ossification (n. f.)

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Autre nom

  • ostéogenèse (n. f.)

Anglais

  • ossification
  • osteogenesis

Définition

Formation des os.

Détails

Elle peut être :
- membraneuse ou périostique, au niveau du périoste,
- enchondrale, endochondrale ou cartilagineuse, en milieu cartilagineux,
- en milieu conjonctif, plus rare.


" OSSIFICATION, s. f. s’OSSIFIER, v. neut. (Physiolog.) c’est la formation des os en longueur, en grosseur, & en solidité, par le secours des sucs nourriciers qui y arrivent, les développent, les allongent, augmentent leur épaississement & leur dureté, jusqu’à ce qu’enfin n’étant plus capables d’admettre les sucs nécessaires à leur nutrition, ils s’altèrent dans leur substance, & rendent inévitable le dépérissement de la machine.
Mais comment se fait l’ossification ? c’est un mystère dont la connaissance nous est cachée, & sur lequel on n’a donné que des conjectures ; voici celles que je crois les plus vraisemblables. On peut considérer les os dans leur origine comme autant de petits tuyaux creux revêtus d’une fine pellicule en-dehors & en-dedans. Cette double pellicule ou membrane fournit la substance qui doit devenir osseuse, ou le devient elle-même en partie ; car le petit intervalle qui est entre ces deux membranes, c’est-à-dire, entre le périoste intérieur & le périoste extérieur, devient bien-tôt une lame osseuse.
Dans les premiers temps les os du fœtus ne sont encore que des filets d’une matière ductile, que l’on aperçoit aisément & distinctement à-travers la peau & les autres parties extérieures, qui sont alors extrêmement minces, & presque transparentes. L’os de la cuisse, par exemple, n’est qu’un petit filet fort court, qui contient une cavité. Ce petit tuyau creux est fermé aux deux bouts par une matière ductile, & il est revêtu à sa surface extérieure & à l’intérieure de sa cavité de deux membranes composées dans leur épaisseur de plusieurs plans de fibres toutes molles & ductiles ; à mesure que ce petit tuyau reçoit des sucs nourriciers. Les deux extrémités s’éloignent de la partie du milieu ; cette partie reste toujours à la même place, tandis que toutes les autres s’en éloignent peu-à-peu des deux côtés ; elles ne peuvent s’éloigner dans cette direction opposée sans réagir sur cette partie du milieu : les parties qui environnent ce point du milieu prennent donc plus de consistance, plus de solidité, & commencent à s’ossifier les premières.
L’intervalle des deux périostes devient osseux dans la partie du milieu de la longueur de l’os ; ensuite les parties qui avoisinent le milieu sont celles qui s’ossifient, tandis que les extrémités de l’os, & les parties qui avoisinent ces extrémités, restent ductiles & spongieuses. Et comme la partie du milieu est celle qui est la première ossifiée, elle ne peut plus s’étendre ; il n’est pas possible qu’elle prenne autant de grosseur que les autres. La partie du milieu doit donc être la partie la plus menue de l’os ; car les autres parties & les extrémités ne se durcissant qu’après celle du milieu, elles doivent prendre plus d’accroissement & de volume ; c’est par cette raison que la partie du milieu des os est plus menue que toutes les autres parties, & que les têtes des os qui se durcissent les dernières, & qui sont les parties les plus éloignées du milieu sont aussi les plus grosses de l’os.
Indépendamment de cet accroissement en longueur, l’os prend en même temps un accroissement en grosseur qui se fait ainsi ; la première lame osseuse est produite par la partie intérieure & le périoste extérieur. Il s’en forme bientôt deux autres qui se collent de chaque côté de la première, & en même temps la circonférence & le diamètre de la cavité. Les parties intérieures des deux périostes continuant ainsi à s’ossifier, & l’os continue à grossir par l’addition de toutes ces couches osseuses produites par les périostes.
Mais l’ossification est encore produite par plusieurs autres causes qu’il faut développer. Elle se fait, suivant l’illustre Monro, dans son ostéogonie, 1°. à l’aide de la suppression considérable qu’exercent sur les os, plus que sur aucune partie, les grands poids qu’ils ont à supporter ; 2°. par la violente contraction des muscles qui y sont attachés ; 3°. par la force des parties qui les constituent, & qui font des efforts continuels pour s’étendre & s’accroître. C’est en conséquence de toutes ces actions réunies, que les fibres solides & les vaisseaux des os sont tenus plus serrés, & que les particules des fluides portées dans ces vaisseaux, deviennent propres à s’unir à ces fibres, & s’y incorporent plus promptement & plus fortement, tandis que le reste continue son chemin par les veines, & rentre dans la masse du sang.
