âne (n. m.)

Bookmark and Share

Scientifique

  • Equus asinus Linné 1758
  • Equus africanus asinus
  • asinus (lat.)

Autres noms

  • âne domestique (n. m.)
  • asne (anc.) (n. m.)
  • bête asine (n. f.)

Anglais

  • ass
  • burro
  • donkey
  • neddy

Etymologie

lat. asinus

Définition

Taxonomie : Mammifère euthérien périssodactyle de la fam. des équidés.
Description : L'âne est un équidé à grande tête et aux longues oreilles, au pelage souvent gris. Il est plus petit que le cheval (hauteur au garrot 90-130 cm). Il a les oreilles plus longues et plus larges, la tête plus grosse en proportion. La queue est garnie de poil seulement à l'extrémité, et la crinière est courte. La couleur est variable du gris cendré au noir brun et au bai foncé. Certains ont des bandes noires sur le cou et sur les pattes ou deux bandes qui se croisent sur le garrot.

Détails

Domestication : D'abord domestiqué en Egypte ancienne vers - 3500, il descendrait de l'âne sauvage Equus (Asinus) africanus vivant encore au nord-est de l'Afrique et en Asie. Il aurait diffusé d'Arabie en Egypte, Grèce, Italie, Gaule puis au nord de l'Europe.
Habitat : Presque mondiale. Il craint le froid, la trypanosomose.
Mœurs : Il est tranquille et docile alors que le cheval est fier, ardent, impétueux (Buffon). Il est sobre. Il vit 30 ans environ. L'âne brait quand il pousse son cri "hi-han".
Utilisations : Rustique, il tolère des rations pauvres. Robuste, il est utilisé surtout comme bête de somme (50 kg sur 20 km par jour), ou de trait pour les transports et dans les travaux des champs. Il a le pied sûr. Il porte des fardeaux, même en terrain abrupt. Il sert de monture. Les harnais utilisés sont le collier, le licol et le bât. Le lait d'ânesse se rapproche de celui de la femme et est réputé avoir des propriétés médicales (cachexies). Le fumier était estimé. La viande est de bonne qualité. La peau est dure et élastique. Le lait d'ânesse avait trois utilisations : l'alimentation (surtout pour les enfants chétifs), la médecine (antidote de toxiques) et les soins de beauté.
Hybrides : L'âne étalon croisé avec une jument donne un mulet, animal résistant au pied sûr. L'ânesse croisée avec un cheval étalon donne un bardot, inintéressant.

" L'ANE, Buff. — Cet animal est originaire de l'intérieur des grands déserts de l'Asie ; il en existe encore beaucoup dans ces pays lointains que l'on n'a pu soumettre au joug ; ils vivent par grandes troupes, et leurs habitudes sont celles des chevaux sauvages ; ils sont méfiants et rusés, et à l'aspect du moindre danger ils fuient avec la rapidité de l'éclair.
Personne n'ignore combien l'âne est utile aux gens de la campagne qui n'ont souvent que lui pour toute fortune ; Buffon a dit avec raison qu'aucun animal ne peut, relativement à son volume, porter de plus grands poids ; aucune bête de trait ou de monture ne coûte moins de nourriture ; il bronche peu, le mulet et la mule n'ont pas le pied plus sûr que le sien dans les sentiers les plus étroits, les plus glissants, au bord même des précipices... " (Crespon J., 1844. Faune méridionale ou description de tous les animaux vertébrés vivants et fossiles, sauvages ou domestiques... du Midi de la France. Nîmes, Chez l'auteur ed., 2 vol., 1er vol., 320 p., p. 95-96)

