mûrier blanc (n. m.)

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Scientifique

  • Morus alba L.

Anglais

  • chinese mulberry tree
  • white mulberry

Définition

Fam. des moracées (Moraceae). Hauteur 5-20 m. Grand arbre originaire d'Asie, cultivé, dont les feuilles, vert clair, sont propices à l'élevage du ver à soie. Les feuilles alternes, sont ovales, dentées ou lobées. Le fruit est allongé (1-2 cm), blanc rosé et sucré. En Asie, le fuit est séché pour l'hiver. Le mûrier sert aussi en ébénisterie et en papeterie. Pl. présente dans la garrigue

Détails

Plante médicinale.
Variété : Morus alba pendula, mûrier pleureur.
En France, les vers à soie ne peuvent pas être saisis pendant leur travail ainsi que les feuilles de mûrier qui leur sont nécessaires.

" Le mûrier blanc, arbre de moyenne grandeur ; l’un des plus intéressants que l’on puisse cultiver pour le profit des particuliers & pour le bien de l’état. Cet arbre est la base du travail des soies, qui font en France une branche considérable de commerce. Après la toile qui couvre le peuple, & la laine qui habille les gens de moyen état, la soie fait le brillant vêtement des grands, des riches, des femmes surtout, & de tous les particuliers qui peuvent se procurer les superfluités du luxe. On la voit décorer les palais, parer les temples, & meubler toutes les maisons où règne l’aisance. Cependant c’est la feuille du mûrier blanc qui fait la source de cette précieuse matière ; il s’en fait une consommation si considérable dans ce royaume, que malgré qu’il y ait déjà près de vingt provinces qui sont peuplées de mûriers, & où l’on fait filer quantité de vers à soie, néanmoins il faut tirer de l’étranger pour quatorze ou quinze millions de soies...
Le mûrier blanc tire son origine de l’Asie. Dans les climats tempérés & les plus orientaux de cette vaste partie du monde, le mûrier & les vers à soie ont été connus de toute ancienneté. L’arbre croît de lui-même, & l’insecte s’engendre naturellement à la Chine... Augustin Gallo, auteur italien, qui a écrit sur l’Agriculture en 1540, assure que ce n’est que de son temps qu’on a commencé à élever les mûriers de semence en Italie, d’où on peut conclure que ces arbres n’y étaient alors qu’en petit nombre, puisque ce n’est que par la semence qu’on peut faire des multiplications en grand. Enfin le mûrier a passé en France dans le quinzième siècle sous Charles VII. Il a encore fallu plus de cent années pour faire ouvrir les yeux sur l’utilité qu’on en pouvait tirer. Henri II a commencé de jeter quelques fondements pour établir des manufactures de soie à Lyon & à Tours. Mais Henri IV, ce grand roi, ce père du peuple, a tenté le premier d’exécuter la chose en grand, la fait élever des mûriers, & a donné de la consistance aux premières manufactures de soieries.
... le Lyonnais, le Forez, le Vivarais, le bas Dauphiné, la Provence & le Languedoc, la Gascogne, la Guyenne & la Saintonge, ont été peuplées de mûriers. Voilà l’ancien fond de nos manufactures de soieries. ..
Louis XV... par ses ordres, feu M. Orry, contrôleur général, à force d’activité & de persévérance, a fait établir des pépinières de mûriers dans l’Angoumois, le Berry, le Maine, & l’Orléanais ; dans l’île de France, le Poitou & la Touraine...  ils ont fait venir du Languedoc des personnes versées dans la culture des mûriers & dans le filage de la soie... province de Bresse. Enfin la Champagne & la Franche-Comté ont commencé depuis quelques années...
Le murier blanc fait un arbre de moyenne grandeur ; sa tige est droite, & sa tête assez régulière : ses racines sont de la même qualité que celles du mûrier noir, si ce n’est qu’elles s’étendent beaucoup plus qu’elles ne s’enfoncent. Son écorce est plus claire, plus souple, plus vive, plus lisse & plus filandreuse. Sa feuille, tantôt entière, tantôt découpée, est d’un vert naissant d’agréable aspect ; elle est plus mince, plus douce, plus tendre, & elle paraît environ 15 jours plus tôt que celle du mûrier noir. Le fruit vient de la même façon, mais plus tôt ; il est plus petit. Il y en a du blanc, du purpurin & du noir ; il est également douçâtre, fade & désagréable au goût. Il mûrit souvent dès la fin de Juin.
