moustique (n. m.)

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Scientifique

  • Culex pipiens

Autres noms

  • cousin (n. m.)
  • moustique commun
  • moustique domestique

Anglais

  • house mosquito

Etymologie

pipiens, de piauler, vagir

Définition

Fam. des culicidés (Culicidae), sous-fam. culicinés, insecte diptère piqueur. Moustique. C'est un vecteur du virus du West Nile.
Descr. : L. 3-6 mm ; gris.

Détails

Habitat : Partout, surtout en zone humide. Troglophile, il peut pulluler à l'entrée ou dans des grottes.
Mœurs : Rural, à activité nocturne, zoophile (oiseaux, batraciens). Les mâles se nourrissent du suc de plantes et du jus de fruits. Seules, les femelles piquent la peau. Le sang qu'elles prélèvent favorise la maturation de leurs œufs. Elles piquent surtout de nuit, à l'intérieur des habitations. La piqûre est prurigineuse à cause de la salive. Elles peuvent voler sur 2 km environ. Leur agressivité augmente avec la chaleur et la quantité de matière organique présente dans l'eau. Elles sont attirées par le gaz carbonique et par la chaleur. C. pipiens femelle pond environ 200 œufs à la surface de l'eau douce. Larves et nymphes sont aquatiques et vivent une à 3 semaines. Les adultes peuvent vivre un mois.

" Genre Cousin (Culex L.). — Les palpes sont plus longs que la trompe chez les mâles ; ils sont très courts chez les femelles.
Le Cousin commun (C. pipiens L.) peut être pris pour type du genre. Il mesure 3 à 6 millimètres et se reconnaît à son thorax brun jaunâtre, marqué de deux lignes brunes, à son abdomen gris pale annelé de brun et à ses pieds allongés et brunâtres.
Il est très commun au voisinage des eaux stagnantes, où il subit les premières phases de son développement. La femelle, en effet, dépose ses œufs, au nombre de 250 à 300, à la surface de l'eau. Les larves qui en sortent au bout de deux jours ont l'abdomen allongé et terminé par un tube respiratoire ; elles se suspendent à la surface, la tête en bas, en laissant affleurer ce tube. Après quatre mues, elles se transforment en nymphes mobiles : celles-ci sont pourvues de deux tubes trachéens qui émergent de derrière la tête ; elles se tiennent, par suite, dans une position opposée à celle des larves. En trois ou quatre semaines, toutes les métamorphoses sont accomplies, et les Insectes parfaits prennent leur vol.
Les femelles s'attaquent à l'Homme, surtout le soir. Elles s'annoncent par une sorte de piaulement aigu et continu. On connaît en principe leur appareil buccal : remarquons toutefois que la lèvre inférieure forme un tube cylindrique ouvert en dessus, sauf à l'extrémité libre ; que les mâchoires sont denticulées en dehors, et que l'épipharynx et l'hypopharynx sont sétacés. Le mécanisme de la piqûre est assez curieux : pendant que les aiguillons s'enfoncent dans la peau, en glissant dans le tube terminal de la trompe labiale, la partie moyenne de ce tube, fendue en dessus, se courbe et forme un pli latéral. La piqûre détermine une inflammation locale, accompagnée d'une douleur prurigineuse assez, vive. Il y a sans doute dépôt, dans la plaie, d'une salive irritante.
Les Cousins ne paraissent pas, en général, attaquer nos animaux domestiques.
Une autre espèce commune dans nos pays, en automne, est le Cousin annelé (C. annulatus).
Au genre Culex paraissent se rattacher, en outre, les Insectes des pays chauds désignés par les voyageurs sous le nom de Maringouins, et une partie peut-être de ceux auxquels on applique la dénomination vague de Moustiques.
Au surplus, nous possédons, en Europe, des espèces de quelques genres voisins, par exemple Anopheles maculipennis, dont les attaques sont aussi insupportables que celles des Cousins proprement dits. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 798-9)

