palmiste (n. m.)

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Anglais

  • oil palm

Etymologie

du Créole, petit palmier

Définition

-1. Nom commun de palmiers aux bourgeons comestibles comme le palmier à huile (Elaeis guineensis) et l'arec. La chair du palmier à huile, rouge, fournit l'huile de palme, jaune, riche en acide palmitique.
- 2. (palm kernel, palm nut) Graine ou amande du fruit du palmier à huile appelée aussi noix de palme ou palmiste .
- 3. L'huile de palmiste, blanche est extraite de la graine du palmier à huile ou palmiste. Elle sert en alimentation animale et à faire de la margarine et des savons.
- 4. Le tourteau de palmiste est un sous-produit utilisé aussi en alimentation animale.
- 5. ''chou palmiste'', cf chou palmiste.

Détails

" PALMISTE, s. m. (Botan.) c’est le nom que les Américains des îles Antilles donnent au palmier dont le pays produit différentes espèces, parmi lesquelles sont compris le cocotier, le grougrou, le grigri, le dattier & le latanier...

Le plus grand & le plus fort de tous les palmiers s’appelle palmiste franc ; il s’élève droit comme un mât de vaisseau jusqu’à la hauteur de plus de 40 pieds, ayant une racine médiocre, peu profonde en terre, mais fortifiée par une multitude de filaments entrelacés les uns dans les autres, formant une motte élevée comme un gros bourrelet autour du pied de l’arbre. Le bois du palmiste est brun, pesant, compacte, plus dur que de l’ébène : il se fend aisément dans sa longueur ; mais ce n’est pas sans rompre des outils qu’on parvient à le couper en-travers. Cette extrême dureté n’existe qu’extérieurement d’environ un pouce & demi dans toute la circonférence de l’arbre, dont l’intérieur n’est qu’un tissu grossier de longues fibres, fermes, souples, serrées & mêlées comme de la filasse, parmi une sorte de moelle coriace, fort humide, qui devient plus tendre & même très-délicate en s’éloignant du pied de la tige.
Le sommet du palmiste se termine par un faisceau de branches, ou plutôt de fortes côtes disposées en gerbe épanouie, longues de dix à onze pieds, diminuant insensiblement de grosseur jusqu’à leur extrémité, un peu courbées en arc, & couvertes d’une pellicule très-lisse ; elles sont soutenues à leur naissance par une espèce de réseau composé de longs filets croisés en forme de gros canevas, qu’on croirait être tissu de mains d’homme ; ces longues côtes sont garnies sur leurs c ôtés d’un grand nombre de feuilles vertes, longues d’environ deux pieds, fort étroites, pointues, partagées d’une seule nervure, & ressemblant à des grandes lames d’épée.
Du milieu des branches & du réseau dont elles sont enlacées, sort une très grosse & longue gaîne pointue & renflée dans son milieu comme un fuseau, laquelle venant à s’ouvrir, laisse paraître une parfaitement belle gerbe d’une extrême blancheur, composée de plusieurs branches déliées, assez fortes, & chargées de petites fleurs de même couleur, auxquelles succèdent des fruits durs de la grosseur d’une noix, & rassemblés en grappe : on n’en fait point d’usage dans les îles.
Le cœur du palmiste renferme dans sa partie la plus voisine des branches, une substance d’une extrême blancheur, tendre, délicate, composée de feuillets minces, plissés comme les plis d’un éventail ; c’est ce qu’on appelle le chou du palmiste, dont les amateurs de bonne-chère font beaucoup de cas ; ce chou peut se manger cru, comme les artichauts à la poivrade, ou cuit à la fausse blanche, ou au jus ; on le préfère au cardon d’Espagne, & étant frit à la poêle, on en fait des beignets délicieux. Voyez Chou palmiste.
Le tronc du palmiste étant fendu en six ou huit parties, & l’intérieur étant bien nettoyé, on en forme des planches grossières, un peu convexes d’un côté, servant à faire des fortes palissades, à clore des hangars, des magasins & des cases ; & si l’on a besoin de longues gouttières pour conduire de l’eau, on fend un palmiste en deux, on en sépare avec un outil la partie mollasse, & l’ouvrage se trouve fait.
Les feuilles du palmier s’emploient à couvrir les cases, à faire des nattes, des sacs, des espèces de paniers & d’autres petites commodités de ménage.

L’espèce de palmier dont on tire une liqueur appelée vin de palme, est particulière à la côte d’Afrique ; on en trouve cependant quelques arbres dans les îles de l’Amérique.

L’arbre qu’on appelle palmiste épineux, croît beaucoup moins haut que le précédent ; il est aussi plus renflé à son sommet vers la naissance des branches : cette partie & l’entre-deux des feuilles, sont hérissés d’épines longues de trois ou quatre pouces, déliées comme de grosses aiguilles, noires & très-lisses. Le chou que produit ce palmiste est d’une couleur un peu jaune, appétissante ; il a le goût de noisette, & est incomparablement meilleur que celui du palmiste franc.

Presque tous ces arbres, lorsqu’ils sont abattus, attirent de fort loin une multitude de gros scarabées noirs qui s’introduisent sous l’écorce dans la partie la moins dure, y déposent leurs œufs, & produisent des vers gros comme le pouce, dont les créoles & les habitants se régalent, après les avoir fait rôtir dans des brochettes de bois. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • agropastoralisme
  • alimentation
  • botanique

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [09/04/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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