laine (n. f.)

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Anglais

  • wool

Etymologie

lat. lana

Définition

Fibre constituée de poils particuliers du mouton surtout, de la chèvre, de petits camélidés (alpaga, vigogne et lama) et de grands camélidés (chameaux et dromadaires).

Détails

Contrairement aux poils ordinaires, les brins de laine sont dépourvus de canal médullaire (et donc d'aspect plus terne) et sont garnis d'écailles coronales qui leur permettent de s'accrocher les uns aux autres et de former des mèches qu'on peut filer. La fibre n'est pas droite. On appelle ondulation le nombre de courbures par unité de longueur. Selon la race de mouton, ces brins sont plus ou moins fins. La race Mérinos est réputée pour la finesse de sa laine. L'Australie est le premier pays exportateur de laine dans le monde. On distingue :
- la laine de délainage (slipe wool, fellmongered wool) récoltée sur les peaux de moutons après l'abattage ;
- la laine jarreuse (kempy wool) ;
- la laine en suint (greasy wool), une laine non lavée ;
- la laine lavée à fond (scoured bloom), lavée, débarrassée du suint et des impuretés.

" LAINE, s. f. (Arts, Manufactures, Commerce.) poil de béliers, brebis, agneaux & moutons, qui de-là sont appelés bêtes à laine, & quand ce poil coupé de dessus leur corps n’a point encore reçu d’apprêt, il se nomme toison.
La laine est de toutes les matières la plus abondante, & la plus souple ; elle joint à la solidité le ressort & la mobilité. Elle nous procure la plus sûre défense contre les injures de l’air. Elle est pour les royaumes florissants le plus grand objet de leurs manufactures & de leur commerce. Tout nous engage à le traiter cet objet, avec l’étendue qu’il mérite.
Les poils qui composent la laine, offrent des filets très déliés, flexibles & moëlleux. Vus au microscope, ils sont autant de tiges implantées dans la peau, par des radicules : ces petites racines qui vont en divergeant ; forment autant de canaux qui leur portent un suc nourricier, que la circulation dépose dans des follicules ovales, composées de deux membranes ; l’une est externe, d’un tissu assez ferme, & comme tendineux ; l’autre est interne, enveloppant la bulbe. Dans ces capsules bulbeuses, on aperçoit les racines des poils baignées d’une liqueur qui s’y filtre continuellement, outre une substance moelleuse qui fournit apparemment la nourriture. Comme ces poils tiennent aux houppes nerveuses, ils sont vasculeux, & prennent dans des pores tortueux la configuration frisée que nous leur voyons sur l’animal.
Mais tandis que le physicien ne considère que la structure des poils qui composent la laine, leur origine, & leur accroissement, les peuples ne sont touchés que des commodités qu’ils en retirent. Ce sentiment est tout naturel. La laine fournit à l’homme la matière d’un habillement qui joint la souplesse à la solidité, & dont le tissu varié selon les saisons, le garantit successivement du souffle glacé des aquilons, & des traits enflammés de la canicule. Ces précieuses couvertures qui croissent avec la même proportion que le froid, deviennent pour les animaux qui les portent, un poids incommode, à mesure que la belle saison s’avance. L’été qui mûrit pour ainsi dire les toisons, ainsi que les moissons, est le terme ordinaire de la récolte des laines... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

" Troupeau : ... Je finis en expliquant comment on peut connaitre la qualité de nos laines en les voyant sur l’animal. Elle y est crevassée sur tous, y formant sur le dos des bandes distinctes dans le sens de la tête à la queue, & des espèces de zones ceignant les flancs & le cou dans une direction verticale ou à-peu-près, séparées entre elles par des sillons ou crevasses ouvertes à la surface de la laine se réduisant à rien sur la peau. Chaque zone est entrecoupée de-près-en-près par des petits sillons en tous les autres sens. Tous ces sillons sont plus ou moins ouverts, selon la posture de l’animal ; ils sont plus grands quand il marche ou qu’il est couché, que quand il est debout en repos, ou qu’il regarde. Ils sont plus étroits & plus nombreux sur l’animal à laine fine que sur celui qui l’a moins fine & plus grossière, parce qu’en celui-là la laine y est plus courte. Il en est de ces différentes largeurs des sillons comme de la grandeur des degrés de deux différents cercles, les plus grands degrés se trouvant dans celui dont le rayon est plus grand. Ils sont plus nombreux, parce que les fils en sont plus fins, & qu’il y en a un plus grand nombre à étendues égales de la peau de l’un & de l’autre, en sorte qu’ayant moins de vide sur l’animal à laine fine entre les fils pour se rapprocher & s’unir, il faut nécessairement qu’ils se mettent, pour ainsi dire, en plus petits flocons qu’en l’animal qui les a plus gros & plus distants entre eux. Le plus de finesse des fils & leur plus grande proximité étant plus propre à arrêter la transpiration appelée le suint ; la laine en est plus pesante, quoique moins longue. Ce suint est si abondant, surtout dans le printemps, qu’il se distingue singulièrement sur l’animal à laine fine vers la jointure de ses épaules ; on le voit alors comme couler le long de la laine qu’il réduit là en une forme appelée par les bergers des aiguillettes, ressemblante assez à la frisure que les Perruquiers appellent en béquille. Article de M. Barthés le père, de la société royale des Sciences de Montpellier. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1re éd., 1751)

Sections

  • caprin
  • mouton
  • peau
  • zootechnie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [02/12/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32253 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 16080 photos ou dessins.