sanglier (n. m.)

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Scientifique

  • Sus scrofa Linné 1758

Autres noms

  • bête noire
  • sanglier d'Europe (n. m.)

Anglais

  • wild boar
  • wild pig

Etymologie

du lat. 'singulier', qui est seul ; scrofa : du latin truie

Définition

Famille des suidés (Suidae), sous-ordre des artiodactyles. Porcin sauvage vivant dans les fourrés épais. C'est le grand mammifère sauvage le plus répandu dans le monde. La femelle est la laie, et le jeune, le marcassin. Il devient bête rousse, bête de compagnie (noir et encore avec sa mère), ragot (noir et parfois encore avec sa mère), puis tiers-an (3 ans), quartanier (4 ans), vieux-sanglier (5 ans) et enfin grand vieux-sanglier (6 ans et plus).

Descr. : L. jusqu'à 2 m, longueur caudale 20 cm, poids 80 à 300 kg. Hauteur au garrot 80 cm à 1,2 m. Le corps est massif, la tête grosse et la pattes courtes. Les adultes sont gris à brun foncé, et les jeunes sont rayés.
Les canines inférieures des mâles sont très longues et forment des défenses ou broches ou dagues. Les canines supérieures, les grès, sont recourbées vers le haut. La formule dentaire est complète (44 dents) et le nombre de mamelles est le plus élevé : 7 paires.


Détails

Habitat : Il vit en Europe, Afrique du Nord, et en Asie jusqu'au Japon. Il recherche les endroits chauds, les forêts, avec des mares à proximité où il peut se rouler pour se protéger des insectes et des parasites.
Mœurs : Le sanglier est très rustique. Il se nourrit la nuit dans les cultures, de pommes de terre surtout. Il est omnivore et fouille le sol pour dénicher des champignons, des racines, des fruits et insectes. Mais il mange aussi des petits rongeurs ou des cadavres de mammifères. Le sanglier grogne, grommelle, nasille ou roume. Il vit en troupe, sauf les vieux mâles appelés "solitaires". Les laies (femelles) vivent ensemble et ne rencontrent les mâles, solitaires, qu'au moment du rut, entre octobre et mars. La hiérarchie entre les mâles pour obtenir les femelles, s'établit après des combats. Le mâle est polygame. La femelle, la laie, met bas après 3 mois, 3 semaines et 3 jours, de 3 à 10 marcassins (en moyenne 6), rayés de bandes longitudinales beiges sur fond brun jusqu'à 6 mois. Les soies sont utilisées en brosserie.

" Bien peu d'animaux offrent une chair plus excellente ; elle a de plus la propriété de se conserver longtemps au moyen du sel. Sa nourriture demande peu de soin, et sa fécondité surpasse de beaucoup celle des autres animaux de sa taille, la femelle produisant jusqu'à quatorze petits ; elle porte quatre mois et deux fois par an. " (Crespon J., 1844. Faune méridionale ou description de tous les animaux vertébrés vivants et fossiles, sauvages ou domestiques... du Midi de la France. Nîmes, Chez l'auteur ed., 2 vol., 1er vol., 320 p., p. 89)

"  Le Sanglier d'Europe (S. scrofa L.) a le corps ramassé, la tète allongée, à front plat, les oreilles droites, les membres forts, la queue tordue. Le corps est revêtu de soies raides, qui se hérissent en crinière sur la nuque et sur le dos. La teinte générale du pelage est gris foncé ; les marcassins conservent jusqu'à l'âge de six mois une livrée à bandes longiludinales alternativement fauves et noires ; à six mois, l'animal devient bête rousse pour les chasseurs ; à 1 an, bête noire ou de compagnie ; à 2 ans, ragot ; à 3 ans, tiers-an ; à 4 ans, quart-an ou quartenier ; c'est à partir de 6 ans environ que les mâles deviennent solitaires.
Le Sanglier commun habite les régions tempérées de l'ancien continent ; mais il disparait peu à peu devant l'Homme, et on ne le rencontre plus guère aujourd'hui que dans les grandes forêts. Le rut n'a lieu généralement qu'une fois par an, vers décembre : à ce moment, les solitaires rejoignent les troupeaux et en chassent les mâles les plus faibles ; dix-huit semaines environ après l'accouplement, la laie met bas 4 à 6 marcassins quand elle est jeune, et jusqu'à 12 quand elle est vieille. La chair des Sangliers, et surtout des individus jeunes, est très estimée.
D'après David LOT. les individus entretenus en captivité tendraient à prendre les caractères des Porcs domestiques: les membres, dit cet auteur, deviennent plus longs, le groin s'allonge, le duvet disparait. Ces observations, d'ailleurs assez superficielles, sont loin d'avoir la portée qu'on a voulu leur attribuer.
A l'état sauvage même, les Sangliers présentent des variations morphologiques très étendues. Ceux des marais, dit Brehm, sont beaucoup plus grands que ceux des forêts sèches, et les formes qui peuplent les îles de la Méditerranée sont à peine comparables à notre type continental. De même, le Sanglier de Barbarie constitue comme une race géographique distincte, etc. " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1107-8)

