papillons (n. m.)

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Anglais

  • butterfly

Etymologie

gr. papillo, pavillon, tente  ; gr. lépis, lépidos, écaille et pterys, aile

Définition

Ordre de la classe des Insectes. Deux paires d'ailes écailleuses - Métamorphoses complètes : œuf, chenille, chrysalide, imago. Ce sont les lépidoptères.

Détails

Exemples :
- papillons blancs, cf piéridés,
- papillons de jour, cf rhopalocères,
- papillons de nuit, cf hétérocères.

" PAPILLON, s. m. (Hist. nat.) les papillons sont des insectes ailés ; ils viennent par métamorphose des chenilles qui ont au plus 16 jambes, ou au moins 8. Les ailes de plusieurs espèces de papillons sont très remarquables par la beauté & par la variété de leurs couleurs : certaines chenilles ont aussi de belles couleurs ; mais on ne peut rien conclure des couleurs d’une chenille pour celles du papillon qui doit être le produit de sa métamorphose.
Tous les papillons ont 4 ailes, qui diffèrent de celles de tout autre insecte ailé, en ce qu’elles sont couvertes d’une espèce de poussière ou de farine colorée, qui s’attache aux doigts lorsqu’on la touche. Ces ailes ont été appelées ailes farineuses ; mais on voit à l’aide du microscope que les molécules de cette poussière sont des lames qui ont différentes figures, non seulement sur des ailes de papillons de différentes espèces, mais aussi sur divers endroits d’une même aile. On a donné fort improprement à ces lames le nom de plumes, sans doute parce qu’elles sont placées sur des ailes : le nom d’écaille leur convient mieux. Elles sont plus ou moins allongées ; elles tiennent à l’aile par un pédicule : l’autre bout est arrondi, ou échancré, ou dentelé plus ou moins profondément ; cependant il y a de ces molécules de poussière qui ressemblent mieux à des poils qu’à des écailles, car ils ont une tige longue, déliée & divisée par le bout en 2 ou 3 filets. Toutes les lames des ailes des papillons sont régulièrement alignées, & se recouvrent en partie les unes les autres, comme les écailles de poissons. Si on enlève les écailles de l’aile d’un papillon, elle devient transparente, & elle perd ses couleurs ; on y voit des nervures, & il paraît que sa substance a quelque rapport avec les taies des crustacés.
Le corps des papillons a la forme d’une olive, plus ou moins allongée ; il est composé d’anneaux qui sont souvent cachés sous les grands poils & sous les plumes qu’ils portent ; mais outre ces poils ou ces plumes, ils sont couverts d’écailles semblables à celles des ailes : le corselet est placé au-devant du corps ; les ailes & les jambes y tiennent. Tous les papillons ont chacun 6 jambes, mais il y en a qui ne se servent que des 4 dernières pour marcher ou pour se soutenir : les 2 premières, une de chaque côté, au lieu d’avoir un pied terminé par des crochets comme les 4 autres, l’ont que des poils au bout du pied ; elles sont souvent appliquées contre le corps du papillon, & cachées entre de longs poils.

