proventricule (n. m.)

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Autre nom

  • ventricule succenturié (n. m.)

Anglais

  • proventriculi au plur.
  • proventriculus

Définition

- 1. Chez les oiseaux, partie glandulaire et craniale de l'estomac séparée du gésier par l'isthme. La sécrétion, acide, contient de la pepsine. Mais les aliments y séjournent peu longtemps. Pour le proventricule des ruminants, il vaut mieux parler de pré-estomac (rumen, feuillet et reticulum).
- 2. Chez les insectes, carrefour des voies digestives. Partie dilatée joignant œsophage, jabot et intestin chez certains insectes comme les glossines

Détails

" Ventricule des oiseaux, (Anat. comparée.) le ventricule, ou pour me servir quelquefois de l’expression la plus ordinaire, l’estomac des oiseaux est placé tout autrement qu’il ne l’est dans les autres animaux ; il est presque joint au dos, enfermé de ce côté par l’os des reins, & tellement recouvert en-devant par les intestins, que lorsqu’on fend par une incision les téguments du ventre, depuis ce qu’on nomme le bréchet jusqu’à l’anus, on aperçoit ces derniers qui se présentent sans qu’on puisse découvrir que très difficilement l’estomac qui est dessous.
Cette position du ventricule donne aux oiseaux la facilité la plus grande de couver, puisque les parties qui doivent poser presque immédiatement sur les œufs ou sur les petits, sont des parties molles capables de se prêter sans danger à la compression qu’elles doivent éprouver ; ce qui n’arriverait pas si l’estomac, surtout après qu’ils auraient mangé, était obligé d’essuyer cette compression.
D’un autre côté, cette même structure exige que les petits soient couvés après qu’ils sont éclos ; leur estomac qui n’est alors défendu de l’impression de l’air, que par une lame d’os fort mince, & presque cartilagineuse, perdrait trop vite la chaleur nécessaire pour la digestion, si l’incubation ne la lui rendait de temps en temps.

Les observations de M. Hérissant lui ont appris, que l’estomac du coucou était placé d’une façon toute différente. En disséquant un de ces oiseaux,... qu’il était placé si fort en avant, qu’il l’avait ouvert avec les téguments, & qu’il recouvrait les intestins ; au lieu que dans les autres oiseaux il en est recouvert... De cette position de l’estomac, il suit qu’il est aussi difficile au coucou de couver ses œufs & ses petits, que cette opération est facile aux autres oiseaux ; les membranes de son estomac chargées du poids de son corps, & comprimées entre les aliments qu’elles renferment & des corps durs, éprouveraient une compression douloureuse & très-contraire à la digestion.
Il suit encore de la structure de ce volatile, que ses petits n’ont pas le même besoin d’être couvés que ceux des autres oiseaux, leur estomac étant plus à l’abri du froid sous la masse des intestins ; & c’est peut-être la raison pour laquelle le coucou donne toujours ses petits à élever à de très-petits oiseaux.

Mais pour revenir au ventricule des oiseaux en général, les Physiciens remarquent qu’il est composé de quatre muscles en-dehors, & en-dedans d’une membrane dure, calleuse, & raboteuse ; laquelle est disposée de telle manière, qu’elle fait comme deux meules, que les muscles poussent à plusieurs reprises pour leur faire écraser les semences ; or l’épaisseur de la membrane calleuse n’empêche pas, que lorsqu’elle est pressée tout-à-l’entour par les muscles, ses côtés ne s’approchent aisément pour comprimer ce qu’elle contient, parce qu’elle est toute plissée ; cette membrane sert d’antagoniste aux muscles qui la laissent agir, lorsque étant relâchés, leur action cesse. Mais afin de rendre l’action de ces muscles & de cette membrane calleuse plus efficace, les oiseaux ont un instinct d’avaler des cailloux, lesquels étant mêlés parmi les semences, aident à broyer les parties les plus dures de la nourriture.
Les autruches qui avalent des morceaux de fer ne le font pas pour s’en nourrir, ainsi que les anciens le pensaient ; elles les prennent pour s’en servir à broyer la nourriture dans leur estomac : car elles avalent indifféremment tout ce qu’elles rencontrent de dur & de solide. Bien loin que ces volatiles se nourrissent de métaux, on a reconnu par expérience à Versailles, qu’ils meurent quand ils en ont beaucoup avalé ; la dissection a fait voir, que les doubles que les autruches avaient avalés, s’étaient changés en vert-de-gris par le frottement mutuel de ces doubles, que l’on y trouva usés seulement par les endroits où ils se pouvaient toucher.

A proportion que la nourriture particulière à chaque oiseau est différente, la préparation, les organes qui y sont destinés, de même que ceux qui servent à la coction, sont aussi différents. Dans le genre des oiseaux, ceux qui vivent de chair ont bien moins de parties pour ces usages, que ceux qui vivent de semences. Les aigles, les vautours, les cormorans, les onocrotales, n’ont qu’un ventricule simplement membraneux & renforcé de quelques fibres charnues ; mais aussi ces oiseaux ne se servent point de cailloux pour broyer leur nourriture.
Enfin, la variété du ventricule des oiseaux se trouve bien marquée entre ceux qui vivent de grain, & ceux qui sont destinés à se nourrir de proie ; l’estomac des derniers est sans gésier, tout membraneux, & assez semblable à celui de l’homme ; autre animal rapace, qui vit de fruits, de chair, de poisson, & de coquillages. Le ventricule des chats-huants est un peu tendineux, comme s’il servait indifféremment à digérer la chair & autre nourriture que cet oiseau peut attraper. (D. J.) " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Sections

  • anatomie
  • volailles
  • zoologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [15/08/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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