oreille (n. f.)

Bookmark and Share

Autre nom

  • esgourde (fam.)

Anglais

  • ear

Etymologie

lat. auris

Définition

Organe de l'ouïe et de l'équilibre.

Détails

On distingue :
- l'oreille externe (pavillon et conduit auditif externe),
- l'oreille moyenne (caisse du tympan, trompe d'Eustache, cavités mastoïdiennes),
- l'oreille interne (labyrinthe, limaçon ou cochlée). Entre l'oreille externe et l'oreille moyenne, la membrane du tympan (eardrum) reçoit les vibrations. Elle les transmet à la fenêtre ovale de l'oreille interne par l'intermédiaire de 4 osselets : le marteau, l'enclume, l'os lenticulaire et l'étrier. Ceux-ci dérivent d'os articulaires des reptiles : articulaire, carré et columelle.

" — L'organe de l'ouïe [des Vertébrés] se compose essentiellement d'une vésicule développée de chaque côté de la tête et recevant les divisions du nerf acoustique. Cette vésicule (vestibule) se complique en général par la formation, dans sa partie postérieure (utricule), de trois canaux semi-circulaires, et dans sa partie antérieure (saccule), d'un diverticule spiroïde ou limaçon : l'ensemble de ces éléments constitue le labyrinthe ou oreille interne. On peut en outre observer des organes secondaires formant ce qu'on appelle l'oreille externe. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 941-2)

" OREILLE, s. f. (Anatom.) organe de l’ouïe. Voy. Ouïe.
Description générale de l’oreille. Les Anatomistes divisent ordinairement l’oreille en externe & en interne. L’oreille externe comprend non-seulement l’aile de l’oreille, mais encore le conduit qui lui est continu, & qui est formé par la membrane du tambour, laquelle fait la séparation de l’oreille externe d’avec l’interne. Celui-ci comprend la caisse du tambour & le labyrinthe.
L’aile de l’oreille est composée principalement d’un cartilage, si l’on excepte sa partie inférieure, qu’on nomme le lobe de l’oreille, qui paraît faite d’une substance en partie graisseuse, & en partie glanduleuse. Le cartilage qui compose l’aile de l’oreille, forme des replis, des éminences & des cavités. On a nommé le premier de ces replis ou le plus extérieur, hélix ; & celui qui est au-dessous a été appelé anthélix : ce dernier se trouve comme partagé en deux dans sa partie antérieure ; & on donne le nom de scapha ou de fosse naviculaire à la cavité qui se remarque entre ces deux portions. Il y a, outre cela, deux éminences formées aussi par le cartilage. On a nommé la plus antérieure tragus ou hircus, & la plus postérieure antitragus : on voit enfin entre ces deux éminences la cavité nommé la conque. Toute cette partie extérieure de l’oreille est couverte de la peau, & d’une membrane qui paraît nerveuse.
Le conduit de l’oreille est, en partie, cartilagineux, en partie membraneux, & en partie osseux...

