sangsue (n. f.)

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Scientifique

  • Hirudo medicinalis L.

Autres noms

  • sangsue médicinale
  • sangsue officinale

Définition

Fam. des hirudinidés (Hirudinidae). Ver annélide achète.

Détails

Longueur 8-15 cm. La ventouse postérieure a la même largeur que le corps. Face ventrale foncée. Elle vit dans les marais, les eaux dormantes, les viviers, les lacs et les estuaires. Elle se fixe sur des animaux à sang chaud, surtout le bœuf, le cheval et l'homme. Sa piqûre n'est pas douloureuse. Elle était utilisée autrefois pour saigner les malades.

" Sangsue médicinale (Hirudo médicinalis L., 1758). — Corps déprimé, long de 80 à 120 millimètres, large de 12 à 20 millimètres; dos généralement gris olivâtre, avec six bandes rousses plus ou moins nettes ; bords olivâtres ; ventre bordé d'une bande noire rectiligne.
Cette espèce, dont le type est souvent désigné sous le nom de Sangsue grise, habite l'Europe et quelques parties de l'Afrique septentrionale.
Elle offre un grand nombre de variétés, caractérisées par des différences dans la teinte générale et dans la disposition des lignes et des taches du dos et du ventre. Une des plus connues est la sangsue verte, décrite comme une espèce particulière par Moquin-Tandon, sous le nom de H. officinalis. Elle se distingue à sa teinte verdâtre et à son ventre non maculé...  " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 578)