Une observation qu’il importe de faire, c’est qu’à mesure que les os se durcissent en même proportion, & le nombre & le diamètre des vaisseaux diminuent. Ce qui nous montre la raison pour laquelle les os des jeunes gens se réunissent plus promptement après une fracture que ceux des vieillards, & celle pour laquelle les chevaux, les bœufs, les gros bestiaux perdent de leur grosseur & de leur force lorsqu’on les fait travailler trop tôt.
Les exemples fréquents que nous avons de l’ossification de quelques autres parties, lorsqu’elles ont été longtemps exposées à la compression des parties environnantes, ou lorsqu’elles se sont trouvées dans des conjonctures semblables, en conséquence de leur contraction violente & fréquente, comme il arrive aux parties situées proche les orifices du cœur dans quelques vieillards, & dans quelques animaux ; ces exemples, dis-je, ne ne nous permettent point de douter que l’ossification ne vienne d’une compression telle que nous l’avons indiquée : témoin la substance musculaire du cœur, qu’on a trouvé osseuse dans plusieurs personnes, ainsi que nous l’assurent Cheselden & autres : témoin encore l’ossification des artères dans les vieillards, celle des cartilages du larynx dans les adultes, celle des cartilages situés entre les vertèbres du dos & les reins ; dans les bêtes de somme, ces cartilages se changent en os parfaits, & s’unissent intimement aux vertèbres ; en sorte que le tout ne paraît qu’un os continué. Le périoste n’est pas même exempt de cette métamorphose, & Peyer nous dit avoir séparé cette membrane en plusieurs lames osseuses.
Une observation qui tend à appuyer l’opinion de M. Monro, c’est que les os commencent à s’ossifier dans les endroits où l’action de ces causes est plus sensible ; savoir, dans les os cylindriques par un anneau au milieu ; & dans les larges au centre, ou proche le centre, par un point, ou par plusieurs points distincts. La raison de ces effets, c’est que ces parties sont contiguës aux ventres des muscles qui sont attachés à ces os ; & que c’est en conséquence du gonflement qui se fait à ces ventres, que la pression sur les os est plus grande en ces endroits...
C’est des effets de la pression seule que nous pouvons déduire la raison pour laquelle les os des vieillards ont leurs parois beaucoup plus minces, & sont toutefois plus forts & plus solides, tandis que les cavités y sont plus grandes que dans les os des jeunes gens ; & celle pour laquelle l’impression des muscles & des vaisseaux, &c. est beaucoup plus forte sur la surface des os, selon l’âge & l’état des personnes, & selon le travail & les exercices entre les personnes d’un même âge & d’un même état. Cette impression est beaucoup plus profonde dans les vieillards, & dans ceux qui sont accoutumés au travail, que dans les jeunes gens, & dans ceux qui ne prennent aucun exercice, & qui mènent une vie indolente.
Il est encore vraisemblable que l’ossification dépend des vaisseaux des os, dont la situation & les diamètres sont tels, qu’ils séparent une liqueur qui, privée de ses parties les plus fluides, se convertit facilement en une substance osseuse, ainsi qu’il est démontré par la matière calleuse qui se sépare dans les fractures & dans les ulcères, lorsqu’une partie de quelque os a été emportée...
Quand l’os a acquis toute sa densité & sa solidité, sa substance devient avec le temps si compacte, qu’elle ne peut plus admettre les sucs nourriciers qui étaient auparavant employés à augmenter sa densité, & qui étaient nécessaires à cette espèce de circulation qui fait la nutrition de ces parties. Dès lors cette substance de l’os doit s’altérer, puisqu’elle cesse d’être nourrie, & cette altération dans la substance même des os est une des premières causes qui rendent nécessaire le dépérissement de notre corps. Ainsi la vie s’éteint par nuances successives, & la mort n’est que la dernière nuance de la vie...
Tous les observateurs nous parlent d’ossifications, je ne dis pas seulement de membranes & de cartilages, mais de viscères & de vaisseaux. On a trouvé le cerveau, la dure-mère, le conduit auditif, l’œsophage, le cœur, le péricarde, les poumons, les reins, la rate, le foie, le pancréas, l’épiploon, l’artère carotide, l’aorte ossifiés. J’avais rassemblé plus de 200 observations choisies sur ce sujet ; mon recueil a péri dans un naufrage avec mes autres manuscrits physiologiques. (D. J.) " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Section

  • physiologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [16/09/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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