venin (n. m.)

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Anglais

  • venom

Etymologie

lat. venenom, poison

Définition

Liquide toxique secrété par des glandes à venin chez certains animaux, tels que la vipère, le scorpion, l'abeille, etc. et injecté ou non dans le sang par piqûre ou morsure.

Détails

" Classe BATRACIENS... ou Amphibiens... Les autres [glandes], à répartition fixe, dont le fond montre de gigantesques cellules granuleuses, sont des glandes spécifiques ; on les rencontre spécialement à la face dorsale du corps et des membres : elles forment notamment deux groupes importants, désignés sous le nom impropre de parotides, sur la nuque de quelques Urodèles et d'un grand nombre d'Anoures.
Le produit de sécrétion de ces dernières glandes est un liquide laiteux et visqueux, constituant un véritable venin qui vient exsuder à la surface de la peau par suite de la contraction volontaire ou réflexe des muscles cutanés. A l'état frais, ce liquide a une réaction acide, attribuable à la présence d'une certaine quantité d'acide formique. Au microscope, il montre, d'après Zalesky et Calmels, une foule de granules ou mieux de globules entourés, comme ceux du lait, d'une enveloppe albumineuse, mais différant de ceux-ci en ce que l'eau pure les fait immédiatement éclater. Leur constitution chimique a été surtout étudiée par Calmels ; mais le résultat des recherches de cet auteur ne peut être accepté qu'avec de sérieuses réserves. Ils contiendraient essentiellement des acides (isocyanacétique et homologues) en combinaison dans des corps gras complexes que Calmels nomme pseudo-lécithines. Ces corps, se dédoublant sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, mettraient en liberté l'acide correspondant, lequel pourrait se dédoubler à son tour en donnant une carbylamine. Or, on sait que les carbylamines ont un pouvoir toxique considérable. Il est à noter en outre que le venin des Batraciens abonde en cristaux de Charcot (phosphate de spermine), lesquels dériveraient aussi de la décomposition des pseudo-lécithines. Le produit des glandes muqueuses a encore été peu étudié ; il parait renfermer lui-même des principes toxiques particuliers, comme on le verra plus loin. — Le venin des Batraciens résulte donc, en somme, du mélange, en proportions variables.de deux produits bien distincts.
Ajoutons que, dans une même espèce, ses propriétés sont plus marquées pendant la période de reproduction et chez les individus qui proviennent d'un climat plus chaud. Elles ne se perdent pas par la dessiccation. Le venin agit tantôt comme poison de la moelle (Salamandre), tantôt comme poison du cœur (Triton, Crapaud).
Comme les Batraciens ne possèdent pas d'appareil d'inoculation, ce venin ne peut avoir qu'un rôle purement défensif. En outre, sa richesse en matières grasses empêche la dessiccation de la peau et assure ainsi, concurremment avec le mucus, le maintien de ses fonctions. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 977-978)

Section

  • pathologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [20/09/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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