vent (n. m.)

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Définition

- 1. Mouvement de l'air atmosphérique entre une zone de hautes pressions et une zone de basses pressions.
Exemple : les alizés.
- 2. Les gaz du corps, un gaz intestinal.
- 3. Odeur de l'animal chassé.

Détails

Exemples de noms de vents en Méditerranée selon leur direction : tramontane (du nord), grec (du nord-est), levant (de l'est), sirocco (du sud-est), marin (du sud), libeccio (du sud-ouest), ponant (de l'ouest), mistral (du nord-ouest).

La terre, plus ou moins réchauffée par le soleil réchauffe elle-même l'air atmosphérique à son contact. L'air chaud s'élève dans l'atmosphère en ce qui diminue la pression atmosphérique. Il se forme ainsi des zones de hautes pressions et des zones de basses pressions. L'air atmosphérique se déplace entre les zones de hautes pressions et les zones de basses pressions, formant du vent. Ce vent subit surtout l'influence de la rotation de la terre (force de Coriolis), et du relief terrestre, etc.

" VENT, s. m. (Phys.) une agitation sensible dans l’air, par laquelle une quantité considérable d’air est poussée d’un lieu dans un autre.
Les vents sont divisés en permanents, réglés, & variables, en généraux & particuliers.
Les vents permanents ou constants, sont ceux qui soufflent toujours du même côté ; il y a un de ces vents extrêmement remarquable entre les tropiques, lequel souffle constamment de l’est à l’ouest, & qu’on appelle vent général alizé. Voyez Alizé.
Les vents réglés ou périodiques, sont ceux qui reviennent constamment dans de certains temps. Tels sont les vents de terre & de mer qui soufflent de la terre à la mer sur le soir, & de la mer à la terre le matin. Tels sont encore les vents alizés, changeants & particuliers, qui dans certains mois de l’année soufflent d’un côté, & qui soufflent du côté opposé dans les autres mois. Par exemple, les vents appelés moussons, qui sont sud-est depuis Octobre jusqu’en Mai, & nord-ouest depuis Mai jusqu’en Octobre, entre la côte de Zanguebar & l’île de Madagascar. Voyez Mousson.
Les vents variables, sont ceux qui soufflent, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, & qui commencent ou cessent sans aucune règle, soit par rapport aux lieux, soit par rapport aux temps. Tels sont les vents observés dans l’intérieur de l’Angleterre, quoique quelques-uns paraissent suivre certaines heures, comme le vent d’ouest qui est assez fréquent sur le soir, le vent du sud dans la nuit, & le vent du nord le matin.
Le vent général est celui qui souffle dans le même temps & du même côté, sur une partie considérable de la terre & pendant la plus grande partie de l’année. Il n’y a de vent à qui on donne ce nom, que le vent général alizé.
Ce vent a cependant des interruptions, car 1°. dans les terres on ne s’en aperçoit presque pas, à cause qu’il est rompu par les montagnes, &c. 2°. en mer auprès des côtes, il est aussi détourné par les vapeurs, les exhalaisons & les vents particuliers qui viennent de terre ; en sorte qu’on ne le peut guère regarder comme général, qu’en pleine mer ; 3°. & en plaine mer même, il est sujet à être altéré par les nuages poussés des autres régions.
Les vents particuliers renferment tous les autres, excepté les vents généraux alizés.
Les vents particuliers d’un petit canton sont appelés vents topiques, tel est le vent du nord au côté occidental des Alpes, qui ne s’étend que sur environ deux lieues de long & beaucoup moins en largeur.
L’histoire des vents est assez bien connue par les soins de plusieurs physiciens qui ont voyagé ou qui se sont appliques dans leur pays pendant plusieurs années à la connaissance de ce météore. M. Muschenbroëck a donné sur ce sujet une dissertation fort curieuse à la fin de ses Essais de physique ; où il fait entrer non-seulement tout ce qu’il a observé lui-même, mais encore tout ce qu’il a pu recueillir des écrits de M. Halley, de M. Derham, &c. mais il s’en faut bien que nous soyons autant instruits touchant les causes ; j’entends les plus éloignées, celles qui occasionnent les premiers mouvements dans l’atmosphère : car on sait en général que les vents viennent immédiatement d’un défaut d’équilibre dans l’air, c’est-à-dire de ce que certaines parties se trouvant avoir plus de force que les parties voisines, s’étendent du côté où elles trouvent moins de résistance. Mais quelle est la cause qui produit ce défaut d’équilibre ; c’est ce qu’on ne sait encore que très-imparfaitement : nous allons cependant rapporter les principales opinions des Philosophes sur cette matière.

