laurier-rose (n. m.)

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Scientifique

  • Nerium oleander L.

Autres noms

  • laurelle
  • lauriès rosa
  • nérier à feuilles de laurier
  • olandre
  • oléandre

Anglais

  • common oleander
  • oleander
  • rose bay
  • rose laurel

Etymologie

gr. nerion, laurier-rose ; oléandre de oléa, olivier à cause des feuilles

Définition

Fam. des apocynacées (Apocynaceae). Plante gentianale. H. 1-4 m. Arbuste à feuilles entières coriaces, à grandes fleurs roses ou blanches. Feuilles verticillés par 3, presque sessiles. Fleurs d'été. 5 pétales soudés en tube. Des appendices en lanière sur la corolle. A distinguer du laurier-sauce. Pl. présente dans la garrigue. Plante ornementale, toxique et médicinale.

Détails

Plante médicinale présente en France.
Plante toxique. Toutes les parties sont dangereuses (fleurs, fruits, etc.). Une seule feuille ingérée est mortelle pour l'homme. Il contient des hétérosides : oléandroside, nérioside, nérianthoside. Il y a mort soudaine par fibrillation ventriculaire (caprins).

" Le laurier-rose, arbrisseau toujours vert, d’un grand agrément, & qui est fort connu. Si on le laisse croître sans le conduire, il pousse quantité de tiges de pied qui ne forment qu’un buisson. Il se garnit de beaucoup de feuilles longues, étroites & pointues, elles sont sans dentelures, fort unies en-dessus, mais relevées en-dessous d’une seule nervure ; elles conservent toujours la même verdure, qui est terne & foncée. L’arbrisseau donne aux mois de Juillet & d’Août une grande quantité de fleurs rassemblées par bouquets à l’extrémité des branches, qui sont d’une belle apparence. Lorsqu’elles sont passées, il leur succède de longues siliques qui renferment des semences garnies d’aigrettes, mais ce n’est que dans les années chaudes & bien favorables que cet arbrisseau donne de la graine dans ce climat. Il faut soigner ce laurier dans sa jeunesse pour lui faire prendre une tige droite ; & il ne faut pas moins d’attention par la suite pour lui former une tête par rapport à l’irrégularité qu’il contracte naturellement.
On connaît à présent sept espèces différentes de cet arbrisseau ; comme elles ne sont pas également robustes, il sera plus convenable de les traiter séparément, & d’en faire deux classes. La première comprendra ceux qui exigent moins de précaution pour passer les hivers ; tels sont le laurier-rose ordinaire à fleurs rouges, celui à fleurs blanches, & celui dont les fleurs sont mêlées de rouge & de blanc ; il faut à ces arbrisseaux les mêmes ménagements que pour les grenadiers, c’est-à-dire, qu’il faut les serrer pendant l’hiver, & que la plus mauvaise place de l’orangerie leur suffit : il est vrai qu’on en a vu dans le climat de Paris qui ont passé plusieurs hivers de suite en plein air ; mais les plants qu’on avait ainsi exposés en ont été quelquefois si endommagés & si fatigués, qu’ils perdaient beaucoup de leur agrément. L’usage est de les tenir ou dans des pots ou dans des caisses, & c’est le meilleur parti.
Rien de plus aisé que de multiplier ce laurier, soit par les rejetons qu’il produit au pied, soit en semant ses graines, soit en couchant des jeunes branches, ou en greffant ses espèces les unes sur les autres. Tous ces moyens sont bons, si ce n’est que celui de semer sera le plus difficile & le plus long. Le commencement d’Avril est le temps propre pour faire les branches couchées ; il sera presque égal de ne les faire qu’au mois de Juillet, elles feront des racines suffisantes pour être transplantées au printemps suivant. Il faut à ces arbrisseaux beaucoup d’eau pendant l’été, sans quoi ils feraient peu de progrès, & ne produiraient pas beaucoup de fleurs. Si l’on veut même en tirer tout le parti possible, c’est de les ôter des caisses, & de les mettre en pleine terre pendant toute la belle saison jusqu’au 20 d’Octobre qu’il faudra les remettre dans leur premier état ; on leur donne par ce moyen de la vigueur, de la durée, de la hauteur, & infiniment plus de beauté.
Les lauriers-rose de la seconde classe sont infiniment plus délicats que ceux dont on vient de parler, il leur faut une serre chaude pour passer l’hiver & des soins tous différents : ceux-ci sont le laurier rose à fleurs rougeâtres, simples & odorantes, le même à fleurs doubles, celui à fleurs doubles, mêlées de rouge & de blanc, & un autre à grandes fleurs rouges. Ces arbrisseaux viennent de la Nouvelle Espagne, d’où ils ont passé aux colonies anglaises d’Amérique, & de-là en Europe. Les deux variétés à fleurs doubles sont de la plus grande beauté ; elles donnent pendant tout l’été de gros bouquets de fleurs très-doubles, dont la vive couleur, l’élégance & la bonne odeur rendent ces arbrisseaux très-précieux. Mais il faut des précautions pour les faire fleurir ; car si on les laisse en plein air pendant l’été, quoique dans la meilleure exposition, ils ne donneront point de fleurs ; il faut absolument les mettre sous des châssis, & les traiter durant cette saison comme les plantes les plus délicates des pays chauds. Ces arbrisseaux, dans les pays d’où on les a tirés, croissent naturellement sur les bords des rivières & le long des côtes maritimes ; on ne saurait donc trop recommander de les faire arroser souvent. Du reste on peut les multiplier comme les espèces qui sont plus robustes. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • botanique
  • caprin
  • pathologie
  • plante médicinale
  • plante méditerranéenne
  • plante toxique

Classification française

  • plante
  • apocynacée

Classification scientifique

  • Apocynaceae

Voir aussi

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [09/08/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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