" COUSIN, culex, sub. m. (Hist. nat. Insectolog.) Insecte fort connu par sa piqûre & par son bourdonnement ; on éprouve assez l’une & l’autre de ces incommodités, pour être curieux d’en connaître la cause, aussi nos plus grands observateurs n’ont-ils pas négligé cet insecte. Il n’est que trop multiplié : on en distingue dans ce pays-ci plusieurs espèces de différentes grandeurs ; aux environs de Paris on peut en reconnaître trois espèces ; ceux de la plus grande ont sur le corps des marques de blanc & de noir, & sur le corselet des ondes brunes ou noires, mêlées avec des ondes blanches ou grisâtres ; les yeux sont bruns... En général les cousins ont le corps allongé, cylindrique, & composé de huit anneaux ; le corselet est court & gros, il porte les six jambes, les deux ailes, & les deux balanciers ou maillets de cet insecte. On y voit aussi quatre stigmates. Dans l’état de repos les ailes se croisent l’une sur l’autre ; elles sont très-minces & transparentes ; on y apperçoit au microscope quelques écailles semblables à celles des ailes de papillon ; ces écailles sont placées pour l’ordinaire le long des nervures de l’aile, ce qui ressemble en quelque sorte à des feuilles posées le long de la tige d’une plante ; il y a aussi des écailles sur le corselet & sur tous les anneaux du corps, & on y découvre des poils longs & extrêmement fins : les antennes sont faites en forme de panache, celles des mâles sont plus grosses que celles des femelles. Ces insectes ont des yeux à réseau qui entourent presque toute la tête ; il y en a qui sont d’un beau vert, changeant à certains aspects où ils paraissent rouges. Dans quelques espèces il y a deux corps oblongs, arrondis, & placés près de la trompe comme les barbes des papillons. Les cousins piquent par le moyen d’une trompe ; c’est une sorte d’instrument composé de plusieurs pièces renfermées dans un fourreau, qui paraît cylindrique dans la plus grande partie de sa longueur, & qui est couvert d’écailles ; il est terminé par un bouton pointu, dont l’extrémité est percée : on apperçoit quelquefois une pointe qui sort par cette ouverture ; mais lorsqu’on presse l’insecte entre deux doigts par le corselet près de la tête, on voit le fourreau de la trompe s’entrouvrir dans sa partie supérieure, & quelquefois d’un bout à l’autre, jusqu’au bouton qui est à l’extrémité. Il sort alors de l’ouverture du fourreau une espèce de fil rougeâtre & luisant, qui se courbe dans toute sa longueur ; ce fil est composé de plusieurs filets que l’on peut séparer les uns d’avec les autres, & qui se séparent quelquefois d’eux-mêmes. Lorsque l’insecte pique, on voit la pointe qui sort de l’ouverture du bouton placé à l’extrémité de la trompe : il fait d’abord quelque tentative, & semble chercher l’endroit où il enfoncera la pointe ; alors si on l’observe, par exemple, sur la main avec une loupe, on voit qu’à mesure que l’aiguillon pénètre dans la chair, il glisse à travers le bouton qui remonte du côté de la tête de l’insecte : le fourreau n’étant pas fait de façon à se raccourcir en se plissant, il se plie par le milieu, l’aiguillon en sort par la fente dont il a déjà été fait mention, & le bouton du fourreau en se rapprochant de la tête de l’insecte met le fourreau en double. Cette organisation est particulière à la trompe du cousin : c’est par ce moyen qu’un aiguillon qui n’a qu’une ligne de longueur, peut entrer dans la peau à trois quarts de ligne & plus de profondeur sans s’allonger d’autant, sans que le fourreau se plisse & sans que le bouton entre dans l’ouverture que fait l’aiguillon...
Les cousins naissent dans les eaux croupissantes. On les trouve sous la forme de vers aquatiques dans les mares, depuis le mois de mai jusqu’au commencement de l’hiver. Dans les années pluvieuses leur nombre est prodigieux : mais il est toujours aisé d’en avoir ; il suffit de laisser un baquet plein d’eau à l’air, au bout de quelques semaines il y a des vers de cousins. Ceux des différentes espèces peuvent varier en quelque chose dans leur figure ; mais ils se ressemblent tous pour les parties essentielles. Ces vers n’ont ni jambes ni dents ; le corps est allongé ; la tête bien détachée du premier anneau auquel elle tient par une espèce de cou. Les anneaux sont au nombre de neuf ; le premier est beaucoup plus gros & plus long que les autres ; ils diminuent successivement de grosseur jusqu’au dernier, qui est le plus petit de tous : il y a une sorte de tuyau qui tient au dernier anneau, & qui pour l’ordinaire est dirigé obliquement en arrière & à côté : sa longueur est plus grande que celle des trois anneaux qui le précèdent pris ensemble ; c’est par ce conduit que le ver respire. L’ouverture qui est à l’extrémité se trouve à la surface de l’eau, de sorte que l’insecte est comme suspendu la tête en bas. Dès qu’on agite l’eau, ces vers s’y enfoncent ; mais bientôt ils reviennent à la surface, où il est aisé de les voir, quoiqu’ils soient très petits. Un autre tuyau tient encore au dernier anneau ; il est aussi gros, mais plus court que l’autre, & il sert d’anus. Chacun des anneaux a de chaque côté une houppe de poils ; mais le premier en a trois. La couleur des anneaux est verdâtre ou blanchâtre, lorsque le ver est nouvellement éclos ; elle devient grisâtre lorsqu’il approche du temps de sa transformation. La tête est un peu plus brune que le reste de l’insecte : on voit une tache brune à l’endroit de chaque œil, & autour de la bouche des barbillons qui servent à diriger les aliments qui nagent dans l’eau. Il y a encore sur la tête deux antennes différentes de celles des insectes ailés ; elles sont courbées en arc, & n’ont qu’une articulation qui est à la base.
Le ver du cousin change trois fois de peau en quinze jours ou trois semaines...
Par cette transformation l’insecte passe de l’état de nymphe à celui d’insecte ailé, dans lequel nous lui donnons le nom de cousin... ce qu’il y a de certain, c’est qu’ils sont très-féconds ; une seule femelle produit 250 ou 300, & même jusqu’à 350 œufs d’une seule ponte ; & s’il ne faut que trois semaines ou un mois pour chaque génération, il pourrait y avoir six ou sept générations chaque année, puisqu’on trouve des œufs dans les mares depuis le mois de mai jusqu’à l’hiver... On la distingue du mâle en ce que le corps de celui-ci est moins allongé & plus effilé, & terminé par des crochets ; au lieu de ces crochets ; la femelle a deux petites palettes... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • cavernicole
  • parasitologie
  • pathologie
  • zoologie

Classification française

  • insecte
  • ptérygote
  • diptère
  • culicidé

Classification scientifique

  • Culicidae

Voir aussi

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2018, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [20/11/2018]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

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