" C’est de cette petite espèce dont il s’agira dans cet article ; mais pour abréger sa description, déjà donnée fort au long par plusieurs naturalistes, comme par Loupart dans le journal des savants, année 1697, par Dillenius, dans les éphémerides des curieux de la nature, année 1718, & par d’autres ; je crois que nous pouvons omettre ici tout ce que l’on sait communément de la sangsue, & ce qui est facile à chacun d’apercevoir : 1°. par la simple inspection, comme les anneaux cutanés de son fourreau, l’arrangement & les couleurs des raies, des pyramides, des points dont ce même fourreau est orné, l’avidité des sangsues à sucer la chair des animaux, la façon dont elles appliquent leur bouche en forme de ventouse pour s’y attacher, une sorte de mouvement qu’on voit à-travers de leur peau quand elles sucent, & qui semble répondre aux mouvements de la déglutition : 2°. par des expériences faciles, comme le temps qu’elles vivent dans l’eau, sans autre nourriture que l’eau même, la faculté qui leur est commune avec plusieurs autres espèces d’animaux de se mouvoir, quoique coupées par morceaux, toutes ces choses sont suffisamment connues ; il vaut mieux nous arrêter à l’examen de ces parties, par lesquelles la sangsue a la propriété d’entamer la peau d’un autre animal, & de sucer son sang.
Il y a cinq parties différentes qui y concourent ; savoir, deux lèvres, une cavité, qui est proprement la bouche, des instruments pour entamer, d’autres pour sucer, & un gosier pour la déglutition.
Lorsque la sangsue est en repos, sa lèvre supérieure fait un demi-cercle assez régulier, & l’inférieure une portion d’un plus grand cercle. Quand la sangsue allonge sa tête pour avancer, le demi-cercle de la lèvre supérieure se change en deux lignes obliques, dont la jonction fait un angle saillant, que la sangsue applique d’abord où elle veut s’attacher, & qui est marqué par un petit point très noir au bord extérieur du milieu de la lèvre. La souplesse des fibres de cette partie, lui donne la facilité de prendre la figure dont l’animal a besoin pour tâtonner les endroits où il veut s’appliquer, afin de cheminer, ou pour développer les parties avec lesquelles il doit entamer la peau de quelque autre animal. Dans ces deux cas, ses deux lèvres toutes ouvertes se changent en une espèce de pavillon, exactement rond par les bords. Enfin, quand la sangsue est tout-à-fait fixée, par exemple, aux parois inférieurs d’une fiole, sa tête & sa queue sont tout-à-fait aplaties, & exactement appliquées à la surface qu’elles couvrent.
L’ouverture qui est entre les deux lèvres de la sangsue, est proprement sa bouche ; lorsqu’on a tenu ces deux lèvres dilatées un peu de temps par quelque corps dur, on en voit aisément la cavité. Cette bouche est comme les lèvres composée de fibres très-souples, moyennant quoi elle prend toutes les formes convenables au besoin de l’animal ; de façon que quand la sangsue veut s’attacher quelque part, elle ouvre d’abord les lèvres ; ensuite elle retourne sa bouche de dedans en-dehors, elle en applique les parois intérieurs, & de toute la cavité de sa bouche, on ne distingue plus qu’une petite ouverture dans le milieu, où la sangsue doit faire avancer l’organe destiné à entamer.
Cette dernière partie paraît avoir donné bien de la peine aux naturalistes, & tous ne sont pas absolument d’accord sur la forme. Il n’était pas raisonnable de croire que la sangsue n’avait qu’un aiguillon comme le cousin ; on savait bien qu’elle ne se bornait pas à faire une piqure, dont il n’aurait résulté qu’une ampoule, une élévation à la peau ; on devait sentir qu’il fallait nécessairement qu’elle fît une plaie, pour sucer le sang avec autant d’avidité, & en aussi grande quantité qu’elle le fait, & qu’un aiguillon ne suffisait pas pour cela. Aussi trouve-t-on peu d’auteurs de ce sentiment.
L’ouverture que la sangsue laisse apercevoir au milieu de la bouche, appliquée pour entamer, en triangulaire ; par conséquent on a dû imaginer que l’instrument qu’elle lance au-travers de cette ouverture pour entamer était triple, aussi cet instrument est-il à trois tranchants.
La découverte pourrait bien en être due à la simple observation de la plaie faite par la sangsue. En effet, si l’on examine cette petite plaie, elle représente sensiblement trois traits ou rayons qui s’unissent dans un centre commun, & qui font entre eux trois angles égaux, & l’on voit que ce ne sont point trois piqures, mais trois plaies. On ne le remarquera pas après avoir appliqué les sangsues à des hémorroïdes ; mais si elles l’ont été à d’autres endroits de la peau, & surtout d’une peau blanche, on voit le jour même de l’opération, un peu de sang coagulé qui recouvre la plaie ; le lendemain le petit caillot tombe, mais un léger gonflement confond tout. Enfin, le troisième ou quatrième jour, on voit distinctement les trois plaies marquées.
