froment (n. m.)

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Etymologie

lat. frumentum

Définition

- 1. Grains formés dans un épi,
- 2. Blé tendre (Triticum aestivum L., Triticum vulgare), (soft wheat, bread wheat) H. max. 1,5 m, feuilles larges, d'un vert tendre, épi à 4 arêtes, hexaploïde, servant à faire du pain, très utilisé en alimentation aviaire, cf blés,
- 3. Couleur de robe de bovin fauve.

Détails

" FROMENT, s. m. triticum, (Hist. nat. Bot.) genre de plante à fleurs sans pétales, disposés par petits paquets arrangés en forme d’épi. Chaque fleur est composée de plusieurs étamines qui sortent d’un calice écailleux, qui est le plus souvent garni de barbes. Le pistil devient dans la suite une semence oblongue, convexe d’un côté & sillonnée de l’autre : ces semences sont farineuses & enveloppées dans la balle qui a servi de calice à la fleur. Les petits paquets de fleurs sont attachés à un axe dentelé, & forment l’épi. Tournefort, instit. rei herb. Voyez Plante. (I)

Froment, (Economie rustiq.) c’est le plus pesant de tous les grains ; c’est celui de tous qui contient la farine la plus blanche, de la meilleure espèce, & en plus grande quantité. Destiné particulièrement à la nourriture de l’homme, son excellence le rend la matière d’un commerce nécessaire qui ajoute encore à son prix.
M. de Buffon pense que le froment, tel que nous l’avons, n’est point une production purement naturelle ; que l’existence de ce grain précieux n’est due qu’à la culture & à une longue suite de soins. En effet, on ne trouve point dans la nature de froment sauvage ; mais il n’y a encore là-dessus que des expériences trop incertaines, pour que cette opinion probable soit au rang des vérités reconnues.
Le grain de froment semé en terre, germe & pousse plusieurs tiges hautes de quatre à cinq pieds, droites, entrecoupées de trois ou quatre nœuds, & accompagnées de quelques feuilles longues & étroites qui enveloppent la tige jusqu’à six pouces de l’épi. Les épis placés au sommet de la tige sont écailleux, & forment un tissu d’enveloppes dont chacune renferme un grain : ce grain est oblong, arrondi d’un côté, sillonné de l’autre, & de couleur jaune.
On distingue plusieurs espèces de froment ; la différence en est légère : quant à la forme du grain, elle se fait remarquer principalement dans les épis. L’espèce la plus commune & la meilleure est celle dont l’épi est blanchâtre, sans barbe, & seulement écailleux. Celle qui est connue sous le nom de blé barbu, n’est cependant pas non plus sans mérite : on l’appelle ainsi, parce qu’effectivement l’épi est couvert & surmonté de barbes, comme sont les épis de seigle ; le grain en est ordinairement plus gros, la paille plus dure & plus colorée : on dit qu’il est moins sujet à verser ; mais la farine en est moins blanche que n’est celle du blé sans barbe. Le blé de Smyrne, ou blé de miracle, produit plusieurs épis assemblés en bouquet au haut de la tige. Il a quelques avantages, & encore plus d’inconvénients.
On sème tous ces grains en automne ; ils lèvent, & doivent couvrir la terre pendant l’hiver : on les appelle blés d’hiver, pour les distinguer d’une autre espèce de froment qu’on sème au printemps, & qui est connue sous le nom de blé de Mars ; il est communément barbu ; mais on en voit aussi qui est sans barbe. Ce blé, trop délicat pour soutenir de fortes gelées, mûrit dans les années favorables, en même temps que celui qui a passé l’hiver. En général, il produit beaucoup moins de paille, & un peu moins de grain ; il manque souvent : cependant c’est une ressource à ne pas négliger dans les terres argileuses, & dans celles que les pluies d’hiver battent aisément...
Le blé fleurit vers la fin de Juin ; chaque épi n’est en fleurs que pendant un ou deux jours : alors les pluies froides sont à craindre ; elles font avorter une partie des grains ; un mois se passe entre la floraison & la maturité. C’est pendant cet intervalle, qu’on redoute avec raison les brouillards, qui lorsqu’ils sont suivis du soleil, causent la maladie appelée rouille. Quelle que soit la manière dont les brouillards agissent, leur effet malheureux n’est que trop certain, les blés qui en ont été frappés ne grossissent plus ; les grains sont retraits, légers, & presque vides : l’expérience n’a point appris les moyens de prévenir cet accident ; & il paraît être de nature à tromper toutes les précautions que nous pourrions prendre. La rouille n’est à craindre que dans des années humides & tardives. Cette maladie, quoique très fâcheuse, l’est beaucoup moins que celle qu’on doit appeler nielle, & qui fait quelquefois de grands ravages : mais l’humanité doit tout récemment aux soins & à la sagacité de M. Tillet la découverte des causes de cette maladie, & de plusieurs remèdes qui la préviendront ou même l’anéantiront dans la suite. Voyez Nielle...
