poule (n. f.)

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Scientifique

  • Gallus domesticus
  • Gallus gallus

Autres noms

  • coq domestique
  • géline (n. f.)
  • poule domestique

Anglais

  • chicken
  • cock
  • hen

Etymologie

lat. pulla

Définition

Taxonomie : Oiseau galliforme, fam. des phasianidés, sous-fam. des phasianinés.
Description : La face est presque nue. Une crête, des barbillons, des disques auriculaires sont développés chez le mâle. Le mâle a de longs ergots pointus aux pattes. La queue a la forme d'un toit. Les femelles sont plus petites.

Détails

Domestication : Il y a plus d'un million d'années, le genre Gallus était constitué d'une seule population étendue sur tout le continent eurasien. La poule domestique, issue du coq bankiva, est originaire du groupe indien d'Asie du Sud (vallée de l'Indus en Inde, Thailande ou Perse ?). En Chine, on trouve des traces de domestication dès 6000-6500 av. J.C.. Les anciens Egyptiens l'élevaient. Elle fut importée d'Asie méridionale en Grèce peu après l'époque d'Homère. Puis elle est allée en Italie.
Habitat
: Mondial.
Mœurs : Pour se nourrir, elle picore les grains d'herbe, ou de céréales (maïs, blé, etc.). Elle gratte la terre pour rechercher des vers et des insectes. L'incubation des œufs dure 20-21 jours (petites races), 21 j (races moyennes) ou 21-23 j (races de grande taille). La poule glousse, caquette, claquette, codèque, cocaille, coucasse, coclore ou crételle.
Espèces voisines : Cf poules sauvages.
Utilisations : La poule est élevée pour sa chair (poulets de chair) ou pour les œufs (poule pondeuse).
Races
: Il en existe de très nombreuses races. On peut en distinguer 3 groupes :
- les poules de campagne, proches des coqs bankiva, avec des caroncules auriculaires blanches et des œufs blancs, répandues en Europe,
- les cochinchinoises, répandues en Asie, lourdes, aux caroncules auriculaires rouges et aux œufs brun-jaunâtres,
- les combattants, au corps vif et musclé, aux caroncules auriculaires rouges et aux œufs brun-jaunâtres.
Elevage : Le type d'élevage est très variable, de l'élevage villageois extensif en liberté jusqu'à l'élevage industriel le plus concentré. Renard et belette sont les principaux ennemis traditionnels du poulailler.
Autres :
- poule d'Inde, cf dinde,
- poule de mer, cf saint-Pierre,
- poule de Turquie, cf dinde,
- poule des pharaons, cf percnoptère d'Egypte,
- poule Hollandaise du Nord, cf poule Bleue de Hollande,
- poule sultane bleue, cf talève sultane.

" Chacun en connaît les nombreuses variétés qui peuplent nos basses-cours. Le mâle chante la nuit et de très-bonne heure ; il est belliqueux et très lascif, fécondant un grand nombre de femelles, et montrant pour toutes une égale prévenance. Son esclavage, qui remonte aux temps fabuleux, l'a fait varier à l'infini et il a donné plusieurs races. " (Crespon J., 1844. Faune méridionale ou description de tous les animaux vertébrés vivants et fossiles, sauvages ou domestiques... du Midi de la France. Nîmes, Chez l'auteur éd., 2 vol., 2e vol., 360 p., p. 15)