Tous les papillons, & la plupart des autres insectes ailés, ont sur la tête deux cornes auxquelles on a donné le nom d’antennes ; elles sont mobiles sur les bases, & elles se courbent en différents sens, parce qu’elles ont grand nombre d’articulations. Les antennes des papillons sont implantées sur le dessus de la tête, près du bord extérieur de chaque œil.
Les yeux des papillons sont placés de chaque côté de la tête, où ils forment une portion de sphère saillante, qui n’est que la moitié d’une sphère, ou un peu plus ou un peu moins de la moitié ; ils sont plus ou moins gros à proportion de la tête... Voir œil à facettes.
On peut diviser les papillons en 6 classes, par des caractères tirés de la forme des antennes. Celles de la première classe ont un diamètre assez égal depuis leur origine jusqu’à leur extrémité, & elles sont terminées par une grosse tête, assez semblable à celle d’une masse d’armes : les naturalistes les ont appelées en latin antennæ clavatæ. M. de Reaumur les a nommées antennes à masses ou à boutons. Un grand nombre de papillons qui se posent pendant le jour sur des fleurs, ont de ces antennes.
Celles de la seconde classe sont communément plus courtes, par rapport à la longueur du corps du papillon, que celles de la classe précédente ; elles augmentent insensiblement de diamètre depuis leur origine jusque tout auprès de leur extrémité ; là elles diminuent tout-à-coup de grosseur, & se terminent par une pointe, d’où sort une espèce de petite houppe composée de quelques filets. M. de Reaumur a donné à ces antennes le nom d’antennes à massue : des papillons qui se soutiennent en volant au-dessus des fleurs sans qu’on les voie jamais s’appuyer dessus, & qui font un bourdonnement continuel avec leurs ailes, ont de ces antennes en massue.
Les antennes de la troisième classe diffèrent de celles de la seconde, en ce qu’elles sont plus larges qu’épaisses, au lieu que les autres sont plus épaisses que larges ; leur extrémité forme une pointe plus longue, & n’a point de bouquet de poils : d’ailleurs elles sont contournées, & ressemblent à des cornes de bélier. Il y a des papillons communs dans les prairies, qui ont de ces antennes en cornes de bélier.
Les antennes de la quatrième classe sont terminées par une pointe aiguë, assez semblable à celle des antennes de la troisième classe ; mais elles en diffèrent en ce que peu au-dessus de leur origine elles prennent subitement une augmentation de grosseur qu’elles conservent dans la plus grande partie de leur étendue, c’est-à-dire jusques assez près de leur bout, où elles se contournent un peu pour se terminer en une pointe, qui quelquefois porte elle-même une autre pointe composée de plusieurs filets ou poils extrêmement déliés. Plusieurs espèces de très-gros papillons ont de ces antennes, qui sont grosses aussi, mais courtes à proportion de la longueur du corps de l’insecte ; M. de Reaumur les a nommées antennes prismatiques, parce que la plus grande partie de leur étendue est une espèce de prisme, qui a pour base un secteur de courbe.
Les antennes de la cinquième classe sont toutes ce les qui ont une figure conique très-allongée, dont la base tient à la tête de l’insecte, ou celles qui au moins ne sont pas plus grosses près de leur extrémité que dans le reste de leur étendue. M. de Réaumur les a nommés antennes à filets coniques & grainés, parce qu’elles sont formées par une file de grains plus ou moins gros & plus ou moins ronds : ces antennes sont aussi plus ou moins longues.
Les antennes de la sixième classe ressemblent à des plumes, aussi les a-t-on appelées antennes en plumes. Elles sont composées d’une tige qui diminue de grosseur depuis son origine jusqu’à son extrémité ; cette tige a sur deux côtés opposés des branches latérales : celles qui sont environ au milieu de la tige ont plus de longueur que celles qui se trouvent à l’origine ; celles de l’extrémité sont les plus courtes de toutes : ces branches sont inclinées vers la pointe de la tige. En les voyant au microscope, on les trouve semblables aux barbes d’une plume. Les antennes en plumes sont plus belles sur les mâles que sur les femelles ; elles sont plus fournies de barbes qui se soutiennent mieux, & qui sont plus longues. Le grand paon de nuit a des antennes en plumes.
Plusieurs espèces de papillons ont une trompe avec laquelle ils sucent les fleurs ; cet organe manque aux autres, ou au-moins ils n’ont point de trompe apparente. Dans les papillons qui en sont pourvus, elle est placée entre les deux yeux, & roulées comme un ressort de montre ; il y en a de courtes qui ne forment qu’un tour & demi, ou deux tours de spirale ; les plus longues font plus de huit ou dix tours ; mais ce rouleau est en partie caché dans la tête. Lorsque le papillon s’est posé sur une fleur pour la sucer, il déroule sa trompe & la fait entrer dans la fleur jusqu’au fond du calice, il la retire hors de la fleur, & l’y replonge jusqu’à sept ou huit fois avant de quitter la fleur, où il ne trouve sans doute plus de nourriture abondante pour passer à une autre fleur. On voit des papillons qui insinuent leur trompe dans les fleurs en se soutenant en l’air par le moyen de leurs ailes sans s’appuyer sur la fleur.
Il y a des papillons qui volent pendant la nuit, ou à l’entrée de la nuit, & qui viennent se brûler aux lumières des chandelles pendant les soirées chaudes de l’été ; on les appelle phalènes ou papillons nocturnes ; ils sont en bien plus grand nombre d’espèces que les papillons qui restent tranquilles pendant la nuit, qui ne volent que le jour, & que l’on nomme papillons diurnes... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Section

  • zoologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [29/03/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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