salamandre (n. f.)

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Scientifique

  • Salamandra salamandra (L.)
  • Salamandra maculosa
  • Lacerta salamandra

Autres noms

  • salamandre commune
  • salamandre de feu (n. f.)
  • salamandre tachetée
  • salamandre terrestre (n. f.)

Anglais

  • fire salamander

Définition

Fam. des salamandridés (Salamandridae). L. 15 à 25 cm. Salamandre dont la peau, luisante, est noire et avec des taches jaunes ou oranges, bien visibles pour prévenir les prédateurs qu'elle est toxique.

Détails

Elle vit à l'ombre, en zones boisées, en Europe, Asie Mineure et Afrique du Nord.
Elle reste près des ruisseaux et des étangs où vivent les larves.
Le jour, elle se cache. Elle hiberne.
Elle mange limaces, vers, insectes, myriapodes.
La femelle ovovivipare pond dans l'eau.
Longévité jusqu'à 25 ans.
François 1er de France a choisi la salamandre comme emblème, un emblème d'origine italienne (elle évoque le feu). D'une part, elle se réfugie le jour dans le bois mort et peut sortir des flammes lorsqu'on jette ce bois au feu. D'autre part, elle secrète une substance protectrice et toxique qui ralentit la combustion des braises, mais ne la protège qu'un temps limité. Enfin, sa couleur peut évoquer les flammes.

" Cette Salamandre est la plus grande de toutes celles que l'on rencontre en France et en Europe. Elle habite les parties élevées de nos départements les plus méridionaux ; celles que j'ai reçues me sont venues des environs d'Anduze. Ces Reptiles fréquentent les lieux ombragés et humides, sous les pierres et les racines, et dans les bois pourris ; ils pénètrent dans les caves et les appartements voisins des champs. Les gens de la campagne redoutent beaucoup la Salamandre, et prétendent que son souffle ou son regard peut occasionner la mort. Enfin, il n'est pas de fables, plus absurdes les unes que les autres, que l'on ne fasse sur cet animal, qui n'a d'autres mauvaises qualités que d'être laid, et de suinter une liqueur blanche, âpre et d'une odeur incommodante, qui peut, tout au plus, être funeste à de petits animaux ; voilà, peut-être, la cause de l'aversion que l'on a pour elle. Cette Salamandre ne va à l'eau qu'au moment du frai, et les jeunes ne s'y tiennent que pendant le court espace de temps qu'ils sont en état de Têtard. Elle est très lente dans ses mouvements, bien même qu'on la regarde de près, et ne s'éloigne guère de sa demeure qui, ordinairement, est un trou. Lorsque le temps est pluvieux, elle se montre en plein jour : autrement, ce n'est que la nuit qu'elle sort. Sa nourriture consiste en lombrics, en limaçons , en insectes et en vers. " (Crespon J., 1844. Faune méridionale ou description de tous les animaux vertébrés vivants et fossiles, sauvages ou domestiques... du Midi de la France. Nîmes, Chez l'auteur éd., 2 vol., 2e vol., 360 p., p. 265)

" La Salamandre terrestre (Salamndra maculosa) a le corps noir, avec des taches jaune d'or irrégulièrement disposées. De chaque cédé de la ligne médiane dorsale, à partir de la nuque, elle porte une série de cryptes glandulaires ; sur les parties latérales du cou, on remarque également une forte plaque ou « parotide » percée de larges pores.
Cette espèce est répandue dans toute l'Europe à partir du sud de la Suède, dans le nord de l'Afrique et en Asie Mineure ; Parâtre a montré qu'elle n'est pas rare aux environs de Paris.
Dès 1851, Gratiolet et Cloëz ont appelé l'attention sur les sécrétions venimeuses de cet animal. Vulpian, Albini, Roth, Phisalix, etc., ont depuis lors étudié avec soin la production et l'action physiologique du venin. Selon Phisalix, les glandes cutanées comprennent, ainsi qu'on l'a vu plus haut : 1° des « glandes spécifiques », à répartition fixe, à sécrétion blanche, crémeuse et très acide ; 2° des « glandes à mucus », extrêmement nombreuses, répandues sur toute la surface de la peau et donnant un liquide filant, savonneux, très abondant, à réaction alcaline. La sécrétion des glandes spécifiques n'est pas activée par les excitations extérieures les plus variées, mais on peut la provoquer par l'excitation de divers points du système nerveux. Le centre général qui préside à cette sécrétion a pour siège les lobes optiques.
Le principe actif du produit obtenu dans ces conditions avait déjà été entrevu par Gratiolet et Cloëz, qui l'avaient reconnu pour un alcaloïde. Zalesky l'a étudié plus complètement et l'a nommé samandarine ou salamandrine ; il lui attribue la formule complexe C34H60N2O5. Soluble dans l'eau et dans l'alcool, il cristallise en longues aiguilles et donne des sels neutres avec les acides. C'est un poison du système nerveux : injecté dans les veines à l'état de chlorhydrate, il amène en peu de temps la mort, en provoquant un état convulsif très remarquable ; mais il paraît sans action sur le cœur.
Les glandes muqueuses sécrètent abondamment sous l'influence des excitations mécaniques, chimiques ou thermiques. Le liquide qu'elles fournissent renferme aussi un principe actif, mais celui-ci, soluble dans l'eau, est insoluble dans l'alcool ; il cristallise en aiguilles qui se groupent en cônes réunis deux à deux par le sommet. L'injection de cette substance à de petits Oiseaux ou Mammifères amène un état de stupeur avec prostration et affaiblissement musculaire ; l'animal meurt avec le cœur en diastole.
Le venin représente en somme le produit des deux ordres de glandes. Son activité est considérable ; il peut la conserver, même à sec, pendant plus d'un an. Les Grenouilles et les petits Poissons succombent dans l'eau où l'on place une Salamandre. Les Oiseaux auxquels on injecte le liquide en nature sous la peau meurent plus ou moins rapidement, après avoir éprouvé des convulsions épileptiformes. Certains Mammifères, comme le Cobaye et la Souris, résistent mieux et reviennent à la santé après quelques convulsions. Si l'on introduit le venin par le tube digestif, il ne produit que peu ou point d'effets ; cependant, Phisalix a tué un tout jeune Chien par un simple dépôt de ce produit à la surface de la langue. Les Grenouilles, Tritons et Crapauds succombent rapidement à l'injection d'une seule goutte. Quant à la Salamandre elle-même, elle jouit d'une immunité relative à l'égard de son propre venin : les effets ne se manifestent qu'avec de fortes doses et toujours tardivement.
Cette résistance semble devoir être interprétée comme le résultat d'une accoutumance due à l'absorption continuelle de produits fournis par les glandes cutanées (sécrétion interne). Il résulte en effet des recherches de Phisalix que le sang de la Salamandre contient, comme le venin lui-même, des principes actifs entièrement solubles dans l'alcool et appartenant, au moins en partie, au groupe des leucomaïnes ; ces principes ont les mêmes propriétés physiologiques que le venin, mais se montrent seulement en faible proportion. Phisalix a obtenu chez le Chien l'accoutumance graduelle à des doses croissantes par des injections quotidiennes de chlorhydrate de salamandrine. " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 982-4)

Sections

  • animal méditerranéen
  • montagne
  • zoologie

Classification scientifique

  • Salamandridae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [10/04/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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