animal (n. m.)

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Scientifique

  • Animalia

Anglais

  • animal

Définition

Etre organisé vivant se nourrissant de substances organiques, sensible et généralement capable de mouvoir son corps entièrement ou partiellement. Il est dépourvu de plastes (de chlorophylle) et de cellulose (il n'a pas de membrane cellulosique). Il est capable d'ingérer des proies solides à l'aide d'une bouche (appelée bec, gueule, etc.).
- animal homozygote, cf homozygote,
- animal protein factor, cf APF, vitamine B12.

Détails

" Qu’est-ce que l’animal ? Voilà une de ces questions dont on est d’autant plus embarrassé, qu’on a plus de philosophie & plus de connaissance de l’histoire naturelle. Si l’on parcourt toutes les propriétés connues de l’animal, on n’en trouvera aucune qui ne manque à quelque être auquel on est forcé de donner le nom d’animal, ou qui n’appartienne à un autre auquel on ne peut accorder ce nom. D’ailleurs, s’il est vrai, comme on n’en peut guère douter, que l’univers est une seule & unique machine, où tout est lié, & où les êtres s’élèvent au-dessus ou s’abaissent au-dessous les uns des autres, par des degrés imperceptibles, en sorte qu’il n’y ait aucun vide dans la chaîne, ...

Ecoutons M. de Buffon s’expliquer plus au long là-dessus. Le mot animal, dit-il, Hist. nat. tom. II. pag. 260. dans l’acception où nous le prenons ordinairement, représente une idée générale, formée des idées particulières qu’on s’est faites de quelques animaux particuliers. Toutes les idées générales renferment des idées différentes, qui approchent ou diffèrent plus ou moins les unes des autres ; & par conséquent aucune idée générale ne peut être exacte ni précise. L’idée générale que nous nous sommes formée de l’animal sera, si vous voulez, prise principalement de l’idée particulière du chien, du cheval, & d’autres bêtes qui nous paraissent avoir de l’intelligence & de la volonté, qui semblent se mouvoir & se déterminer suivant cette volonté ; qui sont composées de chair & de sang, qui cherchent & prennent leur nourriture, & qui ont des sens, des sexes, & la faculté de se reproduire. Nous joignons donc ensemble une grande quantité d’idées particulières, lorsque nous nous formons l’idée générale que nous exprimons par le mot animal ; & l’on doit observer que dans le grand nombre de ces idées particulières, il n’y en a pas une qui constitue l’essence de l’idée générale. Car il y a, de l’aveu de tout le monde, des animaux qui paraissent n’avoir aucune intelligence, aucune volonté, aucun mouvement progressif ; il y en a qui n’ont ni chair ni sang, & qui ne paraissent être qu’une glaire congelée. Il y en a qui ne peuvent chercher leur nourriture, & qui ne la reçoivent que de l’élément qu’ils habitent : enfin il y en a qui n’ont point de sens, pas même celui du toucher, au moins à un degré qui nous soit sensible : il y en a qui n’ont point de sexes, d’autres qui les ont tous deux ; & il ne reste de général à l’animal que ce qui lui est commun avec le végétal, c’est-à-dire, la faculté de se reproduire. C’est donc du tout ensemble qu’est composée l’idée générale ; & ce tout étant composé de parties différentes, il y a nécessairement entre ces parties des degrés & des nuances. Un insecte, dans ce sens, est quelque chose de moins animal qu’un chien ; une huître est encore moins animal qu’un insecte ; une ortie de mer, ou un polype d’eau douce, l’est encore moins qu’une huître ; & comme la nature va par nuances insensibles, nous devons trouver des animaux qui sont encore moins animaux qu’une ortie de mer ou un polype. Nos idées générales ne sont que des méthodes artificielles, que nous nous sommes formées pour rassembler une grande quantité d’objets dans le même point de vue ; & elles ont, comme les méthodes artificielles, le défaut de ne pouvoir jamais tout comprendre : elles sont de même opposées à la marche de la nature, qui se fait uniformément, insensiblement & toujours particulierement ; en sorte que c’est pour vouloir comprendre un trop grand nombre d’idées particulières dans un seul mot, que nous n’avons plus une idée claire de ce que ce mot signifie ; parce que ce mot étant reçu, on s’imagine que ce mot est une ligne qu’on peut tirer entre les productions de la nature, que tout ce qui est au-dessus de cette ligne est en effet animal, & que tout ce qui est au-dessous ne peut être que végétal ; autre mot aussi général que le premier, qu’on emploie de même, comme une ligne de séparation entre les corps organisés & les corps bruts. Mais ces lignes de séparation n’existent point dans la nature : il y a des êtres qui ne sont ni animaux, ni végétaux, ni minéraux, & qu’on tenterait vainement de rapporter aux uns & aux autres... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Section

  • zoologie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [16/09/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 31953 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 13943 photos ou dessins.