ténesme (n. m.)

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Autre nom

  • tenesme (anc.) (n. m.)

Anglais

  • straining
  • tenesmus

Etymologie

de tendre

Définition

Envies douloureuses d'uriner ou de déféquer non satisfaites et fréquentes accompagnés d'efforts appelés épreintes.

Détails

Exemples :
- ténesme puerpéral (straining after parturition),
- ténesme urinaire (straining to urinate).

" TÉNESME, s. m. (Médecine.) maladie qui consiste dans une envie fréquente d’aller à la selle, & dans des efforts violents appropriés, qui n’ont que peu ou point d’effet. Les Grecs lui ont donné le nom de τηνεσμὸς, ou mieux τεινεσμὸς, dérivé de τείνειν, tendre, & τένος, tension, pour exprimer l’extrême contention des malades lorsqu’ils se présentent au bassin ; quelques-uns l’ont appelé βιασμὸς, de βία, effort, à cause de la violence des efforts qu’ils sont obligés de faire.
Le ténesme est quelquefois entièrement sec, le plus souvent il est accompagné de déjections, mais très modiques ; & ce ne sont point les excréments qui en sont la matière : mais quelques gouttes d’humeurs glaireuses, phlegmatiques, ou seules, ou mêlées avec des stries de sang, de la sanie ou du pus ; ces matières toujours âcres, corrosives, excitent en passant par le fondement, ou en se détachant, des douleurs & des cuissons vives, & un sentiment insupportable d’érosion. Il est rare que la fièvre survienne à ces accidents, à-moins qu’ils ne soient portés à un très-haut point d’intensité.
La cause générale qui les détermine, est une irritation constante qui a son siège à l’extrémité du rectum, ou sur le sphincter de l’anus ; cette irritation peut être produite par une inflammation, par un ulcère, par l’excoriation, le déchirement ; la blessure de cette partie à la suite d’un coup, d’une constipation opiniâtre qui n’aura pu être vaincue que par des efforts violents, de l’introduction forcée & maladroite de la canule d’une seringue, d’un suppositoire trop irritant, des ragades qui s’étendent jusque à la partie interne du sphincter, des hémorroïdes aveugles & douloureuses ; des ascarides qui sont ordinairement nichés à l’extrémité du rectum, peuvent aussi déterminer les mêmes symptomes ; aux causes locales qui agissant sur la partie affectée constituent le ténesme idiopathique, on peut ajouter celles qui produisent dans d’autres parties une irritation qui se communique par sympathie, c’est-à-dire, par les nerfs au sphincter de l’anus. Telles sont l’inflammation & l’ulcère des prostates, du col de la vessie, de la matrice, les tumeurs de cet organe, & les efforts d’un accouchement laborieux. Telle est aussi plus souvent l’irritation occasionnée par la pierre dans la vessie.
Le muscle qui détermine les excrétions des matières fécales étant irrité, doit suivant les lois de l’irritabilité ou sensibilité, entrer dans de fréquentes contractions, & donner lieu par-là aux efforts répétés, & à l’envie presque constante de cette excrétion : mais ces mêmes efforts en apparence destinés à emporter la cause du mal, ne font que l’enraciner davantage, & rendre la maladie plus douloureuse & plus opiniâtre : ...
Quoique le ténesme ne soit pas pour l’ordinaire mortel, il ne laisse pas d’être une maladie souvent sérieuse, la source de douleurs cuisantes, & de beaucoup d’incommodités ; lorsqu’il est produit par un ulcère du sphincter, il risque s’il est négligé de degénérer en une fistule qu’on ne guérit qu’avec beaucoup de difficulté, & qui peut même tendre à abréger les jours du malade. Lorsqu’il est la suite d’une légère excoriation, des vers ascarides, des hémorroïdes qui ont de la peine à percer, d’un accouchement difficile, &c. Il se dissipe assez promptement par la cessation de ces causes, par la mort ou l’expulsion de vers, le flux des hémorroïdes, & la sortie de l’enfant : alors il occasionne plus de désagrément que de danger. Il y a une circonstance où le ténesme peut devenir fâcheux, c’est lorsqu’il se rencontre dans une femme enceinte. Alors, suivant l’observation d’Hippocrate, dont la raison est assez claire, il excite l’avortement : mulieris utero gerenti tenesmus superveniens abortivè facit, (Aphor. 27. lib. VII.) le ténesme d’automne est pour l’ordinaire contagieux, & devient épidémique... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Section

  • pathologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [10/08/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32131 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 15547 photos ou dessins.