mûrier noir (n. m.)

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Scientifique

  • Morus nigra L.

Autres noms

  • mûrier à fruits (n. m.)
  • amorièr
  • aubre d'aur

Anglais

  • black mulberry

Définition

Espèce de la fam. des moracées (Moraceae). H. 4-8 m, jusqu'à 20 m. Plante alimentaire cultivée et médicinale. Les mûres sont verdâtres, puis rosées et enfin noires ou violacées. Elles sont grosses et n'ont pas de pédoncule. Le mûrier a été répandu par les Romains dans le Bassin méditerranéen. Pl. présente dans la garrigue.

Détails

Les volailles sont très friandes de mûres.
Le bois résiste bien à la corrosion.
Plante médicinale : astringent, hypoglycémiant, laxatif.

" Le mûrier noir est un grand arbre dont la tige ordinairement tortueuse, prend une bonne grosseur, mais elle ne se dresse qu’à force de soins. Il jette beaucoup de racines qui n’ont presque point de chevelu, & qui s’étendent beaucoup plus qu’elles ne s’enfoncent. Elles sont fortes & actives ; elles s’insinuent sous les pavés, elles pénètrent dans les murs. Son écorce est ridée, épaisse, souple & filamenteuse ; ses feuilles sont grandes, dentelées, épaisses, rudes au toucher, lanugineuses en-dessous, & elles se terminent en pointe ; la plupart sont entières, & quelques-unes diversement échancrées ; elles sont d’un vert foncé : elles viennent tard au printemps, & elles commencent à tomber dès la fin de l’été. Nulle fleur particulière à cet arbre ; le fruit paraît en même temps que les feuilles, & il porte les étamines qui doivent le féconder. C’est une sorte de baie assez grosse, longue, grumeleuse, qui est d’abord verte & âcre, qui devient ensuite rouge & acide, & qui est molle, noire & très succulente dans sa maturité. C’est au mois d’Août qu’elle arrive à sa perfection.
Cet arbre est robuste & de longue durée ; mais son accroissement est très-lent dans sa jeunesse ; il ne se multiplie pas aisément, & il ne réussit pas volontiers à la transplantation, surtout lorsqu’il a été arraché depuis quelque temps.
Le mûrier noir aime les lieux tempérés, les plaines découvertes, les pays maritimes : il se plaît aussi sur la pente des monticules, à l’exposition du levant, dans les terres meubles & légères, franches & sablonneuses, ni trop sèches, ni trop humides, dans les potagers, dans les basse-cours, & surtout dans le voisinage des bâtiments où il puisse être à l’abri des vents d’ouest & de sud-ouest, qui font tomber son fruit ; mais il se refuse au tuf, à l’argile, à la marne & à la craie, à l’humidité trop habituelle, au voisinage des grandes prairies & des eaux stagnantes ; il ne réussit pas dans les terres fortes, dures, arides & trop superficielles ; il dépérit dans un sol vague & inculte ; il craint les lieux trop exposés au froid, l’ombre des grands bâtiments, le voisinage des autres arbres, & on ne le voit jamais prospérer sur la crête des montagnes...
La feuille de mûrier noir est la moins propre à la nourriture des vers-à-soie, & on ne doit absolument s’en servir que quand on ne peut faire autrement, parce qu’elle ne produit qu’une soie grossière, sorte, pesante & de bas prix ; mais on peut la faire servir à la nourriture du bétail : elle lui profite & l’engraisse promptement. Jamais les feuilles du mûrier ne sont endommagées par les insectes, & on en peut faire un bon dépilatoire en les faisant tremper dans l’urine. Elles ont encore la vertu de chasser les punaises, & d’enlever les rousseurs du visage.
Les mûres sont bonnes à manger ; elles sont assez agréables au goût, & même fort saines. Mais de tous les fruits qui se mangent, il n’y a peut-être que celui du mûrier dont il ne faut pas attendre la parfaite maturité, pour qu’il soit profitable. Les mûres doivent seulement être d’un rouge tirant sur le noir pour faire un bon aliment, encore n’en devrait on manger que quand on a l’estomac vide ; elles excitent l’appétit, & elles sont rafraîchissantes. On en fait du sirop pour les maux de gorge. Si l’on veut avoir des mûres très-grosses, il faut mettre le mûrier noir en espalier contre un mur exposé au nord.
Le bois du mûrier noir est jaune dans le cœur, & son aubier est blanchâtre. Il est compacte, pliant & plus dur que celui du mûrier blanc : il est de longue durée ; il noircit en vieillissant, & il résiste dans l’eau presque aussi bien que le chêne ; aussi peut-on l’employer au pilotage : il est propre au charronnage, à la menuiserie ; on en tire des courbes pour les bateaux ; on peut le faire servir aux mêmes ouvrages où l’on emploie l’orme. Ce bois, loin d’engendrer aucune vermine, a, comme les feuilles, la vertu de chasser les punaises. Il reçoit un beau poli, ce qui le fait rechercher par les tourneurs, les ébénistes & les graveurs ; c’est même un bon bois de chauffage. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • alimentation
  • botanique
  • pathologie
  • plante médicinale
  • plante méditerranéenne

Classification scientifique

  • Moraceae

Voir aussi

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [16/09/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 31953 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 13943 photos ou dessins.