nez (n. m.)

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Autre nom

  • tarin (fam.)

Anglais

  • nose

Etymologie

lat nasus, nez

Définition

-1. Saillie du milieu de la face, entre le front et la bouche, comportant deux narines chez l'homme et certains animaux. Il a un rôle respiratoire et olfactif.
- 2. Museau, pour certains autres animaux. Exemple : le nez d'un chien.
- 3. Sens de l'odorat.

Détails

" NEZ, s. m. (Anatomie.) Les auteurs désignent par des noms différents les parties extérieures du nez ; ils nomment la supérieure la racine du nez ; l’inférieure, le globe du nez ; celle qui est entre deux, le dos du nez ; celles qui sont sur les bords des narines, les ailes du nez ; & celle qui les sépare, la colonne du nez. Les parties qui composent la voûte du nez ne sont pas seulement la peau, & une très petite partie de graisse, il y a encore des os, des muscles & des cartilages.
Les os propres du nez forment la partie supérieure de la voûte du nez ; leur figure approche de la quarrée ; leur face externe est un peu convexe & assez unie, & l’interne concave & inégale : la partie supérieure de ces os se trouve beaucoup plus épaisse que l’inférieure ; celle-ci se trouve comme découpée inégalement pour favoriser l’attache des cartilages du nez. Ces deux os étant joints ensemble, forment au-dedans du nez, le long de leur union, une rainure longitudinale qui reçoit la lame osseuse de l’ethmoïde, sur laquelle ces os sont appuyés, de même que sur la partie inférieure & moyenne du coronal, & se trouvent aussi joints à une avance des os maxillaires. On remarque pour l’ordinaire aux os du nez un ou deux petits trous.
On compte pour l’ordinaire quatre muscles au nez, deux de chaque côté ; savoir le pyramidale & le myrtiforme. Le pyramidal a son attache fixe dans la jonction du coronal avec le frontal ; & descendant le long du nez, vient se terminer au cartilage qui forme l’entrée de la narine du même côté. Le myrtiforme a son attache fixe à l’os maxillaire vis-à-vis le fond de l’alvéole de la dent canine, & va se terminer au même cartilage que le premier ; ces deux muscles en agissant, dilatent les narines.
On donne pour constricteur des narines un petit muscle qui a ses attaches fixes extérieurement au fond des alvéoles des premières dents incisives, & se terminent aux ailes du nez. Le muscle orbiculaire des lèvres paraît aussi avoir quelque part à cette action.
Les cartilages du nez sont au nombre de cinq : il y en a quatre qui forment la partie inférieure du nez, deux supérieurs & deux inférieurs. Ces derniers composent principalement les narines ; le cinquième fait la partie antérieure & moyenne de la cloison qui sépare l’intérieur du nez en deux cavités, dont les narines sont l’entrée. Ces deux cavités ne sont pas seulement formées par la disposition particulière des deux os supérieurs du nez & des cartilages dont je viens de parler, les os maxillaires unis ensemble & ceux du palais en font aussi une portion considérable ; l’os sphénoïde & l’ethmoïde concourent aussi avec le vomer à la formation des parois des cavités du nez ; & la jonction de l’ethmoïde avec le vomer fait la portion osseuse de la cloison des narines.
On considère plusieurs choses dans chaque cavité du nez. On voit dans la partie supérieure la portion cellulaire de l’os ethmoïde, & dans l’inférieure, les os spongieux. On y découvre aussi les embouchures des sinus frontaux dans les cellules de l’os ethmoïde ; celle des sinus maxillaires de chaque côté, entre la portion cellulaire de l’os ethmoïde & les lames inférieures du nez & les embouchures des sinus sphénoïdaux, s’aperçoivent dans la partie postérieure & inférieure du nez. On découvre outre cela dans le nez les orifices des conduits lacrymaux & des incisifs, & enfin la communication des cavités du nez avec le gosier.
Il faut remarquer que chaque cavité du nez se trouve tapissée d’une membrane spongieuse, nommée pituitaire. Cette membrane recouvre aussi les cellules de l’os ethmoïde, les os spongieux ou lames inférieures du nez, & les parois intérieures des sinus & des conduits lacrymaux & incisifs, & elle est parsemée dans toute son étendue de plusieurs grains glanduleux, qui fournissent l’humeur mucilagineuse dont elle est continuellement abreuvée...
Les artères qui se distribuent au nez, lui viennent des carotides, & les veines vont se décharger dans les jugulaires.
Le nez n’est pas seulement l’organe de l’odorat, il sert encore à la respiration, à donner plus de force au son, à modifier la voix & à la rendre plus agréable, tant par sa cavité, que par celle des sinus qui y répondent.
Cette partie du visage varie beaucoup en grandeur & en figure dans les divers sujets dès le moment de leur naissance...
Plusieurs ne se contentent pas de préférer l’aplatissement du nez à son élévation, ils trouvent un nouvel agrément à se percer cette partie pour y passer toutes sortes d’ornements de leur goût, & cet usage est fort étendu en Afrique & en Orient... Les Européens au contraire ne se font percer que les oreilles pour les orner d’anneaux & de bijoux...
Sa forme & sa position plus avancée que celle de toutes les autres parties du visage, sont particulières à l’espèce humaine ; car dans aucun animal le nez ne fait un trait élevé. Les singes mêmes n’ont, pour ainsi dire, que des narines, ou du moins leur nez, qui est posé comme celui de l’homme, est si plat & si court, qu’on ne doit pas le regarder comme une partie semblable. Les oiseaux n’ont point de narines ; ils ont seulement deux trous & deux conduits pour la respiration & l’odorat, au lieu que les quadrupèdes ont des naseaux ou des narines cartilagineuses comme les hommes.
Je ne sache aucun exemple d’enfant venu au monde avec la privation de la cloison du nez, ni avec les narines bouchées par un vice de conformation naturelle, & je sais même que l’accident d’un nez fermé contre nature par quelque maladie, s’offre très rarement à l’art de la Chirurgie pour le percer. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Section

  • anatomie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [13/08/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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