" Sanglier, aper, (Hist. nat. Zoolog.) animal quadrupède de même espèce que le cochon domestique & le cochon de Siam. Quoique ces animaux n’aient à chaque pied que deux doigts qui touchent la terre, & que ces doigts soient terminés par un sabot, ils diffèrent beaucoup des animaux à pied fourchu, non-seulement par la conformation des jambes & des pieds, mais encore en ce qu’ils n’ont point de cornes, qu’ils ne manquent pas de dents incisives à la mâchoire supérieure, qu’ils ont des dents canines très longues, connues sous le nom de défenses & de crochets, qu’ils ne ruminent pas, qu’ils n’ont qu’un estomac, &c. La partie du groin du sanglier & des cochons, à laquelle on donne le nom de boutoir, est formée par un cartilage rond qui renferme un petit os. Le boutoir est percé par les narines & placé au-devant de la mâchoire supérieure. Cette partie, qui est le nez, a beaucoup de force ; ces animaux s’en servent pour fouiller dans la terre. Le sanglier a la tête plus longue, la partie inférieure du chanfrein plus arquée, & les défenses plus grandes & plus tranchantes que les crochets des autres cochons. Sa queue est courte & droite. Il est couvert, comme les cochons, de grosses soies dures & pliantes ; mais il a de plus un poil doux & frisé, à-peu-près comme de la laine ; ce poil est entre les soies & a une couleur jaunâtre, cendrée, ou noirâtre sur différentes parties du corps de l’animal, ou à ses différents âges. Tant que le sanglier est dans son premier âge, on le nomme marcassin ; alors il a des couleurs qu’il perd dans la suite, c’est ce que l’on appelle la livrée : elle est marquée sur le fœtus dès qu’il a du poil ; elle forme des bandes qui s’étendent le long du corps depuis la tête jusqu’à la queue, & qui sont alternativement de couleur de fauve clair & de couleur mêlée de fauve & de brun ; celle qui se trouve sur le garrot & le long du dos est noirâtre. Il y a sur le reste de l’animal un mélange de blanc, de fauve & de brun. Lorsque le sanglier est adulte, il a le groin & les oreilles noirs, & le reste de la tête de couleur mêlée de blanc, de jaune & de noir dans quelques endroits. La gorge est roussâtre ; les soies du dos sont les plus longues, couchées en arrière, & si serrées que l’on ne voit que la couleur brune roussâtre qu’elles ont à la pointe, quoiqu’elles aient aussi du blanc sale & du noir, dans le reste de leur étendue. Les soies des côtés du corps & du ventre ont les mêmes couleurs que celles du dos ; mais comme elles sont moins serrées, le blanc y paraît avec le brun ; les soies des aisselles & des aines sont roussâtres ; celles du ventre & de la face intérieure des cuisses sont blanches en entier, à l’exception de la pointe qui est rousse ; la tête & le bout de la queue & le bas des jambes sont noirs.
Quoique les sangliers soient fort gourmands, ils n’attaquent ni ne dévorent pas les loups ; cependant ils mangent quelquefois de la chair corrompue, mais c’est par nécessité. On ne peut nier que les cochons ne soient avides de sang & de chair sanguinolente & fraîche, puisqu’ils mangent leurs petits & même des enfants au berceau. Le sanglier & les cochons aiment beaucoup les vers de terre & certaines racines, comme celles de la carotte sauvage ; c’est pour trouver ces vers & pour couper ces racines qu’ils fouillent la terre avec leur boutoir. Le sanglier, dont la hure est plus longue & plus forte que celle du cochon, fouille plus profondément & presque toujours en ligne droite dans le même sillon ; au lieu que le cochon fouille çà & là & plus légerement. Pendant le jour le sanglier reste ordinairement dans sa bauge au plus fort du bois ; il en sort le soir à la nuit pour chercher sa nourriture : en été, lorsque les grains sont mûrs, il fréquente toutes les nuits dans les blés ou dans les avoines. Il est rare d’entendre le sanglier jeter un cri, si ce n’est lorsqu’il se bat & qu’un autre le blesse : la laie crie plus souvent. Quand ils sont surpris & effrayés subitement, ils soufflent avec tant de violence qu’on les entend à une grande distance.
Dans le temps du rut, le mâle demeure ordinairement trente jours avec la femelle dans les bois les plus solitaires ; il est alors plus farouche que jamais ; il devient même furieux, lorsqu’un autre vient occuper sa place ; ils se battent & se tuent quelquefois. La laie ne se met en fureur que lorsqu’on attaque ses petits ; elle ne porte qu’une fois l’an. Elle reçoit le mâle aux mois de Janvier & de Février, & met bas aux mois de Mai ou Juin. Elle allaite ses petits pendant trois ou quatre mois ; elle les conduit jusqu’à ce qu’ils aient deux ou trois ans. Il n’est pas rare de voir des laies accompagnées de leurs petits de l’année & de ceux de l’année précédente. La vie du sanglier peut s’étendre jusqu’à vingt-cinq ou trente ans. Il n’y a que la hure qui soit bonne à manger dans un vieux sanglier ; au lieu que toute la chair du marcassin & celle du jeune sanglier qui n’a pas encore un an est délicate & même assez fine. Les anciens étaient dans l’usage de faire la castration aux marcassins qu’on pouvait enlever à leur mère. Après quoi, on les reportait dans les bois où ils grossissaient plus que les autres, & leur chair était meilleure que celle des cochons domestiques. Hist. nat. gén. & partic. tom. V.  " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • animal méditerranéen
  • montagne
  • porc, porcin
  • zoologie

Classification française

  • mammifères
  • suidés

Classification scientifique

  • Suidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [23/09/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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