chanvre (n. m.)

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Scientifique

  • Cannabis sativa L.

Autres noms

  • chanvre cultivé (n. m.)
  • haschish (n. m.)
  • kif (n. m.)
  • hashish
  • cannabis
  • herbe (n. f.)
  • marihuana (n. f.)

Anglais

  • hemp

Etymologie

lat. cannabis, chanvre

Définition

Plante toxique de la fam. des cannabinacées. Herbe à tige haute de 1 à 2 m et cannelée. Originaire des contreforts de l'Himalaya, cultivé pour ses fibres et sa résine, il en est extrait le marijuana (feuille broyée), le haschich ou shit (résine des sommités fleuries) et l'huile.

Détails

Plante textile : cordes, papiers, tissus, toiles.
Plante médicinale. En médecine, il est utilisé contre la douleur et les vomissements, par exemple en cas de chimiothérapie anticancéreuse.
Plante toxique. C'est une drogue illicite, un stupéfiant entraînant une dépendance psychique, et incapacitant. Chez l'homme, il y a excitation générale, hallucination, puis sommeil et des symptômes secondaires. Chronique : affaiblissement physique et intellectuel.
On peut distinguer 4 sous-espèces (ou cultivars ?) :
- Cannabis sativa indica, chanvre indien, H. max 3 m, riche en résine, correct en fibres,
- Cannabis sativa kafiristanica, chanvre afghan, H. max 1,5 m, riche en résine, pauvre en fibres,
- Cannabis sativa sativa, chanvre cultivé, H. max 6 m, riche en résine et en en fibres,
- Cannabis sativa spontanea, chanvre sauvage, petit, pauvre en résine, correct en fibres.