" Anes domestiques (Equus Asinus L.). — Sanson reconnaît deux espèces d'Anes domestiques, l'une brachycéphale, l'Ane d'Europe (E. Asinus europaeus), l'autre dolichocéphale, l'Ane d'Afrique (E. A. africanus).
L'auteur place le centre d'apparition de l'Ane d'Europe dans le voisinage des îles Baléares ; il ajoute que les ossements de petits Équidés découverts en abondance dans le quaternaire du Midi de la France devaient appartenir à des individus de cette race.
Quant à l'Ane domestique d'Egypte, il aurait pris naissance dans la vallée du Nil. On peut même supposer qu'il dérive directement de l'Ane de Nubie. Mais, ce qui est au moins extraordinaire, c'est la découverte faite par Boucher de Perthes, dans une tourbière de la Somme, à 3 ou 6 mètres au-dessous du niveau de la rivière, d'un crâne d'Équidé que Sanson a reconnu être celui d'un Ane africain. Piètrement admet qu'il s'agit d'un Ane domestique amené dans la vallée de la Somme, à une époque très ancienne, par des migrateurs aryens ou des navigateurs phéniciens. On avouera que cette conclusion est un peu hasardée. Rütimeyer n'a trouvé que quelques débris d'Anes dans les palaffites de l'âge du bronze.
Domestication. — C'est en Egypte qu'on constate les traces les plus anciennes de l'utilisation des Anes. Un bas-relief d'un hypogée de Giseh, datant de la IVe dynastie, représente deux troupeaux d'Anes. Lenormant fait remarquer d'ailleurs qu'on voit figurer cet animal sur les monuments égyptiens, aussi haut qu'on puisse remonter. « La domestication de l'Ane africain ou nilotique, dit Piètrement, est très probablement encore plus ancienne que celle des races chevalines. Elle est due aux Nubiens, ancêtres des anciens Égyptiens, qui ont transmis cet animal aux Sémites du sud-ouest de l'Asie, d'où il s'est anciennement répandu depuis la mer de la Chine jusqu'à l'océan Atlantique. » L'utilisation de l'Ane chez les Hindous remonte à une époque très reculée, ainsi qu'en témoigne la loi de Manou. Ajoutons que le même animal était utilisé chez les Hébreux dès l'époque d'Abraham, et en Grèce du temps d'Hésiode.
Quant à l'Ane européen, sa domestication « doit avoir suivi de près l'importation, dans le centre hispanique, de l'usage des dolmens et de celui des armes en pierre polie ».
En ce qui concerne les temps historiques, on assure que les Anes n'ont été employés en Angleterre que sous les rois saxons. Quant à leur introduction aux États-Unis, elle serait de date toute récente, car on l'attribue à Washington.
Caractères physiologiques. — Les facultés génératrices apparaissent, chez les Anes, un peu plus tôt que chez les Chevaux. L'ardeur génésique est aussi plus considérable : Aristote disait déjà que l'Ane est, après l'Homme, le plus lascif des animaux ; et l'on sait que le Baudet, c'est-à-dire l'Ane étalon, peut faire jusqu'à huit et dix saillies par jour pendant toute la durée de la monte.
La gestation dure en moyenne 364 jours, soit un an. La portée est presque toujours simple. L'Anesse entre de nouveau en rut quelques jours après le part. L'Anon est gai et assez facile à dresser, quoiqu'il se montre souvent entêté. On le traite à peu près comme le Poulain ; on le sèvre d'ordinaire entre six et huit mois.
Services. — L'Ane, comme le Cheval, est un moteur animé ; mais sa conformation le destine plutôt à porter qu'à traîner des fardeaux. On l'utilise dans les pays de montagne comme animal de bât. Son emploi comme animal de trait est en général peu avantageux. Il remplace le Cheval chez les petits cultivateurs : c'est lui qui porte au marché les produits de l'étable, de la basse-cour et du verger. Sa sobriété est telle qu'on le nourrit à très peu de frais ; et il est encore moins exigeant sous le rapport des soins hygiéniques que sous celui de la nourriture. Aussi est-il entretenu le plus souvent avec la plus grande négligence, sinon avec brutalité, ce qui lui fait perdre ses facultés natives et lui donne un caractère rétif. Bien dressé et bien soigné, il ne le cède guère au Cheval sous le rapport de l'intelligence, et on sait qu'il lui est supérieur par son tempérament, son énergie, sa résistance à la fatigue.
Le fumier d'Ane était plus estimé des anciens que celui du Cheval. Enfin l'Anesse fournit un lait qui se rapproche beaucoup, par ses qualités, de celui de la Femme, et qu'on a souvent recommandé dans le traitement des affections cachectiques. On a même établi à Paris, à l'hôpital des Enfants-Assistés, une nourricerie dans laquelle les enfants prennent directement le lait au pis des Anesses.
La chair de l'Ane est de bonne qualité. En France et en Italie, elle est surtout employée à faire des saucissons.
Quant aux débris cadavériques, ils sont utilisés à peu près comme ceux du Cheval. Sa peau, dure et en même temps élastique, est très recherchée des mégissiers.
Nous devons faire remarquer en terminant que l'Ane est assez sensible au froid ; aussi ne le rencontre-t-on pas dans les contrées les plus septentrionales de notre continent. Cependant le père Hue affirme qu'aujourd'hui les Anes s'accommodent très bien du climat du Thibet et des provinces du nord de la Chine. Mais ces animaux supportent beaucoup mieux que les Chevaux la température des régions torrides. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1167-9)

" ANE ou ASNE, s. m. asinus. (Hist. nat.) animal quadrupède, bien connu par plusieurs défauts, & par plusieurs bonnes qualités ; de sorte qu’il n’y a aucun animal qui soit plus dédaigné & plus employé. Il est du genre des solipèdes, c’est-à-dire, qu’il a la corne du pied d’une seule pièce.
Il est plus petit que le cheval ; il a les oreilles plus longues & plus larges, les lèvres plus épaisses, la tête plus grosse à proportion du reste du corps, & la queue plus longue : mais elle n’est garnie de poils qu’à l’extrémité, & sa crinière n’est pas si grande que celle du cheval.
Les ânes sont de plusieurs couleurs : la plupart sont gris de souris ; il y en a de gris argenté, de gris marqué de taches obscures ; il y en a de blancs, de bruns, de roux, &c. Ils ont des bandes noires sur le cou & sur les jambes ; il y a deux autres bandes qui se croisent sur le garrot ; l’une suit la colonne vertébrale dans toute son étendue, & l’autre passe sur les épaules. Il y a des ânes noirs. Les flancs de cet animal sont blancs ; son poil est dur & roide.
Il a six dents incisives ; à deux ans & demi, il perd les premières : les canines ne sont guère plus longues que les incisives, & en sont éloignées comme dans les chevaux ; de sorte que les ânes ont aussi des barres. L’âne a le membre plus grand à proportion du corps que tout autre quadrupède ; il a aussi une très-grande ardeur pour l’accouplement : mais il est peu fécond ; on choisit le printemps pour faire saillir les ânesses, surtout le mois de Mai, & l’été est encore plus favorable à leur fécondation... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Sections

  • travail
  • zoologie
  • zootechnie

Classification française

  • mammifère
  • périssodactyle
  • équidé

Classification scientifique

  • Equidae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [16/09/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 31953 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 13943 photos ou dessins.