tarentule vraie (n. f.)

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Scientifique

  • Lycosa tarantula
  • Aranea tarantula
  • Tarentula apuliae

Autres noms

  • araignée-loup
  • lycose
  • lycose de Tarente (n. f.)
  • tarentule (n. f.)

Définition

Fam. des lycosidés. Grosse araignée velue, mondiale. Elle habite les champs et les prairies

Détails

" TARENTULE ou TARANTULE, dans l’histoire naturelle est un insecte venimeux, dont la morsure a donné le nom à la maladie appelée tarantisme.
La tarentule est une espèce d’araignée, ainsi appelée à cause de la ville de Tarente dans la Pouille, où elle se trouve principalement. Elle est de la grosseur environ d’un gland ; elle a huit pieds & huit yeux ; sa couleur est différente ; mais elle est toujours garnie de poils. De sa bouche sortent douze espèces de cornes un peu recourbées, dont les pointes sont extrêmement aiguës, & par lesquelles elle transmet son venin. M. Geoffroy observe que ses cornes sont dans un mouvement continuel, surtout lorsque l’animal cherche sa nourriture, d’où il conjecture qu’elles peuvent être des espèces de narines mobiles.
La tarentule se trouve en plusieurs autres endroits de l’Italie, & même dans l’île de Corse ; mais celles de la Pouille sont les seules dangereuses. On prétend même que celles-ci ne le sont plus lorsqu’elles sont transportées ailleurs. On ajoute que même dans la Pouille il n’y a que celles des plaines qui soient fort à craindre, parce que l’air y est plus chaud que sur les montagnes.
M. Geoffroy ajoute que, selon quelques-uns, la tarentule n’est venimeuse que dans la saison de l’accouplement ; & Baglivi dit qu’elle l’est seulement pendant les chaleurs de l’été, mais surtout pendant la canicule ; & qu’alors étant comme enragée, elle se jette sur tout ce qu’elle rencontre.
Sa morsure cause une douleur qui d’abord paraît à-peu-près semblable à celle que cause la piqure d’une abeille ou d’une fourmi. Au bout de quelques heures, on sent un engourdissement, & la partie affectée se trouve marquée d’un petit cercle livide, qui bientôt après devient une tumeur très-douloureuse. Le malade ne tarde pas à tomber dans une profonde mélancolie, sa respiration est très-difficile, son pouls devient faible, la connaissance diminue ; enfin il perd tout-à-fait le sentiment & le mouvement, & il meurt à-moins que d’être secouru. Mais ces symptomes sont un peu différents, suivant la nature de la tarentule & la disposition de la personne. Une aversion pour le noir & le bleu ; & au contraire une affection pour le blanc, le rouge & le vert sont d’autres symptomes inexplicables de cette maladie.
Tous les remèdes que la Médecine a pu découvrir par le raisonnement, consistent en quelques applications extérieures, en des cordiaux & des sudorifiques ; mais tout cela est peu efficace. Ce qui vaut infiniment mieux, & que la raison ne pouvait jamais découvrir, c’est la musique.
Dès que le malade a perdu le sentiment & le mouvement, on fait venir un musicien qui essaie différents airs sur un instrument ; & lorsqu’il a rencontré celui qui plaît au malade, on voit aussitôt celui-ci faire un petit mouvement : ses doigts commencent à se remuer en cadence, ensuite ses bras, puis ses jambes & tout le corps successivement. Enfin il se lève sur ses pieds & se met à danser, devenant toujours plus fort & plus actif. Quelques-uns continuent à danser pendant six heures sans relâche. On met ensuite le malade au lit ; & quand on juge qu’il est suffisamment reposé de sa danse, on le fait lever en jouant le même air pour danser de nouveau. On continue cet exercice pendant plusieurs jours, c’est-à-dire pendant six ou sept au plus. Alors le malade se trouve excessivement fatigué & hors d’état de danser plus longtemps, ce qui est la marque de la guérison ; car tant que le poison agit sur lui, il danserait, si l’on voulait, sans discontinuer jusqu’à ce qu’il mourût de faiblesse. Le malade se sentant fatigué, commence à revenir à lui-même, & se réveille comme d’un profond sommeil, sans aucun souvenir de ce qui lui est arrivé dans son paroxysme, & pas même d’avoir dansé.
Quelquefois il est entièrement guéri après un premier accès. Si cela n’est pas, il se trouve accablé de mélancolie, il évite la vue des hommes & cherche l’eau ; & si on ne veille exactement sur lui, il se jette dans quelque rivière. S’il ne meurt pas de cette fois, il retombe dans son accès au bout de douze mois, & on le fait danser de nouveau. Quelques-uns ont régulièrement ces accès pendant vingt ou trente ans. Chaque malade aime particulierement un certain air de musique ; mais les airs qui guérissent sont tous en général très-vifs & très-animés.  Ce que nous venons de rapporter fut communiqué en 1702 à l’académie royale des Sciences, par M. Geoffroy, à son retour d’Italie, & fut confirmé par les lettres du P. Gouye. Baglivi nous donne la même histoire dans une dissertation composée exprès sur la tarentule, & publiée en 1696.
Il n’est pas étonnant qu’on ait ajouté quelques fables à des faits si extraordinaires ; comme par exemple, que la maladie ne dure que tant que la tarentule vit ; & que la tarentule danse elle-même pendant tout ce temps-là le même air que la personne mordue... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Section

  • zoologie

Voir aussi

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2022, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [23/01/2022]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32365 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 18441 photos ou dessins.