vipère aspic (n. f.)

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Scientifique

  • Vipera aspis

Autres noms

  • aspic (vipère) (n. m.)
  • vipère commune (n. f.)
  • vipère cuivrée (n. f.)
  • vipère rouge (n. f.)

Anglais

  • asp
  • asp viper
  • aspic viper
  • European asp

Etymologie

Du latin aspis, aspic

Définition

Fam. des vipéridés (Viperidae). L. 75 cm. La tête, triangulaire, a un museau retroussé et des écailles petites et nombreuses. Le corps est trapu et la queue est courte.

Détails

Elle vit dans les lieux secs et pierreux. Active de mars à octobre. Mouvements lents. Elle est venimeuse (solénoglyphe).
Répartition : en Europe de l'Ouest au nord-est de l'Espagne, les parties sud et est de la France, l'Italie, et l'ouest de la Suisse.

" ASPIC, s. m. aspis, (Hist. nat. Zoolog.)... On a donné le nom d’aspic à un serpent de ce pays-ci, assez commun aux environs de Paris. Il paraît plus effilé et un peu plus court que la vipère. Il a la tête moins aplatie ; il n’a point de dents mobiles comme la vipère. Son cou est assez mince. Ce serpent est marqué de taches noirâtres sur un fonds de couleur roussâtre, et dans certain temps les taches disparaissent. Notre aspic mord et déchire la peau par sa morsure : mais on a éprouvé qu’elle n’est point venimeuse, au moins on n’a ressenti aucun symptôme de venin après s’être fait mordre par un de ces serpents, au point de rendre du sang par la plaie...   (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