" Le COQ DOMESTIQUE (Gallus gallinaceus Pallas, G. domesticus Auct.) est représenté par une foule de races et sous-races dont les caractères sont en quelque sorte variés à l'infini. Nous noterons seulement quelques-uns de ces caractères, utilisés pour la classification des races. Les trois couleurs fondamentales du plumage sont, comme chez la plupart des animaux domestiques, le noir, le blanc et le roux. Les pattes peuvent être emplumées jusqu'à la naissance des doigts. Il existe parfois une huppe sur la tête ; sur les côtés ou en arrière de cette région, les plumes peuvent former des favoris ou une cravate. La crête est divisée ou frisée, etc., dans certaines races ; ou bien elle s'atrophie jusqu'à disparaître entièrement. Les barbillons eux-mêmes sont plus ou moins développés. Enfin, la classification tire encore de bons caractères des oreillons, petits disques nus et colorés qui pendent au-dessous de la joue, en arrière du conduit auditif ; du camail, formé par les plumes de la partie inférieure et postérieure du cou ; des lancettes, plumes qui descendent des reins pour couvrir les cuisses, etc.
Nous ne pouvons songer à signaler ici toutes les races que décrivent les auteurs spéciaux, d'autant qu'on ne possède encore aucune classification passable ; quelques-unes seulement peuvent être citées comme types. En première ligne, il faut placer le Coq de ferme ou Coq gaulois, représentant notre race commune, primitive, qui tend à disparaître sous l'influence des croisements ; à côté de lui nous avons, en France, la race des Ardennes, puis les races de la Bresse, de Barbezieux, de la Flèche, de Houdan (à cinq doigts), de Crèvecœur, etc. Parmi les races étrangères, nous signalerons les races de Padoue, dont l'origine est mal connue, de Hambourg, de Bréda, italienne ou Leghorn, espagnole, de Dorking (à cinq doigts), cochinchinoise ou de Shanghaï, de Yokohama, de Bantam, de combat, négresse, etc., etc.
La plupart des naturalistes admettaient naguère encore que les différentes races et sous-races de Poules domestiques dérivent d'une espèce unique, le Gallus Bankiva. Ils se basaient à la fois sur la ressemblance étroite que présente cette espèce avec certaines de nos races, et sur ce fait que les trois autres formes sauvages ne donnent, par le croisement avec les races domestiques, que des hybrides stériles. Mais cette manière de voir s'est trouvée sérieusement ébranlée par la découverte d'ossements de Coq dans les dépôts quaternaires de diverses régions de l'Europe, notamment dans ceux d'Olmütz (Moravie) et dans les grottes de Gourdan, de Lherm et de Bruniquel (France méridionale). Il est possible que ce Coq européen (représentant lui-même, peut-être, une variété de Bankiva) ait donné naissance à quelques-unes de nos races, et que le Bankiva de l'Inde en ait produit d'autres, importées plus tard dans nos régions et croisées, à des degrés divers, avec les premières.
Nous ne possédons aucun document capable de nous renseigner d'une façon précise sur l'époque à laquelle remonte la domestication du Coq. Toutefois, les plus anciens manuscrits démontrent qu'elle était effectuée dans l'Asie centrale dès les temps les plus reculés. Nous apprenons, en effet, par le Zend-Avesta, que le Coq était un des Oiseaux dont Ormuzd avait fait présent à l'humanité, et que la religion mazdéenne prescrivait aux fidèles d'élever dans leurs demeures trois animaux : un Chien, un Bœuf et un Coq, « représentant du salut matinal ».
Ce Gallinacé fut importé de l'Asie méridionale en Grèce un peu après l'époque d'Homère ; de là, il passa en Italie. Il existait en Grande-Bretagne lorsque Jules-César aborda dans cette île ; il était également élevé depuis longtemps en Gaule.
Pour que la fécondation s'opère bien, il faut en moyenne un Coq pour douze à quinze Poules : en augmentant le nombre de celles-ci, on s'exposerait à recueillir beaucoup d'œufs non fécondés (œufs clairs). La somme totale des œufs pondus chaque année par une Poule est très variable, mais peut atteindre un chiffre considérable : cent cinquante à cent quatre-vingts, quelquefois plus. La couvée habituelle se compose d'une douzaine d'œufs ; la durée de l'incubation est le plus souvent de vingt et un jours. Les Poussins s'élèvent assez facilement. Vers l'âge de six semaines, ils quittent leur mère et prennent le nom de Poulets. Au bout de quelques mois, ceux-ci peuvent être livrés à la consommation. Souvent, d'ailleurs, on les engraisse par divers procédés. L'engraissement est facilité par la castration, qu'on fait subir aux Coqs vers l'âge de quatre mois : on obtient ainsi des Chapons. Quant aux Poulardes, ce sont de jeunes Poules vierges, n'ayant pas encore pondu, qu'on engraisse sans aucune opération préalable. — Il est inutile d'insister sur l'importance alimentaire et la qualité de la chair de ces animaux, qui tiennent le premier rang parmi nos Oiseaux domestiques. Mais, à côté de ce produit, nous devons encore citer les œufs et les plumes, celles-ci diversement utilisées par l'industrie.
Les œufs de Poule sont consommés dans une proportion infiniment plus considérable que ceux des autres Oiseaux, tout au moins en Europe. A Paris, il en est introduit chaque année plusieurs centaines de millions. Or, l'œuf a tous les caractères d'un aliment complet et, à ce titre, il remplit un rôle de premier ordre dans la bromalologie et la thérapeutique. Le jaune renferme une substance albuminoïde appelée vitelline, des corps gras, des matières extractives, des sels, etc. Le blanc ou albumen contient de l'albumine, des graisses, du glucose, des matières extractives, des sels, etc. Enfin, l'enveloppe elle-même est formée de matières organiques, de carbonate et d& phosphate de chaux. Ces trois parties ont leur emploi médical : la coquille peut servir comme anti-acide ; on l'utilise contre la diarrhée des jeunes animaux ; le blanc d'oeuf peut être administré avec avantage dans les empoisonnements causés par de nombreux sels métalliques; le jaune enfin sert à émulsionner les corps gras, les résines, etc. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1052-4)

Sections

  • animal méditerranéen
  • zoologie
  • zootechnie

Classification française

  • oiseau
  • galliforme
  • phasianidé

Classification scientifique

  • Galliformes
  • Phasianidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [18/08/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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