cantharide (n. f.)

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Scientifique

  • Litta vesicaria
  • Lytta vesicatoria

Autres noms

  • cantharide officinale
  • mouche d'Espagne
  • mouche de Milan

Anglais

  • soldier beetle
  • spanish fly

Etymologie

gr. kantaris

Définition

Fam. des méloïdés. Insecte coléoptère, de 1 à 2 cm, allongé, vert à reflets métalliques, à odeur forte de souris, phytophage (feuilles de frênes, lilas, troènes). La larve vit dans les nids d'abeilles.

Détails

La poudre de cantharide est vésicante, rubéfiante.

" Les Cantharides (Cantharis Geoffroy) sont caractérisées par leurs antennes à onze articles, assez longues et à peine épaissies vers l'extrémité ; par leurs tarses allongés, à crochets bifides, mais non pectines ; par leur corselet plus large que long; enfin, par leurs élytres à couleurs métalliques, recouvrant tout l'abdomen et un peu déhiscents à l'extrémité.
La Cantharitle officinale (C. vesicatoria L.), vulgairement Mouche d'Espagne, est l'Insecte vésicant par excellence. Elle mesure en moyenne 18 à 20 millimètres de long sur 4 à 6 de large. Le mâle est plus petit que la femelle. La tête est cordiforme, le corselet presque carré. Les élytres sont vert doré, avec reflets métalliques, granuleux, et parcourus vers leur, bord interne par deux fines nervures longitudinales. Les antennes et les tarses sont noirs.
Les Cantharides abondent surtout dans l'Europe méridionale, mais on les rencontre jusqu'en Suède. Aux environs de Paris, on ne les observe guère que tous les quatre ou cinq ans, au commencement de juin. Elles se jettent sur les frênes, dont elles dévorent les feuilles, puis sur les lilas, les troènes et autres Oléacées ; rarement elles attaquent d'autres plantes. Une odeur forte et désagréable décèle leur présence, et on peut les voir voler autour des arbres pendant les heures chaudes de la journée.
L'évolution des Cantharides est analogue à celle des Sitaris : Lichtenstein (de Montpellier) avait déjà réussi à en suivre expérimentalement toutes les phases, mais il restait à en déterminer les conditions naturelles. Après trois ans de recherches, Beauregard est parvenu à ce résultat. Il a reconnu la présence des pseudo-chrysalides de la Cantharide au milieu des cellules de divers Hyménoptères du genre Colletes. Les pseudo-chrysalides n'étaient pas cependant renfermées dans les cellules, mais gisaient au voisinage, dans le sable. On s'explique cette particularité en examinant l'armature buccale des larves, qui est assez puissante pour leur permettre, après avoir épuisé la provision de miel, de perforer la paroi très mince des cellules de Colletes pour s'enfouir dans le sol à quelque distance.
Actuellement le commerce de la droguerie tire en grande partie les Cantharides de la Russie méridionale. Pour les recueillir, on choisit le matin, parce que la fraîcheur de la nuit les a engourdies. On étend des draps sous les frênes envahis, et on secoue les branches de ces arbres. Puis on tue les Insectes en les plaçant sur des tamis de crin, au-dessous desquels on fait arriver des vapeurs de vinaigre chaud, ou bien en les soumettant à une température élevée. On les dessèche ensuite au soleil, ou mieux au four ou à l'étuve. Leur poids diminue alors à ce point qu'il en faut 13 pour 1 gramme. Lorsqu'on veut les réduire en poudre, il y a quelques précautions à prendre pour éviter une irritation assez vive de la conjonctive et de la pituitaire. La poudre est d'un gris verdâtre et toujours parsemée de points brillants ; elle a une odeur nauséeuse et une saveur âcre. Il importe de conserver les Cantharides dans des endroits secs et dans des flacons bien bouchés. L'humidité, en effet, détruit leur principe actif. D'autre part, elles sont susceptibles d'être attaquées par des Insectes : Anthrènes, Ptines, Dermestes, Attagènes, etc., et par des Acariens : Tyroglyphes, Glycyphages, etc. ; mais l'altération qui en résulte n'est pas très importante, car on a reconnu que les Cantharides rongées et vermoulues sont encore vésicantes, la proportion de la cantharidine ayant diminué tout au plus des deux cinquièmes...
D'autres espèces du même genre, qui se rencontrent en Algérie, en Grèce, en Italie, peuvent être employées comme succédanés.
Il en est de même des espèces du genre voisin Lytta Fabr. ou Epicauta Dejean, la plupart américaines. " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 891-3)

Section

  • zoologie

Classification scientifique

  • Meloidea

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [13/07/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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