" Vipère aspic (V. aspis L.). — Elle peut atteindre 0,7 m de longueur, mais ne dépasse pas ordinairement 0,50 à 0,60 m. La tête est aplatie, fortement élargie en arrière, recouverte d'écailles lisses en avant des orbites, où elles sont un peu plus grandes que celles du dos, puis entuilées et carénées en arrière, où elles sont plus petites. On remarque en outre, de chaque côté, une forte plaque sus-oculaire, qui ne dépasse pas le bord postérieur de l'œil,
et le plus souvent, entre ces deux plaques et sur la ligne médiane, une ou plusieurs écailles irrégulières, un peu plus grandes que les autres. Le museau est tronqué et un peu retroussé. Le tronc est recouvert d'écailles imbriquées et carénées, formant 21 ou 23 rangées longitudinales. La queue est courte, conique, renflée à la base chez les mâles, s'effilant graduellement chez les femelles. La couleur générale est extrêmement variable, tantôt grise, tantôt ferrugineuse, tantôt brune ou même noire. A la face supérieure de la tête il existe des taches plus ou moins constantes : souvent, en particulier, on observe en arrière deux bandes brunes formant un V ouvert ou fermé à sa pointe ; enfin, le dos est marqué de deux séries longitudinales de taches noires réunies par des bandes transversales ou obliques, formant une raie en zigzag. Mais il y a tant de diversité dans la coloration et dans la disposition des taches qu'on ne peut guère les faire intervenir comme éléments de diagnose. D'ailleurs, en dépit des caractères que nous venons de donner, on rencontre des individus à peine déterminables. Peut-être sont-ce des hybrides de V. aspis et de V. berus.
La Vipère aspic ou Vipère commune ne se rencontre qu'en Europe et dans le nord de l'Algérie. En France, elle est très inégalement répandue : on la trouve en abondance dans certains départements, tels que la Vendée, la Loire-Inférieure, les Deux-Sèvres, Indre-et-Loire, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, la Haute-Marne, la Haute-Saône, la Côte-d'Or, le Doubs, l'Aveyron, la Haute-Garonne et les Basses-Pyrénées ; elle est très rare et manque même dans d'autres, comme le Nord, l'Aisne, les Ardennes, la Marne. Meurthe-et-Moselle, l'Indre, le Cher, la Nièvre, Vaucluse, la Gironde, la Corse, etc. En ce qui a trait aux environs de Paris, on sait qu'elle abonde dans la forêt de Fontainebleau ; elle se trouverait aussi dans les forêts de Sénart et de Montmorency.
L'Aspic habite surtout les lieux secs et élevés : les coteaux arides et rocailleux, les pentes sablonneuses couvertes de bruyères et de genêts ; il se tient de préférence sur la lisière des bois ou des fourrés de ronces, mais on le rencontre quelquefois jusqu'au milieu des champs. Il se retire l'hiver dans des excavations souterraines, sous les souches, dans la mousse, et il n'est pas rare d'en trouver alors de nombreux individus enroulés en paquets ; à ce moment, il est engourdi et peu dangereux. Dès le printemps, il quitte sa retraite et se montre dans les endroits découverts, exposés au soleil. L'accouplement a lieu vers le mois d'avril, puis les Vipères se disséminent. La femelle, qui n'est apte à la reproduction que vers  l'âge de cinq ans, donne d'abord deux à cinq Vipereaux ; à un âge plus avancé, elle peut en produire jusqu'à quinze. C'est au mois de septembre qu'a lieu la ponte ; les petits se débarrassent aussitôt de la coque de l'œuf ; ils mesurent alors 13 à 20 centimètres ; ils sont aptes à vivre seuls, et se mettent à la chasse des Insectes ; leurs morsures sont déjà dangereuses.
Pendant la belle saison, la Vipère sort chaque jour de sa retraite dès le matin et se montre à découvert tant que la chaleur du soleil n'est pas trop intense ; mais elle reste généralement immobile, de sorte qu'on peut supposer qu'elle ne chasse que le soir ou la nuit. Elle se nourrit de Souris, Mulots, Taupes, Musaraignes, petits Oiseaux, peut-être aussi de Lézards et de Batraciens. Elle fuit en général devant l'Homme, et sa démarche est lourde, irrégulière. Mais lorsqu'elle est surprise, ou lorsqu'on l'attaque, elle se roule aussitôt en spirale, puis se détend brusquement, comme un ressort, ouvre largement la gueule, enfonce ses crochets dans la chair par un choc violent et les retire aussitôt. La_blessure est facile à distinguer de celle des Couleuvres, car elle ne présente que deux piqûres profondes correspondant aux deux crochets venimeux, tandis que les Couleuvres font une véritable morsure, caractérisée par l'impression de toutes les dents.
Nous avons dit plus haut que la quantité de venin contenue dans chacun des appareils venimeux de l'Aspic est évaluée à 0,07 g ; mais Moquin-Tandon estime que dans chaque piqûre l'animal en dépose seulement 0,02 g, soit 0,04 g en tout. Cette faible dose est suffisante pour provoquer des troubles fort graves (intoxication vipérique), capables même d'entraîner la mort chez l'Homme et les animaux. En ce qui concerne l'Homme, la mortalité par piqûres de Vipère présente un taux assez élevé : d'après Viaud-lirand-Marais, sur 370 morsures relevées en vingt ans dans la Vendée et  Loire-inférieure, il y a eu 53 cas de mort, soit 1 p. 7 ou 14,5 p. 100 ; sur ce nombre, 51 décès sont imputables à V. aspis, et 2 seulement à V. berus. Mais il est certain que le chiffre de 370 reste bien en dessous de la réalité, car un grand nombre de cas sans gravité n'ont pas été connus ; et c'est probablement pour cette raison que le même auteur, dans ses dernières publications, évaluait la mortalité des blessures d'Aspic en Vendée à 1 p. 25, enfants compris.
Parmi les animaux domestiques, les Chiens sont ceux qui sont le plus exposés aux morsures de Vipères, notamment les Chiens de chasse ; d'ordinaire les sujets atteints succombent en peu de temps, et ceux qui guérissent montrent souvent un affaiblissement marqué de l'odorat. Les herbivores sont d'ordinaire mordus aux lèvres ou au nez, en pâturant dans les bois ou le long des buissons ; assez souvent on a signalé des cas de mort à la suite de telles blessures, non seulement chez les Moutons et les Chèvres, mais aussi chez le Cheval. Roche-Lubin évaluait à une centaine le nombre des Moutons qui avaient péri de la sorte, dans le Larzac et les Causses, en 1830. On assure, mais le fait n'est peut-être pas bien établi, que les Chats résistent aux morsures de Vipères...
" (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1007-10)

Sections

  • animal méditerranéen
  • montagne
  • zoologie

Classification française

  • vipéridés

Classification scientifique

  • Viperidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [17/09/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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