venin de serpent (n. m.)

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Anglais

  • snake venom

Définition

Le venin inoculé par la morsure de serpent (snakebite poisoning) peut contenir neurotoxines, hémolysines, cytolysines, antibactéricides, antifibrines, hémorragines, thrombases, kinases et ferments. Le venin de serpent s'attaque au système nerveux. La mort peut se produire par asphyxie. Maintenir l'animal immobile et appeler un vétérinaire qui, entre autres, pourra injecter un sérum.

Détails

" La glande à venin des Protéroglyphes et des Solénoglyphes a la même origine, mais ses rapports sont quelque peu changés en raison de ce que les dents venimeuses sont reportées en avant. Elle occupe la zone temporale et se trouve enfermée dans une capsule fibreuse sur laquelle s'insère le muscle temporal antérieur; de plus, les muscles temporaux moyen et postérieur passent au-dessus d'elle et la compriment au moment même où ils déterminent la fermeture des mâchoires, de sorte que le venin est alors expulsé mécaniquement : il s'écoule par le canal excréteur, qui va s'ouvrir à la base du crochet venimeux. Le volume de la glande, et par suite la quantité de venin qu'elle fournit, sont en rapport plus ou moins direct avec la taille du Serpent ; du reste, il convient de remarquer que la provision n'est jamais épuisée en une seule fois.
Le venin est un liquide visqueux, limpide, incolore, ambré ou verdâtre, inodore, insipide ou plus rarement amer et caustique (Cobra) ; il a une densité de 1,030 à 1,045. Au moment de l'émission, il a toujours une réaction acide. L'examen microscopique ne montre, dans le produit frais, que de rares cellules épithéliales provenant des culs-de-sac sécréteurs et des conduits excréteurs, en même temps qu'un petit nombre de granulations albumineuses. Exposé à l'air, il se dessèche en prenant l'aspect d'un vernis écailleux; il peut alors conserver très longtemps son activité, et l'on conçoit ainsi combien il est dangereux de manier les crochets des animaux de collections ; d'ailleurs, beaucoup de peuplades sauvages empoisonnent leurs flèches avec du venin de Serpents. Il importe pourtant de remarquer que cette activité diminue dans une certaine mesure... Sous l'influence de l'humidité, le produit subirait la décomposition putride et perdrait peu à peu ses propriétés.
La composition chimique du venin des Serpents est encore bien peu connue... En résumé, les principes actifs du venin de Serpent seraient essentiellement représentés par des matières albuminoïdes (toxalbumines) de la nature des globulines et des peptones.
Mais l'étude physiologique du venin de Vipère a permis de reconnaître que ce produit développe deux ordres distincts de phénomènes : troubles locaux et troubles généraux, qui peuvent être dissociés...  Le venin semble donc renfermer deux principes actifs différents : 1° une substance à action phlogogène, comparable à certaines diastases, et à laquelle Phisalix et Bertrand proposent de réserver le nom d'échidnase ; 2° une substance à action générale, qu'ils appellent échidnotoxine.
Les troubles qui caractérisent l'action du venin sur l'organisme reçoivent le nom d'envenimation ophidienne ou d'échidnisme. Ils varient suivant une foule de conditions dépendant à la fois de l'animal inoculateur et du sujet inoculé.
En premier lieu, les différentes espèces de Serpents venimeux fournissent, ainsi qu'il a été dit plus haut, une quantité très variable de venin...  Il faut noter en outre que le liquide ne se reproduit pas instantanément, de sorte qu'un Serpent est d'autant moins dangereux qu'il a effectué des morsures plus récentes et plus nombreuses.
Le venin des Ophidiens paraît n'avoir aucune action sur les organismes unicellulaires. La plupart des Invertébrés y sont à peine sensibles, et d'une façon générale les Vertébrés y résistent d'autant mieux que leur température propre est moins élevée. Les Vertébrés à sang froid n'en subissent d'ordinaire les effets que d'une façon assez lente (à moins qu'on n'élève artificiellement leur température) et parfois même ne succombent pas ; les Mammifères sont au contraire très sensibles à son endroit, et les Oiseaux le sont encore davantage. Chez les animaux d'une même classe, d'ailleurs, le degré de résistance varie suivant l'espèce, la race, le sexe, l'âge et la constitution.
Le venin ne produit pas d'accidents lorsqu'il est introduit dans le tube digestif.. Sur la conjonctive, l'action est également nulle, comme aussi sur la peau intacte. Si la peau est excoriée, il peut se développer quelques effets locaux, mais on n'a jamais vu survenir d'accidents mortels (Fontana). Injecté dans la profondeur des tissus vivants, le venin agit avec une rapidité et une énergie variables suivant la nature de ces tissus. S'ils sont peu vasculaires, l'absorption est lente, et les accidents sont souvent peu marqués ; par contre, si la région est riche en vaisseaux, les troubles apparaissent rapidement et prennent un caractère grave ; à plus forte raison si le venin est injecté directement dans les veines. D'après Kaufmann, le venin déposé sur une plaie largement ouverte ne produit qu'une escarrification locale des tissus, et la mort ne sur-vient que dans des cas exceptionnels.
Un fait remarquable, c'est que le venin d'un Serpent reste sans action sur les animaux de son espèce et même, d'une façon générale, sur les autres Serpents venimeux, que ceux-ci possèdent ou non un appareil d'inoculation différencié...
Nous ne pouvons nous arrêter à décrire en détail les symptômes de l'échidnisme. Rappelons toutefois que ces symptômes doivent être distingués en locaux et généraux. Les premiers sont essentiellement d'ordre inflammatoire ; ils peuvent être assez intenses pour entraîner la gangrène des tissus et le développement de lymphangites avec engorgements ganglionnaires. Quant aux troubles généraux, ils témoignent surtout d'une action profonde sur le système nerveux, action qui retentit à des degrés divers sur les fonctions digestives, sur la circulation, la respiration, etc. Il n'est pas très rare même de voir se manifester des accidents lointains : cachexie, affaiblissement persistant de l'ouïe, de la vue et de l'odorat, douleurs périodiques au niveau de la région blessée. La mort, dans le cas d'intoxication ophidienne, résulte, d'après Kaufmann, de l'action paralysante qu'exerce le venin sur les petits vaisseaux et les capillaires, d'une modification des globules sanguins qui les rend aptes à sortir des vaisseaux, enfin d'une action stupéfiante et paralysante portant sur les centres nerveux, et en particulier sur le centre respiratoire. Dans quelques cas aussi, elle peut être l'aboutissant d'une infection microbienne secondaire ayant pour foyer les altérations locales.
Le venin inoculé se retrouve toujours en assez forte proportion dans les tissus altérés qui avoisinent le siège de la blessure : il s'accumule d'ailleurs dans le sang et s'élimine par les reins, par les glandes salivaires, par la muqueuse gastrique et probablement aussi par la muqueuse intestinale, enfin par la mamelle. D'après ces données, il convient de proscrire la manipulation et la consommation des viandes provenant d'animaux empoisonnés par le venin des Serpents.
En raison de la haute gravité des accidents d'échidnisme, il serait bien désirable de pouvoir communiquer à l'Homme et aux animaux utiles une immunité à leur endroit...  " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 994-8)

Section

  • pathologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [04/06/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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