laurier-cerise (n. m.)

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Scientifique

  • Prunus laurocerasus L.

Autres noms

  • laurier à lait
  • laurier aux crèmes
  • laurier de Trébizonde
  • laurier-amandier
  • laurine

Anglais

  • cherry laurel

Etymologie

lat. laurus, laurier

Définition

Plante toxique et médicinale de la fam. des rosacées (Rosaceae). H. 2-8 m. Feuilles persistantes, alternes, en fer de lance. Fleurs petites, blanches à 5 pétales. Les fruits sont des baies noires très toxiques.

Détails

Il vit en Eurasie (sud-est de l'Europe et Asie Mineure).
Plante médicinale présente en France : antitussif.
Plante toxique. Elle est riche en hétérosides cyanogénétiques (surtout le noyau des baies), d'où empoisonnement au cyanure (HCN) possible : asphyxie cellulaire, troubles nerveux et respiratoires, coma, voire la mort.

" Le laurier-cerise est un bel arbre de moyenne grandeur, qui est toujours vert : il nous est venu de la Natolie en Turquie, son pays naturel, il y a environ deux cens ans. On ne voit guère ce laurier sous la forme d’un arbre dans la partie septentrionale de ce royaume, parce qu’il n’est pas assez robuste pour y prendre tout son accroissement ; & comme on est réduit à le tenir en palissade à des expositions qui lui conviennent, on ne le connaît que sous la forme d’un arbrisseau. Il pousse des tiges assez droites, grosses & fermes. Son écorce est brune & unie sur le vieux bois, mais elle est d’un vert jaunâtre sur les nouvelles branches. Ses feuilles sont grandes, oblongues, unies, douces & fermes au toucher, d’un vert tendre des plus brillants. Ses fleurs paraissent au commencement de mai ; elles sont blanches, sans odeur, & disposées en longues grappes.
Les fruits qui en viennent sont rouges, charnus, & ressemblent à une cerise ; ce qui a fait donner à l’arbre le nom de laurier-cerise : ils sont doux, assez agréables au goût ; on peut les manger sans inconvénient.
Cet arbre s’accommode de tous les terrains, pourvu qu’il y ait de la profondeur, de la fraîcheur & de l’ombre. Il se plaît surtout parmi les autres arbres. Il croît très promptement, il lui faut peu de culture, & il se multiplie aisément de semence, de branches couchées, de boutures, & par les rejetons qui croissent au pied des vieux arbres. On sème les noyaux du fruit en automne, les branches couchées se font au printemps, & les boutures au mois de juillet : par ce dernier moyen on peut avoir au bout de quatre ans des plans de 8 à 9 pieds de haut. Cet arbre réussira difficilement à la transplantation, si les plants sont âgés de plus de deux ou trois ans. L’automne est le temps le plus propre à cette opération. Suivant les auteurs anglais qui ont écrit sur la culture des arbres, le laurier-cerise se greffe sur le cerisier, & il forme un bel arbre ; cependant par quantité d’épreuves que j’ai vu faire à ce sujet, cette greffe ne réussit que pendant deux ou trois années, & souvent dès la seconde la greffe meurt avec le sujet. Ce laurier n’est pas assez robuste pour résister au froid dans des places isolées ; il serait souvent exposé dans ce cas à être mutilé par les gelées des hivers rigoureux, & même à être desséché jusqu’au pied. Il est vrai que ses racines donnent de nouveaux rejetons, mais cela ne dédommage pas suffisamment. Le meilleur parti qu’on en puisse tirer pour l’agrément, c’est de le placer dans des bosquets d’arbres toujours verts, où il se fera distinguer par la brillante verdure de son feuillage. On peut aussi en former de hautes palissades contre des murs à l’exposition du nord, il y sera moins sujet à être endommagé par la gelée que s’il était placé au midi.
La feuille de ce laurier est de quelque usage à la cuisine pour donner au lait & à sa crème un goût d’amandes amères. Mais la liqueur tirée de ces mêmes feuilles par la distillation, peut produire des effets très pernicieux.
On connaît deux variétés & deux espèces différentes de cet arbre ; l’une des variétés a les feuilles panachées de jaune, & l’autre de blanc. Toutes les deux n’ont pas grande beauté. Les autres espèces de ce laurier sont le laurier-cerise de la Louisiane ou laurier-amande : cet arbre est encore si rare en France, qu’on ne peut entrer dans un détail circonstancié à son sujet. Il y a lieu de croire qu’il pourra venir en plein air dans ce climat, puisqu’il a déjà passé plusieurs hivers en pleine terre dans les jardins de M. le duc d’Ayen à Saint-Germain-en Laye. Sa feuille a beaucoup de ressemblance avec celle du laurier-franc, néanmoins elle a l’odeur & le goût de l’amande amère.
La seconde espèce est le laurier-cerise de Portugal, ou l’azarero des Portugais ; c’est l’un des plus jolis arbrisseaux toujours verts. Il s’élève bien moins que le laurier-cerise ordinaire ; sa feuille est aussi moins grande, mais elle est d’un vert encore plus brillant : la queue des feuilles & l’écorce des jeunes rejettons sont d’une couleur rougeâtre fort vive. L’arbrisseau se couvre au mois de Juin de grosses grappes de fleurs, dont la blancheur & la douce odeur frappent & saisissent de loin ; & en automne, les fruits ne font pas un moindre agrément lors de leur maturité. L’azarero est plus délicat que l’espèce commune ; il lui faut un bon terrain, qui ne soit ni trop sec, ni trop humide, & la meilleure exposition pour résister en pleine terre à nos hivers ordinaires. On peut le multiplier par les mêmes moyens, & aussi facilement que le laurier-cerise commun, sur lequel on peut aussi le greffer. Cet arbrisseau se garnit au pied de beaucoup de branches qui s’étendent & s’inclinent, en sorte qu’il faut le soigner pour lui faire prendre une tige & lui former une tête ; encore en viendra-t-on difficilement à bout, s’il a été élevé de boutures ou de branches couchées ; ce n’est qu’en le faisant venir de semence, qu’on peut l’avoir dans sa perfection. L’azarero est encore rare en France. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • botanique
  • pathologie
  • plante médicinale
  • plante méditerranéenne
  • plante toxique

Classification scientifique

  • Rosaceae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2018, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [11/12/2018]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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