" CHANVRE, s. m. (Hist. nat.) cannabis, Genre de plante à fleurs sans pétales, composée de plusieurs étamines soutenues sur un calice, et stérile, comme l’a observé Cæsalpin. Les embryons sont sur les plants qui ne portent point de fleurs ; ils deviennent des capsules qui renferment une semence arrondie. Tournefort, Inst. rei herb.
On connaît deux sortes de chanvre, le sauvage, et le domestique.
Le sauvage, cannabis erratica, paludosa, sylvestris, Ad. Lobel. est un genre de plante dont les feuilles sont assez semblables à celles du chanvre domestique, hormis qu’elles sont plus petites, plus noires, et plus rudes ; du reste cette plante ressemble à la guimauve, quant à ses tiges, sa graine, et sa racine.
Le chanvre domestique dont il s’agit ici, est caractérisé par nos Botanistes de la manière suivante. Ses feuilles disposées en main ouverte naissent opposées les unes aux autres : ses fleurs n’ont point de pétales visibles ; la plante est mâle et femelle. On la distingue donc en deux espèces, en mâle et en femelle ; ou en féconde qui porte des fruits, et en stérile qui n’a que des fleurs ; l’une et l’autre viennent de la même graine.
Le chanvre à fruit, cannabis fructifera Offic. cannabis sativa, Park. C. B. P. 320. Hist. oxon. 3. 433. Rau, hist. 1. 158. synop. 53. Boerh. Ind. A. 2. 104. Tournef. inst. 535. Buxb. 53. cannabis mas. J. B. 3. P. 2. 447. Ger. emac. 708. cannabina facunda, Dod. pempt 535.
Le chanvre à fleurs, cannabis florigera, Offic, cannabis erratica, C. B. P. 320. 1. R. H. 535, cannabis fæmina, J.B. 32. 447. cannab. sterilis, Dod. pemp. 535.
Sa racine est simple, blanche, ligneuse, fibrée ; sa tige est quadrangulaire, velue, rude au toucher, creuse en dedans, unique, haute de cinq ou six pieds, couverte d’une écorce qui se partage en filets : ses feuilles naissent sur des queues opposées deux à deux, elles sont divisées jusqu’à la queue en quatre, cinq, ou un plus grand nombre de segments étroits, oblongs, pointus, dentelés, veinés d’un vert foncé, rudes, d’une odeur forte et qui porte à la tête.
Les fleurs et les fruits naissent séparément sur différents pieds ; l’espèce qui porte les fleurs, s’appelle chanvre à fleurs : quelques-uns la nomment stérile ou femelle, mais improprement ; et l’autre espèce qui porte les fruits, est appelée chanvre à fruits, et par quelques-uns, chanvre mâle.
Les fleurs dans le chanvre qu’on nomme improprement stérile, naissent des aisselles des feuilles sur un pédicule chargé de quatre petites grappes placées en sautoir : elles sont sans pétales, composées de cinq étamines, surmontées de sommets jaunâtres, renfermées dans un calice à cinq feuilles purpurines en dehors, blanchâtres en-dedans.
Les fruits naissent en grand nombre le long des tiges sur l’autre espèce, sans aucune fleur qui ait précédé : ils sont composés de pistils enveloppés dans une capsule membraneuse d’un jaune verdâtre : ces pistils se changent en une graine arrondie, un peu aplatie, lisse, qui contient sous une coque mince, d’un gris brun, luisant, une amande blanche, tendre, douce, et huileuse, d’une odeur forte, et qui porte à la tête quand elle est nouvelle : cette amande est renfermée dans une capsule ou pellicule d’une seule pièce, qui se termine en pointe. Ces graines produisent l’une et l’autre espèce. Article de M. le chevalier de Jaucourt.
Le chanvre est une plante annuelle : il ne se plaît pas dans les pays chauds ; les climats tempérés lui conviennent mieux, et il vient fort bien dans les pays assez froids, comme sont le Canada, Riga, etc. qui en fournissent abondamment, et de très bon ; et tous les ans on emploie une assez grande quantité de chanvre de Riga en France, en Angleterre, et surtout en Hollande...
Les chenevières qui ont coûté beaucoup de peine et de travail jusqu’à ce que le chenevi soit levé, n’en exigent presque plus jusqu’au temps de la récolte...
Vers le commencement d’août les pieds de chanvre qui ne portent point de graine, qu’on appelle mal à propos chanvre femelle, et que nous appellerons le mâle, commencent à jaunir à la cime, et à blanchir par le pied ; ce qui indique qu’il est en état d’être arraché : alors les femmes entrent dans la chenevière, et tirent tous les pieds mâles dont elles font des poignées qu’elles arrangent au bord du champ, ayant attention de n’endommager le chanvre femelle que le moins qu’il est possible ; car il doit rester encore quelque temps en terre pour achever d’y mûrir sa semence...
On les expose ensuite au soleil pour faire sécher les feuilles & les fleurs ; et quand elles sont bien sèches, on les fait tomber en frappant chaque poignée contre un tronc d’arbre ou contre un mur, et on joint plusieurs de ces poignées ensemble, pour former des bottes assez grosses qu’on porte au routoir.
Le lieu qu’on appelle routoir, et où l’on donne au chanvre cette préparation qu’on appelle rouir ou naiser, est une fosse de trois ou quatre toises de longueur, sur deux ou trois toises de largeur, & de trois ou quatre pieds de profondeur, remplie d’eau : c’est souvent une source qui remplit ces routoirs...
Pour rouir le chanvre, on l’arrange au fond de l’eau, on le couvre d’un peu de paille, et on l’assujettit sous l’eau en le chargeant avec des morceaux de bois et des pierres, ...
On le laisse en cet état jusqu’à ce que l’écorce qui doit fournir la filasse se détache aisément de la chenevotte qui est au milieu ; ce qu’on reconnaît en essayant de temps en temps si l’écorce cesse d’être adhérente à la chenevotte...
En parlant de la récolte du chanvre mâle, nous avons dit qu’on laissait encore quelque temps le chanvre femelle en terre pour lui donner le temps de mûrir sa semence ; mais ce délai fait que le chanvre femelle mûrit trop, son écorce devient trop ligneuse ; et il s’ensuit que la filasse qu’il fournit, est plus grossière et plus rude que celle du mâle : néanmoins quand on voit que la semence est bien formée, on arrache le chanvre femelle comme on a fait le mâle, et on l’arrange de même par poignées...
Quand on a retiré le chanvre du routoir, on délie les bottes pour les faire sécher, on les étend au soleil le long d’un mur, ou sur la berge d’un fossé, ou simplement à plat dans un endroit où il n’y ait point d’humidité : on a soin de les retourner de temps en temps ; et quand le chanvre est bien sec, on le remet en bottes pour le porter à la maison, où on le conserve dans un lieu sec jusqu’à ce qu’on veuille le tiller ou le broyer ...
Avant que de broyer le chanvre, il le faut bien dessécher, ou, comme disent les paysans, le bien hâler ; pour cet effet, on a à une certaine distance de la maison un hâloir, ... Le hâloir n’est autre chose qu’une caverne qui a ordinairement six à sept pieds de hauteur, cinq à six de largeur, et neuf à dix de profondeur ou de creux ; le dessous d’une roche fait souvent un très bon hâloir...
Environ à quatre pieds au-dessus du foyer du hâloir, ... on place trois barreaux de bois qui ont au plus un pouce de grosseur ; ils traversent le hâloir d’un mur à l’autre, et y sont assujettis : c’est sur ces morceaux de bois qu’on pose le chanvre qu’on veut hâler, environ de l’épaisseur d’un demi-pied.
Tout étant ainsi disposé, une femme attentive entretient dessous un petit feu de chenevottes...
L’homme qui broie, prend de sa main gauche une grosse poignée de chanvre, et de l’autre la poignée de la mâchoire supérieure de la broye ; il engage le chanvre entre les deux mâchoires ; et en élevant et en baissant à plusieurs reprises & fortement la mâchoire, il brise les chenevottes ; en tirant le chanvre entre les deux mâchoires, il oblige les chenevottes à quitter la filasse ; et quand la poignée est ainsi broyée jusqu’à la moitié, il la prend par le bout broyé pour donner la même préparation à celui qu’il tenait dans sa main. Enfin quand il y a environ deux livres de filasse de bien broyée, on la plie en deux, on tord grossièrement les deux bouts l’un sur l’autre ; et c’est ce qu’on appelle des queues de chanvre, ou de la filasse brute.
Les deux pratiques, savoir, celle de tiller le chanvre, et celle de le broyer, ont chacune des avantages et des défauts particuliers. On a coutume de dire qu’il faut plus rouir le chanvre qu’on destine à faire des toiles fines, que celui qu’on ne veut employer qu’à de grosses toiles : et que celui qu’on destine à faire des cordages, doit être le moins roui.
Nous avons dit que le chanvre qui n’était pas assez roui, était dur, grossier, élastique, et restait chargé de chenevottes : on verra dans la suite que ce sont-là de grands défauts pour faire de bons cordages...
Dans tout ce que nous avons dit jusqu’à présent, le chanvre a été le fruit de l’industrie des paysans, et il a fait une partie du travail de l’homme des champs ; c’est dans cet état où on l’appelle filasse en brin, ou filasse brute ; et dans les corderies, du chanvre simplement dit.
On apporte les chanvres par gros ballots, on les délie pour voir s’ils ne sont pas mouillés ou fourrés de mauvaises marchandises... Ainsi quand on trouve des ballots fourrés, il faut ôter soigneusement toutes les matières étrangères... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • botanique
  • pathologie
  • pharmacie
  • plante médicinale
  • plante méditerranéenne
  • plante toxique

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2018, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [11/12/2018]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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