toucher (n. m.)

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Anglais

  • touch

Définition

- 1. Un des sens, celui qui détecte le contact du corps avec quelque chose et certaines de ses caractéristiques (pression, dureté, humidité, température, etc.).
- 2. Méthode sémiologique utilisant le sens du toucher avec le doigt ou le bras.
Exemple : Le toucher rectal est appelé exploration rectale. Il permet d'examiner l'anus, le rectum et la prostate

Détails

"Le toucher est étroitement associé à l'odorat. Tous les mammifères contraints de chercher leur subsistance sur le sol dépendent essentiellement de ce dernier sens pour leur nourriture. Grâce aux terminaisons sensorielles dont sont munies leurs pattes, ils suivent la trace de leurs futures proies. Odorat et toucher sont souvent solidaires ; ensemble ils constituent une sorte de « sens chimique » qui révèle à l'animal la nature des substances dont il se nourrit. Parfois il joue auprès de la bête le rôle de guide et favorise son orientation. "  (von Natzmer Gert et Daussy Henri, traducteur, 1955. Les secrets du monde vivant. Paris, Librairie Plon. 315 p., p. 146).

" TOUCHER, s. m. (Physiolog.) le toucher est un des sens externes, à l’aide duquel nous concevons les idées du solide, du dur, du mol, du rude, du chaud, du froid, de l’humide, du sec, & des autres qualités tangibles, de la distance, de la démangeaison, de la douleur, &c. Voyez Sens.
Le toucher est de tous nos sens le plus grossier, mais en même temps le plus étendu, en ce qu’il embrasse plus d’objets que tous les autres ensemble : même quelques-uns réduisent tous les autres sens au seul sens de l’attouchement. Voyez Sensation. Aristote dit positivement que toute sensation n’est qu’un attouchement, & que les autres sens, comme la vue, l’ouïe, le goût & l’odorat, ne sont que des espèces raffinées, ou des degrés d’attouchement. De anim. l. IV. c. iij. & l. III. c. xij. Voyez Vue, Ouïe, &c.

Les sentiments des naturalistes sont partagés, sur l’organe du toucher. Aristote croit que ce sens réside dans la chair, en tant que chair, de sorte que toute chair est, selon lui, capable de sensation. Hist. anim. l. I. c. iv. D’autres veulent que le toucher gisse dans les parties qui sont pourvues de fibres nerveuses ; suivant ce système il résiderait dans la peau, la chair, les muscles, les membranes, & les parenchymes ; d’autres le restreignent simplement à la peau, cutis, parce qu’on observe qu’il n’y a que les parties qui sont couvertes d’une peau, qui aient proprement la faculté de toucher ou d’apercevoir des qualités tangibles.
Mais on est encore partagé sur la partie de la peau à laquelle on doit attribuer cette fonction. Les uns veulent que cette sensation réside dans la partie membraneuse, d’autres dans la partie charnue, & d’autres encore soutiennent qu’elle est dans la partie moelleuse qui dérive des nerfs.
Malpighi, & d’après lui tous nos meilleurs auteurs modernes, prétendent que les organes immédiats du sens que nous nommons toucher, sont les papilles pyramidales de la peau. Ces papilles sont de petites éminences molles, moelleuses, & nerveuses, qui se trouvent par tout le corps immédiatement sous l’épiderme ; elles sont formées des nerfs sous-cutanés, qui pour cet effet se dépouillent de leur membrane externe, & deviennent extrêmement délicates & sensibles ; une humeur subtile & déliée les humecte continuellement, & l’épiderme ou la cuticule est tout ce qui les couvre & qui les défend d’injure. Ces papilles sont plus grandes & paraissent davantage dans les parties que la nature a destinées pour être les organes du toucher, comme dans la langue, dans les extrémités des doigts de la main & du pied ; elles ont la faculté de se contracter & de se dilater facilement. Voyez Papilles, voyez aussi Langue, Doigt, &c.

Le toucher se fait donc sentir ainsi : le bout du doigt, par exemple, étant appliqué à l’objet qu’on veut examiner, les papilles s’élèvent en vertu de cette intention de l’âme, & étant frottées légèrement sur la surface de l’objet, il s’y fait une ondulation qui par le moyen des nerfs qui les viennent joindre, se communique de-là au sensorium commun, & y excite la sensation du chaud, du froid, du dur, &c. Voyez Sensation.
Cela nous fait voir la raison pourquoi le toucher devient douloureux lorsque la cuticule a été emportée, brulée, macérée, &c. & pourquoi lorsque la cuticule devient épaisse & dure, ou qu’elle est cicatrisée, &c. on perd la sensation du toucher ; d’où vient l’engourdissement qu’on sent en touchant le torpedo, & pourquoi on sent une douleur si aiguë au-dessous des ongles & à leur racine, &c. Voyez Cuticule, Brulure, Calus.

Le toucher est par plusieurs raisons, le plus universel de nos sens : tous les animaux en sont pourvus. Pline observe que tous les animaux ont la sensation du toucher, même ceux qu’on croit dépourvus de tous les autres sens, comme les huitres & les vers de terre. Ce naturaliste dit que son opinion est que tous ont aussi un autre sens, qui est le goût : existimaverim omnibus sensum & gustatûs esse. Hist. nat. l. X. c. lxxj. Les autres sens sont bornés par des limites étroites ; le toucher seul est aussi étendu que le corps, comme étant nécessaire au bien-être de toutes ses parties.
Le sentiment du toucher, comme dit Cicéron, est également répandu par tout le corps, afin que nous puissions apercevoir dans chaque partie tout ce qui peut la mouvoir, & sentir tous les degrés de chaleur, de froid, &c. De nat. deor. l. II. c. lvj.
Les naturalistes disent que les araignées, les mouches, & les fourmis, ont la sensation de l’attouchement beaucoup plus parfaite que les hommes : cependant nous avons des exemples de gens qui ont su distinguer les couleurs au toucher ; & d’autres qui par la même sensation comprenaient les paroles que l’on disait. Voyez Couleur, & Sourd.
La sensation du toucher est effectivement si parfaite & si généralement utile, qu’on l’a vue quelquefois faire pour ainsi dire, la fonction des yeux, & dédommager en quelque façon des aveugles de la perte de la vue. Un organiste d’Hollande, devenu aveugle, ne laissait point de faire parfaitement son métier ; il acquit de plus l’habitude de distinguer au toucher les différentes espèces de monnaie, & même les couleurs ; celles des cartes à jouer, n’avaient pas échappé à la finesse de ses doigts, & il devint par-là un joueur redoutable, car en maniant les cartes, il connaissait celles qu’il donnait aux autres, comme celles qu’il avait lui-même. Même observ. de physiq. tom. II. p. 214.
Le scuplteur Ganibasius de Volterre, l’emportait encore sur l’organiste dont je viens de parler ; il suffisait à cet aveugle d’avoir touché un objet, pour faire ensuite une statue d’argile, qui était parfaitement ressemblante... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Sections

  • pathologie
  • physiologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [13/08/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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