Cause physique des vents. Quelques philosophes, comme Descartes, Rohault, rapportent le vent général au mouvement de rotation de la terre, & tirent tous les vents particuliers de ce vent général. L’atmosphère, disent-ils, enveloppe la terre & tourne autour d’elle, mais elle se meut moins vite que la terre ; de sorte que les points de la terre qui sont, par exemple, situés sous l’équateur, se meuvent plus vite d’occident en orient, que la colonne d’air qui est au-dessus. C’est pourquoi ceux qui habitent ce grand cercle doivent sentir continuellement une espèce de résistance dans l’atmosphère, comme si l’atmosphère se mouvait à leur égard d’orient en occident.
Ce qui semble confirmer cette hypothèse, c’est que les vents généraux n’ont guère lieu qu’entre les tropiques, c’est à-dire dans les latitudes où le mouvement diurne est le plus prompt.
Mais on en voit aisément l’insuffisance par les calmes constants de la mer Atlantique vers l’équateur, par les vents d’ouest qui soufflent à la côte de Guinée, & les moussons d’ouest périodiques dans la mer des Indes sous l’équateur.
D’ailleurs, l’air étant adhérent à la terre par la force de la gravité, a dû avec le temps acquérir la même vitesse que celle de la surface de la terre, tant à l’égard de la rotation diurne, qu’à l’égard du mouvement annuel autour du soleil qui est environ trente fois plus considérable. En effet, si la couche d’air voisine de nous se mouvait autour de l’axe de la terre avec moins de vitesse, que la surface du globe qui lui est contiguë, le frottement continuel de cette couche contre la surface du globe terrestre, l’obligerait bientôt à faire sa rotation en même temps que le globe ; par la même raison la couche voisine de celle-ci en serait entraînée, & obligée à faire sa rotation dans le même temps ; de sorte que la terre & son atmosphère parviendrait fort promptement à faire leur rotation dans le même temps, autour de leur axe commun, comme si l’un & l’autre ne faisaient qu’un seul corps solide ; par conséquent, il n’y aurait plus alors de vents alizés.
C’est ce qui a engagé le docteur Halley à chercher une autre cause qui fut capable de produire un effet constant, & qui ne donnant point de prise aux mêmes objections, s’accordât avec les propriétés connues de l’eau & de l’air, & avec les lois du mouvement des fluides. M. Halley a cherché cette cause, tant dans l’action des rayons du soleil sur l’air & sur l’eau, pendant le passage continuel de cet astre sur l’Océan, que dans la nature du sol & la situation des continents voisins. Voici une idée générale de son explication.
Suivant les lois de la statique, l’air qui est le moins raréfié par la chaleur & qui est conséquemment le plus pesant, doit avoir un mouvement vers celui qui est plus raréfié, & par conséquent plus léger : or, quand le soleil parcourt la terre par son mouvement diurne apparent, ou plutôt quand la terre tourne sur son axe, & présente successivement toutes ses parties au soleil, l’hémisphère oriental sur lequel le soleil a déjà passé, contient un air plus chaud & plus raréfié que l’hémisphère occidental ; c’est pourquoi cet air plus raréfié doit en se dilatant, pousser vers l’occident l’air qui le précède, ce qui produit un vent d’est.
C’est ainsi que le vent général d’orient en occident peut être formé dans l’air sur le grand Océan. Les particules de l’air agissant les unes sur les autres, s’entretiennent en mouvement jusqu’au retour du soleil, qui leur rend tout le mouvement qu’elles pouvaient avoir perdu, & produit ainsi la continuité de ce vent d’est.