Lorsque le froment approche de la maturité, la tige jaunit à l’endroit nommé le collet, c’est-à-dire à l’extrémité de la tige qui approche de l’épi. Lorsqu’il en est à ce point, rien ne retarde plus les progrès qui lui restent à faire : les pluies même semblent hâter l’instant où il sera bon à couper. Si l’on tarde trop, il s’égraine, & on en perd une partie : mais ce qu’il y a de plus essentiel à remarquer pour la récolte, c’est de ne lier le blé en gerbe, & de ne le serrer que par un temps sec ; sans quoi, il s’échaufferait dans la grange, prendrait un mauvais goût ; & on perdrait totalement le grain & la paille.
La nouvelle méthode pour la culture des terres, & sur-tout pour celle du froment, a fait assez de bruit pour être examinée ici...
Lorsque le froment a été serré bien sec, on peut le garder assez longtemps en gerbes dans la grange. Cependant l’usage de le battre sur le champ est établi dans plusieurs pays. Cette opération se fait de différentes manières, dont aucune ne paraît avoir sur l’autre un avantage bien marqué. Le grain étant sorti de l’épi, on le vanne pour le séparer encore de la paille légère des enveloppes qui s’est détachée avec lui. Après cela on le passe par le crible pour le nettoyer mieux, & on le porte dans le grenier. Pendant les premiers six mois on fait bien de le remuer tous les quinze jours. Après cela il suffit de le faire tous les mois ; & la première année étant passée, on peut encore éloigner cette opération de quelques semaines. Le froment se conserve de cette manière pendant six ans au moins. M. Duhamel a éprouvé qu’on pouvait porter cette conservation beaucoup plus loin, avec un grenier d’une construction particulière. On y dessèche d’abord le grain par le moyen d’un étuve, & l’on entretient ensuite ce premier dessèchement à l’aide d’un ventilateur. M. Duhamel, sans rien oser assurer, présume avec de fortes raisons que cette manière de traiter le blé doit le préserver d’une espèce d’insectes très-dangereux, qu’on appelle charançons, & contre lesquels on n’a trouvé jusqu’à-présent aucun remède sûr. Voyez le traité de M. Duhamel sur la conservation des grains.
L’importance dont est le froment pour la vie des hommes, en a soumis d’une manière particulière la conservation & le commerce à la vigilance publique. La crainte de disettes a fait faire beaucoup de règlements précaires, & fait naître plus d’une fois l’idée des magasins publics. Mais avec une connaissance mieux approfondie des hommes & des choses, on a vu que de tels magasins seraient nécessairement mal régis, & exposeraient à un monopole odieux une denrée aussi nécessaire...
Il est étonnant qu’en France on ait pris pendant si longtemps de fausses mesures sur un objet dont tant d’autres dépendent. Il n’y a pas deux ans que le commerce du blé était défendu d’une province à l’autre. Souvent une partie des citoyens soumis au même maître mourait de faim, pendant que la province voisine était incommodée d’une abondance ruineuse pour les cultivateurs. Cet abus ne pouvait pas échapper à la sagesse du gouvernement, & il a cessé. Mais on ne peut pas penser aux avantages infinis qui résulteraient de l’exportation libre du blé dans un royaume aussi fertile, sans être affligé que cet encouragement soit encore refusé à l’agriculture. Voy. Grains, (Economie politique.) Cet article est de M. le Roi, lieutenant des chasses du parc de Versailles. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • alimentation
  • botanique
  • zoologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2022, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [04/10/2022]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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