ruche (n. f.)

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Autre nom

  • bornhon (occitan)

Anglais

  • beehive
  • hive

Etymologie

du gaulois

Définition

Habitation naturelle ou artificielle des abeilles faite alors de façon à permettre de prélever le miel aisément.

Détails

La distance entre les ruches et les propriétés voisines ou la voie publique est réglementée en France. Les abeilles ont été élevées d'abord dans des arbres creux, puis dans des ruches (apiculture). La ruche naturelle est souvent pendue à un arbre ou logée dans le creux d'un tronc d'arbre. En Afrique, l'apiculture moderne est pratiquée dans des ruches kenyanes (trapézoïdales) ou dans des ruches pourvues de cadres mobiles de différents types : ruche Dadant Blatt à 10 ou à 12 cadres, ruche Langstroth, ruche Voirnot à 10 cadres carrés, ruche Layens.

" Lorsqu'on examine une ruche, on y voit des rayons qui descendent verticalement du sommet et sont d'ordinaire parallèles entre eux, séparés par des espaces libres, d'un centimètre environ. Ce sont des ouvrières qui construisent ces rayons, avec la cire qu'elles sécrètent. Les rayons sont formés de deux couches de cellules hexagonales (alvéoles), adossées par le fond, de manière à économiser le plus possible et l'espace et les matériaux de construction. On distingue trois sortes d'alvéoles. Les plus petits contiennent, les uns du miel et du pollen, les autres des œufs ou des larves (couvain) d'ouvrières : ces cellules, de beaucoup les plus nombreuses, occupent le centre de la ruche. D'autres alvéoles plus grands sont destinés à l'élevage des mâles. Enfin, les cellules qui doivent donner des femelles, ou cellules royales, en très petit nombre, très grandes et cupuliformes, sont généralement établies au bord des rayons. " (Railliet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 867-8)

" RUCHE, s. f. (Œconom. rustiq.) panier à serrer & nourrir des mouches à miel ; il n’y a rien de décidé, ni pour la matière, ni pour la forme des ruches ; on en fait de planches, de pierre, de terre cuite, de troncs ou d’écorces d’arbres, de paille, d’éclisse, d’osier, & de verre, pour voir travailler les abeilles. Il y en a de rondes, de quarrées, de triangulaires, de cylindriques, de pyramidales, &c.
Celles de paille sont les meilleures, & coutent le moins. Elles sont chaudes, maniables, propres aux abeilles, résistent aux injures du temps, & ne sont point sujettes à la vermine ; les mouches s’y plaisent, & y travaillent mieux que dans toute autre sorte de ruches [sic]. Pour faire des ruches de planche, on prend du chêne, du hêtre, du châtaigner, du noyer, du sapin, ou du Liège ; il s’agit principalement de bien joindre les planches, pour qu’il n’y entre ni jour, ni vent, ni pluie.
Bien des gens condamnent l’usage des ruches de poterie, parce qu’elles conservent trop longtemps le froid de la nuit, & s’échauffent trop au soleil. On prévient pourtant ces inconvénients en les plaçant en-dehors.
Du reste on met dans chaque ruche, quelle qu’en soit la matière, deux bâtons posés en croix, pour que l’ouvrage des mouches soit plus ferme.
Il y a des ruches de grandeurs différentes ; le principal est de les faire toujours un tiers plus hautes que larges, & d’en façonner le dessus en voute pour les rendre plus commodes, & l’assiette large, pour que rien ne les ébranle. Les grandes ruches sont de quinze pouces de large sur vingt-trois de haut. C’est dans celles-ci qu’on doit mettre les essaims qui viennent jusqu’au milieu de Juin. Les ruches moyennes doivent avoir treize pouces de largeur sur vingt de hauteur ; on y met les essaims produits depuis la mi-Juin jusqu’au premier Juillet. Les petites ruches ne doivent avoir que treize pouces de large sur dix-sept de haut ; c’est dans cette troisième sorte de ruche qu’on met les derniers essaims. Tout curieux de la culture des abeilles se pourvoit de ces trois sortes de ruches pour les différents temps.
Si les ruches sont faites d’osier, de troesne, ou autre branchage, il faut les enduire en-dehors de cendres de lessive ou de terre rouge, dont on fait un mortier avec de la bouse de vache, pour les garantir des vers tout-autour. Quand les ruches sont bien enduites & sèches, avant que de s’en servir, on les passe légèrement sur de la flamme de paille, & puis on les frotte en-dedans avec des feuilles de coudrier & de mélisse.
Il faut que les ruches soient posées sur des sièges ou bancs élevés de terre d’un bon pied, pour que les crapauds, les souris & les fourmis n’y puissent pas monter. Le siège, soit qu’il soit de pierre, de bois, de terre, ou de tuilots, doit être bien uni, surtout à l’endroit sur lequel on pose la ruche. Il est bon aussi que la surface du pied sur laquelle la ruche est assise, soit convexe, pour qu’il s’y amasse moins d’humidité ; par la même raison, si on met les ruches sur des planches, il faut y faire deux égouts en forme de croix, pour l’écoulement des eaux. Il y a bien des gens, surtout dans les pays qui ne sont pas fort chauds, qui mettent les ruches sous des appentis ou auvents faits exprès pour les défendre de la pluie & des orages. Ces auvents garantissent aussi les abeilles des grandes chaleurs & des grands vents, & facilitent leur entrée dans les ruches.
Chaque ruche ne doit avoir régulièrement qu’une ouverture qui serve d’entrée aux abeilles ; on met ordinairement cette ouverture au bas de la ruche, & on la fait petite, pour que l’humidité, l’air, & les vents aient moins de prise sur la ruche. S’il se formait quelque autre trou à la ruche ou au siège, il faut avoir soin de le bien boucher avec du mastic. Quand on a une grande quantité d’abeilles, on range les ruches dans un bel emplacement en forme d’amphithéâtre, en sorte qu’entre chaque banc il y ait un passage par où l’on puisse visiter les ruches, & que ces ruches soient rangées en échiquier, ou en quinconce, sans que les rangs se touchent, afin qu’elles reçoivent le soleil également & à plein. Enfin il faut avoir soin de visiter les ruches deux ou trois fois le mois, depuis le commencement du printemps jusqu’à l’automne. Dictionn. économique. (D. J.) " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • abeille
  • zootechnie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [08/04/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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