Par le même principe, il s’ensuit que ce vent d’est doit tourner vers le nord dans les lieux qui sont au septentrion de l’équateur, & tourner au contraire vers le sud dans les lieux qui sont plus méridionaux que l’équateur ; car près de la ligne l’air est beaucoup plus raréfié qu’à une plus grande distance, à cause que le soleil y donne à plomb deux fois l’année, & qu’il ne s’éloigne jamais du zénith de plus de 23 degrés ; & à cette distance, la chaleur qui est comme le quarré du sinus de l’angle d’incidence n’est guère moindre, que lorsque les rayons sont verticaux. Au lieu que sous les tropiques, quoique le soleil y frappe plus longtemps verticalement, il y est un temps considérable à 47 degrés de distance du zénith, ce qui fait une sorte d’hiver dans lequel l’air se refroidit assez pour que la chaleur de l’été ne puisse pas lui donner le même degré de mouvement que sous l’équateur ; c’est pourquoi l’air qui est vers le nord & vers le sud étant moins raréfié, que celui qui est au milieu, il s’ensuit que des deux côtés, l’air doit tendre vers l’équateur. Voyez Chaleur.
La combinaison de ce mouvement avec le premier vent général d’est, suffit pour rendre raison des phénomènes des vents généraux alizés, lesquels souffleraient sans cesse & de la même manière, autour de notre globe, si toute sa surface était couverte d’eau comme l’Océan atlantique & éthiopique. Mais comme la mer est entrecoupée par de grands continents, il faut avoir égard à la nature du sol & à la position des hautes montagnes. Car ce sont les deux principales causes qui peuvent altérer les règles générales des vents. Il suffit, par exemple, qu’un terrain soit plat, bas, sablonneux, tels qu’on nous rapporte que sont les déserts de Libye, pour que les rayons du soleil s’y mêlent & échauffent l’air d’une manière si prodigieuse, qu’il se fasse continuellement un courant d’air, c’est-à-dire, un vent de ce côté là.
On peut rapporter à cette cause, par exemple, le vent des côtes de Guinée, qui porte toujours vers la terre, & qui est ouest au lieu d’être est ; car on imagine bien quelle doit être la chaleur prodigieuse de l’intérieur de l’Afrique, puisque les seules parties septentrionales sont d’une chaleur si considérable, que les anciens avoient cru que tout l’espace renfermé entre les tropiques ne pouvait pas être habité.
Il ne sera pas plus difficile d’expliquer les calmes constants qui règnent dans certaines parties de l’Océan atlantique vers le milieu ; car dans cet espace qui est également exposé aux vents d’ouest vers la côte de Guinée, & aux vents alizés d’est, l’air n’a pas plus de tendance d’un côté que de l’autre, & est par conséquent en équilibre. Quant aux pluies qui sont fréquentes dans ces mêmes lieux, elles sont encore aisées à expliquer, à cause que l’atmosphère diminuant de poids par l’opposition qui est entre les vents, l’air ne saurait retenir les vapeurs qu’il reçoit.
Comme l’air froid & dense doit à cause de son excès de pesanteur presser l’air chaud & raréfié, ce dernier doit s’élever par un courant continuel & proportionnel à sa raréfaction ; & après s’être ainsi élevé, il doit pour arriver à l’équilibre, se répandre & former un courant contraire ; en sorte que par une sorte de circulation le vent alizé de nord-est doit être suivi d’un vent de sud-ouest.
Les changements instantanés d’une direction à celle qui lui est opposée, qu’on voit arriver dans le vent lorsqu’on est dans les limites des vents alizés, semblent nous assurer que l’hypothèse précédente n’est pas une simple conjecture ; mais ce qui confirme le plus cette hypothèse, c’est le phénomène des moussons qu’elle explique aisément, & qu’on ne saurait guère comment expliquer sans son secours.... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • chasse
  • géologie
  • milieu
  • physiologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [14/10/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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