on donne le nom de koumys ...
L'hippophagie ... en réalité, la viande de Cheval est un aliment sain, agréable et nutritif. Elle a même l'avantage de ne pas renfermer, comme celle du Porc et du Bœuf, des parasites transmissibles à l'Homme.
Les débris du Cheval sont d'ailleurs utilisés de diverses manières par l'industrie : peau, sang, graisse, os, tendons, intestins, sabots, crins, etc. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1160-4)

Sections

  • cheval
  • travail
  • zoologie
  • zootechnie

Classification française

  • mammifère
  • périssodactyle
  • équidé

Classification scientifique

  • Equidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2018, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [20/11/2018]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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