vènerie (n. f.)

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Autre nom

  • vénerie (n. f.)

Anglais

  • hunting
  • venery

Etymologie

lat. venari, chasser

Définition

- 1. Chasse avec des chiens courants en meute et art correspondant.

Détails

On distingue :
- la grande vénerie ou chasse à courre, pour le cerf, le chevreuil et le sanglier,
- la petite vénerie pour le renard, le lièvre, etc.
- 2. Officiers des chasses et leur administration.
photo Chasse à courre (grande vénerie). (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chasse_a_courre.jpg?uselang=fr).

" VENERIE, s. f. c’est l’art de chasser les bêtes sauvages avec des chiens courants. Cet art très-étendu, lorsqu’on veut en parcourir tous les détails, a été de tout temps fort cultivé en France. Une preuve de sa considération & de l’importance qu’on y a attachée, c’est qu’une grande partie des métaphores usuelles de la langue sont tirées des termes usités dans la vénerie. Nous avons plusieurs livres dans lesquels l’art de chasser est traité à fond. Entre ces ouvrages on distingue avec avantage ceux de Jacques du Fouilloux & de Robert de Salnove. Ils doivent être consultés par tous ceux qui veulent acquérir une connaissance approfondie des différentes pratiques de la chasse... Il nous suffit d’indiquer ici sommairement les points sur lesquels doit principalement se fixer l’attention du veneur.

La vénerie comprend toutes les espèces de chasse qu’on peut faire avec des chiens courants ; celles du cerf, du daimn, du chevreuil, du sanglier, du loup, du renard. Toutes ces chasses ont beaucoup de principes communs. Si chacune d’elles exige quelque différence dans le choix des chiens qui y conviennent, on emploie les mêmes moyens pour les rendre obéissants, sages, & gardant le change. Voyez Meute. Mais la connaissance des principes communs à toutes les chasses ne suffit pas au veneur ; il a besoin d’être instruit, relativement à chacun de ces animaux, de leurs inclinations distinctives, de leurs refuites, & de tous les différents moyens qu’ils emploient pour échapper à la poursuite. Voyez Instinct, Loup, Sanglier, &c. Ces connaissances sont surtout nécessaires pour le travail qui précède la chasse même, & duquel son succès dépend assez souvent.
Pour prendre à force ouverte des animaux sauvages, il est essentiel de ne pas fatiguer les chiens de meute par une quête inutile & souvent longue. Si d’ailleurs on veut joindre à la certitude de prendre le plaisir que donnent l’appareil & le bruit d’une meute nombreuse, il faut disposer avantageusement les relais. Il est donc nécessaire de savoir d’avance où est l’animal qu’on veut attaquer, & de prévoir, en raison de la connaissance qu’on a du pays & des inclinations des animaux de cette espèce, quelles pourront être ses refuites lorsqu’il sera lancé. Le travail par lequel on s’assure de l’endroit où l’on ira attaquer, est une partie considérable de la vénerie. Elle exige des connaissances très fines & en assez grand nombre.
Presque tous les animaux sauvages, carnassiers ou autres, cherchent leur nourriture pendant la nuit ; & à la pointe du jour ils entrent dans les parties de bois qui leur servent de retraite : c’est ce qu’on appelle se rembucher. Mais les bêtes de chaque espèce sont portées d’inclination à adopter des retraites différentes. Plusieurs même en changent selon les saisons. Un bon veneur doit être instruit de tous ces faits ; s’il va au bois pour le cerf, il doit savoir que depuis le mois de Décembre jusque vers celui d’Avril ces animaux se retirent en hordes dans le fond des forêts, dans les futaies où ils trouvent du gland, ou qui sont voisines des jeunes taillis : que pendant le printemps & la meilleure partie de l’été ils cherchent les buissons tranquilles & à portée des bons gagnages : que dans le temps du rut ils sont presque toujours sur pied, & n’ont point de rembuchement assuré. Il en est de même des autres animaux. La différence des saisons les porte à changer de retraite. Les loups, par exemple, qui pour l’ordinaire habitent les bois les plus fourrés & les plus épais, n’y rentrent guère pendant l’été lorsque les seigles & les blés sont assez hauts pour les couvrir. Dans cette saison les plaines deviennent bois pour eux.
Il ne suffit pas au veneur d’être instruit des connaissances relatives aux animaux qu’il veut détourner ; il faut qu’il soit muni d’un bon limier qui ait le nez fin & bien exercé, qui ne laisse point aller les vieilles voies, & qui ne s’emporte point jusqu’à crier sur celles qui sont fraîches. De la sûreté du chien dépend souvent le succès de la quête du veneur... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Sections

  • chasse
  • chien
  • travail
  • zootechnie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [14/08/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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