puberté (n. f.)

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Anglais

  • puberty

Etymologie

du lat. pubes, poil

Définition

- 1. Moment où l'animal commence pour la première fois à pouvoir physiquement se reproduire.
2. Phénomènes physiologiques correspondant à cette période.

Détails

Cela correspond chez l'homme à un moment de l'adolescence et chez les bovins à l'apparition des premières chaleurs chez la génisse et du premier sperme fécondant chez le taurillon.
Chez l'homme, les poils du pubis se développent à la puberté (pubarche).
L'âge optimum de mise à la reproduction (nubilité) est plus tardif. Il correspond au moment où le jeune bovin a atteint les 2/3 du poids adulte de sa race en zone tempérée.
Le moment de la puberté (en poids ou en âge) varie avec l'espèce et la race. Par espèce, les âges moyens sont :
- dromadaire, vers 3 ans (fem.) 3-5 ans (mâle),
- cheval 15 à 18 mois,
- bovins 9 à 18 mois,
- brebis, chèvre, truie 6 à 8 mois (races d'Europe),
- chienne 6 à 9 mois,
- chatte (premières chaleurs) 5 à 8 mois le plus souvent ; puberté vers 1 an (10 mois à 14 mois) dans les 2 sexes ; chez les chats persans, puberté après 12 mois ,
- lapin 4 à 6 mois.