De l’oreille des animaux. Pour ce qui est de sa structure dans les insectes, les reptiles & les petits animaux aquatiques, au cas qu’ils jouissent de l’ouïe, comme il est vraisemblable, nous n’avons ni la vue, ni des instruments assez fins pour en découvrir l’organe.
Sa forme dans les oiseaux ne porte point d’obstacle à leur mouvement progressif, & est close, afin de leur laisser un passage facile au-travers de l’air.
Leur tympan est composé de deux membranes : l’une intérieure, l’autre extérieure, qui couvre tout le conduit auditif. Du côté de ce conduit s’élève un cartilage presque au milieu de cette membrane, & qui sert à la relâcher. Au bout de la petite colonne est un autre cartilage divisé en trois branches, dont il y en a deux attachées à l’os pétreux, à quelque distance de la membrane du tambour. Il y a, outre cela, un petit ligament très-fin qui s’étend du côté opposé, & traverse le conduit auditif.
La seconde partie de l’oreille interne des oiseaux est la petite colonne que Schelhammer nomme columella ; c’est un tuyau osseux, très-menu, délicat & léger, dont la base s’élargit & couvre exactement le labyrinthe, ou la chambre de l’ouïe.
Le labyrinthe ou limaçon consiste en plusieurs branches, qui ressemblent aux canaux demi-circulaires de l’oreille de l’homme. Il est formé par un os dur & solide. Plusieurs oiseaux ont des canaux demi-circulaires, les uns plus gros, les autres plus minces, se croisant les uns les autres par des angles droits, & s’ouvrant tous dans la chambre de l’ouïe, laquelle est tapissée des ramifications du nerf auditif. Il n’en est pas de même dans l’oie, où l’on trouve ces canaux en forme de limaçon, mais différents de ceux des autres oiseaux.
La nature n’a donné qu’un seul osselet aux oiseaux, & un cartilage, qui fait une jointure très-mobile avec l’osselet. Cet osselet est très-dur & très-menu, ayant à un bout une superficie plate, mince & large, suivant les observations du docteur Moulen, insérées dans les Trans. philos. n°. 100. L’ouïe paraît s’opérer tout simplement dans les oiseaux ; & voici comme on peut concevoir la chose ; le son rencontrant dans son mouvement leur tambour, il le frappe ; & ce mouvement, fort ou faible, doux ou perçant, est imprimé sur les cartilages, sur la petite colonne, & de cette manière est communiqué au nerf auditif, situé dans le labyrinthe, ou la chambre de l’ouïe.
La structure de l’oreille est très-diversifiée dans les quadrupèdes ; les uns l’ont large, droite & ouverte ; d’autres cachée bien avant dans le derrière de la tête.
L’oreille externe & interne de la taupe, à laquelle personne n’avait fait une grande attention avant Derham, est aussi singulière que la manière de vivre de cet animal est différente de celle des autres quadrupèdes. Les taupes au lieu d’une oreille longue qui avance en dehors, ont seulement un creux rond entre le cou & l’épaule. Cette situation accompagnée d’une garniture de poil épais & serré qui la couvre, défend cette oreille contre les injures du dehors. Le conduit de leur oreille est long, cartilagineux, avançant jusqu’au dessous de la peau. Autour du côté intérieur règne une espèce de filet semblable à celui d’une vis ; dans le fond est une entrée passablement large, qui mène à la caisse du tambour. Cette entrée est formée d’un côté par ledit filet, & de l’autre par un petit cartilage : on y trouve aussi une espèce de cire jaune.
L’oreille interne renferme trois petits osselets creux, par le moyen desquels l’action de la membrane du tambour est communiquée au nerf auditif. Un de ces osselets est le marteau ; il a deux productions ou apophyses à peu près de même longueur : la plus longue est attachée au tympan ; l’autre au côté de la caisse, ou à l’os pétreux. La partie postérieure du marteau ressemble à la tête & à la queue d’un petit mousseron. Le second osselet nommé l’enclume, couché sur le dos du marteau, est long, sans apophyse, & ayant en quelque sorte la figure d’une petite écope, dont les Bateliers se servent pour vider l’eau de leurs bateaux ; son extrémité est attachée par le moyen d’un petit ligament très-mince au troisième & dernier osselet, qui tient lieu de l’étrier des autres animaux, mais qui n’est ici qu’une fourche sans base : chaque jambe ou dent de la fourche, se termine à une des deux ouvertures ; ces fourchons sont-ils attachés au nerf auditif ?
Ces ouvertures (qui tiennent là lieu des fenêtres rondes ou ovalaires des autres animaux) forment l’entrée de la conque ou coquille, & des canaux demi-circulaires, où se répand le nerf auditif. Ces canaux sont à quelque distance du tambour ; au lieu d’être renfermés comme chez d’autres animaux dans un corps osseux, dur & épais, ils sortent en dehors, & sont situés en dedans du crâne dans un creux terminé par une espèce de voûte, où entre une partie du cerveau. En remuant la membrane du tambour, tous les petits osselets se remuent en même temps, & par conséquent ébranlent le nerf auditif.
Telle la structure curieuse de l’oreille de la taupe ; & l’on ne soupçonnerait peut-être pas les variétés qu’offre celle des autres animaux, même par rapport au seul conduit qui mène à l’os pétreux. Dans la chouette, par exemple, qui se perche sur les arbres & sur les poutres, & qui guette sa proie en écoutant de haut en bas, ce conduit avance plus en dehors par le côté de dessus, que par celui de dessous, afin de mieux recevoir jusqu’aux moindres impressions du son. Dans le renard, qui découvre de bas en haut sa proie juchée, il est plus avancé vers le bas. Dans le putois qui écoute tout droit devant lui, ce conduit avance par derrière, pour mieux recevoir les sons qui viennent du côté opposé. Dans le cerf, animal fort alerte, & toujours aux écoutes, le conduit en question est garni d’un tuyau osseux, comme d’un véritable instrument acoustique, formé par la nature, & tellement dirigé vers le derrière, qu’il peut recevoir les sons les plus doux & les plus éloignés qui viennent de ce côté-là... Il faut seulement observer en passant, que l’oreille du singe ressemble le plus à celle de l’homme, & qu’elle a les trois osselets un peu cachés & enfoncés vers le sinus de l’apophyse mastoïde... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Section

  • anatomie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [16/06/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 31951 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 13733 photos ou dessins.