Cet arbre est robuste, vient très-promptement, se multiplie fort aisément, réussit, on ne peut pas mieux, à la transplantation, & on peut le tailler ou le tondre sans inconvénient dans presque toutes les saisons. Dans l’intérieur du royaume, & dans les provinces septentrionales, il faut mettre le mûrier blanc à de bonnes expositions, au midi & au levant, sur-tout à l’abri des vents du nord & du nord-ouest : ce n’est pas qu’ils ne puissent résister aux intempéries que ces vents causent ; mais comme on ne cultive cet arbre que pour ses feuilles, qui servent de nourriture aux vers à soie, il faut éviter tout ce qui peut les flétrir au printemps, ou en retarder la venue. Ce mûrier se plait sur les pentes douces des montagnes, dans les terres franches mêlées de sable, dans les terres à blé, dans les terres noires, légères & sablonneuses, & en général dans tous les terrains où la vigne se plaît. C’est l’indication la plus certaine pour s’assurer s’il fera bien dans un pays. Cet arbre ne réussit pas dans les terres trop légères, trop arides, trop superficielles ; il n’y fait point de progrès. Mais il craint encore plus la glaise, la craie, la marne, le tuf, les fonds trop pierreux, les sables mouvants, la trop grande sécheresse & l’humidité permanente. A ce dernier égard, il faut de l’attention : le mûrier pourrait très-bien réussir le long des ruisseaux, dans les terres où il y a des suintements d’eau ; mais sa feuille perdrait de qualité ; elle serait trop crue pour les vers. Par cette même raison il faut se garder de mettre le mûrier dans les fonds bas, dans les prairies, dans les lieux serrés & ombragés. Cet arbre demande absolument à être cultivé au pied pour produire des feuilles de bonne qualité ; c’est ce qui doit empêcher de les mettre dans des terres en sainfoin, en luzerne, &c. mais on ne doit pas l’exclure des terres labourables, dont les cultures alternatives lui font grand bien...
La feuille du mûrier blanc est le seul objet de la culture de cet arbre. Elle est la seule nourriture que l’on puisse donner aux vers à soie ; mais outre cet usage, cette feuille a toutes les qualités de celles du mûrier noir. Voyez ce qui en a été dit.
Les mûres que produit cet arbre ne peuvent servir qu’à nourrir la volaille ; elle les mange avec avidité, & s’en engraisse promptement.
Le bois du mûrier blanc sert aux mêmes usages que celui du mûrier noir, & il est de même qualité, si ce n’est qu’il n’est pas si compact & si fort ; de plus, on en fait des cercles & des perches pour les palissades des jardins, qui sont de longue durée. On se sert aussi de ce bois en Provence pour faire du merrain à futailles pour le vin, mais il faut qu’il soit préparé à la scie, parce qu’il se refuse à la fente. On peut encore tirer du service de toute l’écorce de cet arbre, non-seulement pour en former des cordes, mais encore pour en faire de la toile ; l’écorce des jeunes rejetons est plus convenable pour ce dernier usagé. Comme le mûrier pousse vigoureusement, & qu’on a souvent occasion de le tailler, on peut rassembler les rejetons de jeunes bois les plus forts & les plus longs qui sont provenus des tontes ou d’autres menues tailles ; les faire rouir comme le chanvre, les tiller de même ; ensuite seraner, filer, façonner cette matière comme la toile. ... Quelques auteurs modernes prétendent qu’on pourrait employer le mûrier blanc à former du bois taillis ... mais on n’a point encore de faits certains à ce sujet. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • botanique
  • pathologie
  • plante médicinale
  • plante méditerranéenne
  • ver à soie

Classification scientifique

  • Moraceae

Voir aussi

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [08/08/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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