peste (n. f.)

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Autre nom

  • peste bubonique de l'homme (n. f.)

Anglais

  • plague
  • bubonic plague
  • human plague

Etymologie

lat. pestis, épidémie

Définition

Maladie infectieuse très contagieuse de l'homme et des rats due à Yersinia pestis. Elle est transmise par les puces du rat. Parfois, le chien est atteint. Le bubon est l'inflammation d'un ganglion lymphatique sous-cutané. La peste pneumonique est contagieuse. Cette maladie a anéanti la population de l'Europe en 1348-49 (jusqu'au quart).

Détails

" PESTE, s. f. (Médecine.) c’est une maladie épidémique, contagieuse, très-aiguë, causée par un venin subtil, répandu dans l’air [sic], qui pénètre dans nos corps & y produit des bubons, des charbons, des exanthèmes, & d’autres symptomes très-fâcheux. C’est une fièvre aiguë, qui devient mortelle & enlève les malades dès le premier ou le second jour, si les forces vitales ne chassent promptement le venin par les bubons, les charbons, le pourpre & autres exanthèmes...
La peste nous vient de l’Asie, & depuis deux mille ans toutes les pestes qui ont paru en Europe y ont été transmises par la communication des Sarrasins, des Arabes, des Maures, ou des Turcs avec nous, & toutes les pestes n’ont pas eu chez nous d’autre source. Les Turcs vont chercher la peste à la Mecque, dans leurs caravanes & leurs pèlerinages ; ils l’amènent aussi de l’Égypte avec les blés qui sont corrompus : & enfin, elle se conserve chez eux par leur bizarre façon de penser sur la prédestination : persuadés qu’ils ne peuvent échapper à l’ordre du Très-haut sur leur sort, ils ne prennent aucune précaution pour empêcher les progrès de la peste & pour s’en garantir, ainsi ils la communiquent à leurs voisins...
Le diagnostic se tire des symptomes suivants :
1°. L’abattement des forces, défaut de respiration, la faiblesse, l’intermittence & l’intercadence du pouls.
2°. Les symptomes du bas-ventre, les nausées, les vomissements, les cardialgies, les mouvements convulsifs. Les aigreurs & la pourriture des bouillons & de tous les aliments.
3°. Les urines sont troubles, grasses, chargées d’huile ramassée en flocons ; les sueurs sont colliquatives, aigres, grasses, & fétides.
4°. Les bubons aux aines, aux aisselles des parotides, des charbons dans différentes parties, des lanières noires ou violettes, ou bleues ; la force du venin est indiquée par ces symptômes.
5°. La gangrène sèche & la mollesse des membres après la mort, & avant la mort les déjections de sang par les selles, les excrétions de sang par les selles & par la sueur.
6°. Enfin la généralité & l’universalité de l’épidémie, la mortalité nombreuse & par trop répandue, la violence & le nombre infini des accidents, la mort imprévue qui saisit les malades, le premier, le second ou le troisième jour, & souvent presque aussitôt qu’ils sont attaqués, sont des signes évidents & diagnostics de la peste,...
Les annales de l’histoire font mention de deux pestes à jamais mémorables, & qui ravagèrent le monde, l’une 431 ans avant Jésus-Christ, & l’autre dans le XIVe siècle de l’ère chrétienne. Thucydide, Diodore de Sicile, & Plutarque, vous instruiront fort au long de la première, qui parcourut une vaste étendue de pays, & dépeupla la Grèce sur son passage, sous le règne d’Artaxercès Longue-main ; cette peste commença en Éthiopie, d’où elle descendit en Libye, en Égypte, en Judée, en Phénicie, en Syrie, dans tout l’empire de Perse, & fondit ensuite dans l’Attique, & particulièrement sur Athènes. Thucydide qui en fut attaqué lui-même, en a décrit expressément les circonstances & les symptômes, afin, dit-il, qu’une relation exacte de cette affreuse maladie, puisse servir d’instruction à la postérité si un pareil malheur arrivait une seconde fois...
Mais quelque cruelle qu’ait été la peste dont nous venons de parler, elle le fut encore moins par sa violence & par son étendue, que celle qui ravagea le monde vers l’an 1346 de Jésus-Christ. La description qu’en font les historiens contemporains au défaut d’observateurs médecins qui nous manquent ici, ne se peut lire sans frémir. La contagion fut générale dans tout notre hémisphère. Elle commença au royaume de Cathay, partie septentrionale de la Chine, par une vapeur de feu, dit-on, horriblement puante, qui infecta l’air, & consuma avec une promptitude incroyable 200 lieues de pays ; elle parcourut le reste de l’Asie, passa en Grèce, de-là en Afrique, & finalement en Europe, qu’elle saccagea jusqu’à l’extrémité du nord. Ici elle emporta la vingtième, là elle détruisit la quinzième partie des habitants ; ailleurs ce fut la huitième partie, comme en France, ailleurs même, comme en Angleterre, le tiers ou le quart des habitants ; j’en parle ainsi d’après le témoignage des écrivains des deux nations.
La dernière peste qu’on ait vue en Europe, est celle de Marseille en 1720 & 1721. Elle enleva dans cette seule ville environ cinquante mille personnes ; la mémoire en est encore récente...
Toutes nos connaissances sur cette horrible maladie se bornent à savoir qu’elle se répand par contagion ; qu’elle est la plus aiguë des maladies inflammatoires ; qu’elle est accompagnée de symptômes très différents & très-variés ; qu’elle se termine par des tumeurs vers les parties glanduleuses qui dégénèrent en abcès ; que cette crise est d’autant plus salutaire qu’elle est prompte ; que ce mal a ses temps de décroissement & de diminution, & qu’alors les secours de l’art sont d’une grande utilité ; que la contagion s’adoucit & se détruit par de grands froids ; qu’en conséquence elle est plus rare & fait moins de ravages dans les pays septentrionaux que dans les pays méridionaux ; qu’elle marche quelquefois seule, mais qu’elle a plus communément pour compagnes deux autres fléaux non moins redoutables, la guerre & la famine ; & dans ce cas si elle n’attaque pas les hommes, les bestiaux en sont la victime... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Section

  • pathologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [28/05/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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