L’organe pour entamer est placé, comme on l’a déjà dit, entre l’ouverture faite par les deux lèvres & le fond de la bouche. Après avoir ouvert des sangsues par le ventre, & suivant la longueur de l’animal, & avoir cherché cet organe dans l’endroit désigné, c’est le tact qui en a d’abord découvert quelque chose. On observe qu’en passant le doigt sur l’endroit où est cet organe, l’on sent une impression pareille à celle que fait une lime douce sur le doigt, ce qui suppose déjà des parties, qui sont non-seulement raboteuses, mais solides & de la nature de l’os, ou tout-au-moins de la corne.
Considérant ensuite cette partie avec une grosse loupe, on voit que la membrane interne de la bouche vers son fond est hérissée de petites pointes capables, étant si près les unes des autres, de faire des lames dentées. Sur cette simple exposition, on concevra aisément, que si par quelque mouvement particulier, ces lames s’avancent ensemble, & dans le sens de l’ouverture triangulaire vers la partie à laquelle la sangsue applique sa bouche, elles doivent faire une plaie telle qu’elle a été décrite.
Mais dom Allou a été bien plus loin ; il y a découvert trois rangées de dents, ou trois petits râteliers, dont il a décrit la disposition & la structure.
Au-delà des râteliers, dans l’endroit où la bouche rétrécie de la sangsue commence à prendre la forme du canal, & où l’on se représenterait la luette dans l’homme, il y a un mamelon très apparent, & d’une chair assez ferme. Ce mamelon est un peu flottant dans la bouche, & il parait assez naturel de lui assigner l’office d’une langue. Lorsque les organes dont nous avons d’abord parlé, sont appliqués où la sangsue cherche sa pâture, lorsque les râteliers ont fait plaie, & que l’ouverture qui est à leur centre est parallèle au milieu de la triple plaie faite par les râteliers, il doit être facile au mamelon lancé au-travers de cette ouverture de faire le piston, & de servir à sucer le sang qui sort de l’entamure, pendant que la partie de la bouche continue aux lèvres, fait le corps de pompe.
Enfin se présente la cinquième partie de la bouche. L’on voit entre la racine du mamelon que l’on appelle la langue, & le commencement de l’estomac, un espace long d’environ deux lignes, garni de fibres blanchâtres, dont on distingue deux plans, l’un circulaire & l’autre longitudinal. Celles-ci se contractent apparemment pour élargir & raccourcir la cavité de la pompe ; les circulaires resserrent le canal, & déterminent vers l’estomac le sang qui vient d’être sucé.
Ce sang entre alors dans une poche membraneuse qui sert d’estomac & d’intestins à la sangsue, & qui occupe intérieurement une grande partie du reste de son corps. Si on introduit de l’air dans cette partie par la bouche de la sangsue, l’air entre dans un tuyau droit qui est au centre, & qui s’ouvre des deux côtés dans des sacs ou cellules bien plus larges que le tuyau principal. Ces sacs sont faits d’une membrane mince jusque vers la queue de l’animal, où la membrane est fortifiée de quelques fibres circulaires fort distinctes. Si on fait de ces sacs autant d’estomacs, on en pourra compter jusqu’à 24 dans une sangsue assez grosse.
Il y a apparence que le sang sucé par la sangsue séjourne longtemps dans les réservoirs, comme une provision de nourriture. M. Morand assure avoir la preuve, qu’il y est resté quelques mois presque entièrement caillé, plus noir que dans l’état naturel, & sans aucune mauvaise odeur ; & comme le sang d’un animal quelconque est le résultat de la nourriture qu’il a digérée, on pourrait croire que la sangsue ne vivant que du sang, n’a pas besoin d’une grande dépuration de la matière qui lui sert de nourriture. Au moins est-il vrai qu’on ne connaît point d’anus ou d’ouverture qui en fasse la fonction ; & s’il est absolument nécessaire que quelques parties hétérogènes s’en séparent, apparemment que cela se fait par une transpiration perpétuelle au-travers de sa peau, sur laquelle il s’amasse une matière gluante qui s’épaissit par degrés, & se sépare par filaments dans l’eau où l’on conserve des sangsues.
Comme cette matière en se délayant dans l’eau, ne forme que de petits lambeaux déchiquetés, M. Morand, pour rendre cette dépouille plus sensible, a mis des sangsues dans de l’huile, & les y a laissées plusieurs jours : elles y ont vécu, & lorsqu’il les a remises dans l’eau, elles ont quitté cette pellicule qui représentait alors une dépouille entière de l’animal, comme serait la peau d’une anguille.
On voit à l’occasion de cette expérience, qu’il n’en est pas des sangsues comme des vers terrestres, & qu’elles n’ont pas leurs trachées à la surface extérieure du corps. Il est vraisemblable qu’elles respirent par la bouche, mais de savoir quelle partie leur sert de poumons, c’est ce qui n’est pas encore connu, non plus que d’autres singularités qui les regardent. On ne sait de leur génération que ce qu’en rapporte Rai, qui dit qu’on trouve quelquefois de jeunes sangsues fort petites attachées ensemble par le ventre en manière de grappes. (D. J.)  " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • cheval
  • parasitologie
  • pathologie
  • zoologie

Classification française

  • annélide
  • achète

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2018, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [20/11/2018]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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