" PUBERTÉ, s. f. (Physiol.) cet âge où la nature se renouvelle, & dans lequel elle ouvre la source du sentiment, saison des plaisirs, des grâces & des amours...
La puberté, dit-il dans cet ouvrage intéressant, accompagne l’adolescence, & précède la jeunesse : jusqu’alors la nature ne paraît avoir travaillé que pour la conservation & l’accroissement de son ouvrage, pour se nourrir & pour croître : il vit, ou plutôt il végète d’une vie particulière, toujours faible, renfermée en lui-même, & qu’il ne peut communiquer ; mais bientôt les principes de vie se multiplient, il a non-seulement tout ce qui lui faut pour être, mais encore de quoi donner l’existence à d’autres. Cette surabondance de vie, source de la force & de la santé, ne pouvant plus être contenue au-dedans, cherche à se répandre au-dehors ; elle s’annonce par plusieurs signes.
Le premier signe de la puberté est une espèce d’engourdissement aux aines, qui devient plus sensible lorsque l’on marche, ou lorsque l’on plie le corps en avant. Souvent cet engourdissement est accompagné de douleurs assez vives dans toutes les jointures des membres : ceci arrive presque toujours aux jeunes gens qui tiennent un peu du rachitisme ; tous ont éprouvé auparavant, ou éprouvent en même temps une sensation jusqu’alors inconnue dans les parties qui caractérisent le sexe ; il s’y élève une quantité de proéminences d’une couleur blanchâtre ; ces petits boutons sont les germes d’une nouvelle production de cette espèce de cheveux qui doivent voiler ces parties. Le son de la voix change, il devient rauque & inégal pendant un espace de temps assez long, après lequel il se trouve plus plein, plus assuré, plus fort & plus grave qu’il n’était auparavant. Ce changement est très-sensible dans les garçons ; & s’il l’est moins dans les filles, c’est parce que le son de leur voix est naturellement plus aigu.
Ces signes de puberté sont communs aux deux sexes, mais il y en a de particuliers à chacun. L’éruption des menstrues, l’accroissement du sein pour les femmes ; la barbe & l’émission de la liqueur séminale pour les hommes. Il est vrai que ces signes ne sont pas aussi constants les uns que les autres. La barbe, par exemple, ne parait pas toujours précisément au temps de la puberté ; il y a même des nations entières ou les hommes n’ont presque point de barbe, & il n’y a au contraire aucun peuple chez qui la puberté des femmes ne soit marquée par l’accroissement des mamelles.
Dans toute l’espèce humaine, les femmes arrivent à la puberté plutôt que les mâles ; mais chez les différents peuples l’âge de puberté est différent, & semble dépendre en partie de la température du climat, & de la qualité des aliments. Dans les villes, & chez les gens aisés, les enfants accoutumés à des nourritures succulentes & abondantes, arrivent plus tôt à cet état ; à la campagne, & dans le pauvre peuple, les enfants sont plus tardifs, parce qu’ils sont mal & trop peu nourris ; il leur faut deux ou trois années de plus. Dans toutes les parties méridionales de l’Europe, & dans les villes, la plupart des filles sont pubères à 12 ans, & les garçons à 14 ; mais dans les provinces du nord & dans les campagnes, à peine les filles le sont-elles à 14, & les garçons à 16...
Dans les climats les plus chauds de l’Asie, de l’Afrique, & de l’Amérique, la plupart des filles sont pubères à 10 & même à 9 ans ; l’écoulement périodique, quoique moins abondant dans ces pays chauds, paraît cependant plus tôt que dans les pays froids : l’intervalle de cet écoulement est à-peu-près le même dans toutes les nations que de peuple à peuple ; car dans le même climat & dans la même nation, il y a des femmes qui tous les quinze jours sont sujettes au retour de cette évacuation naturelle, & d’autres qui ont jusqu’à cinq ou six semaines libres ; mais communément l’intervalle est d’un mois, à quelques jours près.
C’est ordinairement à l’âge de puberté que le corps achève de prendre son accroissement en hauteur : les jeunes gens grandissent presque tout-à-coup de plusieurs pouces ; mais de toutes les parties du corps, celles où l’accroissement est le plus prompt & le plus sensible, sont les parties de la génération dans l’un & l’autre sexe. Il est vrai que cet accroissement n’est dans les mâles qu’un développement, une augmentation de volume ; au lieu que dans les femelles il produit souvent un rétrécissement auquel on a donné différents noms lorsqu’on a parlé des signes de la virginité. (D. J.)
Puberté, âge de, (Critiq. sacrée.) c’était l’âge du mariage chez les Juifs ; en sorte que puberté & l’âge de se marier sont termes synonymes dans le vieux Testament...
Chez les Hébreux, l’âge de puberté pour les garçons était à treize ans & demi ; avant ce temps ils étaient censés enfants : mais au-delà de ce terme ils étaient hommes soumis aux préceptes de la loi, & en particulier à l’obligation de se marier. L’âge de puberté pour les filles commençait à douze ans & demi : alors elles étaient majeures, maîtresses de leur conduite, & pouvaient disposer d’elles sans le consentement de leurs parents. C’est pourquoi ils avaient coutume de les marier fort jeunes ; cet usage servit à multiplier prodigieusement la nation juive. (D. J.)
Puberté, (Hist. anc.) âge où l’on suppose que les deux sexes sont capables d’engendrer, & qu’on fixait chez les Romains à 15 ou 17 ans pour les garçons, & à 12 ou 14 pour les filles. On faisait à cette occasion parmi eux plusieurs cérémonies : on marquait cette époque par un grand festin qu’on faisait à sa famille & à ses amis, en réjouissance de ce que le jeune homme était en état de rendre service à la république ; & à la fin du festin on lui ôtait la robe prétexte, pour le revêtir d’une autre toute blanche qu’on nommait la robe virile : ensuite le père accompagné de ses amis, le menait au temple pour y faire les sacrifices ordinaires, & rendre grâces aux dieux ; d’où on le conduisait sur la place publique pour lui apprendre à quitter l’enfance, & à se comporter désormais en homme fait. On lui coupait les cheveux, dont on jetait une partie au feu en l’honneur d’Apollon, & l’autre dans l’eau, en l’honneur de Neptune, parce que les cheveux naissent de l’humidité & de la chaleur. On leur faisait aussi la barbe, qu’on renfermait dans une boîte précieuse, pour la consacrer à quelque divinité. Il était assez ordinaire de se faire raser pour la première fois en prenant la robe virile ; quelques-uns cependant attendaient plus tard, & c’était encore pour ceux-ci un autre festin & une nouvelle cérémonie, car on regardait cette action comme un acte de religion. A l’égard des filles, lorsqu’elles étaient parvenues à l’âge nubile, on leur ôtait la bulle, espèce de petit cœur ou de boule d’or qui pendait du col sur la poitrine, mais elles conservaient toujours la robe prétexte jusqu’à ce qu’on les mariât. Voyez Barbe. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • caprin
  • cheval
  • reproduction
  • zootechnie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [10/07/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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