jambon-de-mer (n. m.)

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Scientifique

  • Pinna nobilis

Autres noms

  • grande pinne (n. f.)
  • jambonneau de mer
  • pinne géante (n. f.)

Etymologie

lat. pinna, grosse plume ; il ressemble à un jambon

Définition

Fam. des pinnidés (Pinnidae). Grand mollusque bivalve marin ressemblant à une moule triangulaire, nacrier et perlier. Le plus grand mollusque de la Méditerranée : jusqu'à 1 m. Fréquent en Méditerranée, on peint des scènes marines sur ses valves.

Détails

C'est un hermaphrodite successif à maturation asynchrone. Il est d'abord de sexe indéterminé, puis devient mâle vers un an. De 2-3 ans à sa mort (vers 30 ans) il est femelle. Les plus grosses nacres sont donc toutes des femelles. Leurs perles, de couleur variées, ont eu du succès dans l'antiquité, mais elles s'altèrent vite. Il est en danger car les herbiers de posidonie où il prospère régressent.

"JAMBON, s. m. (Hist. nat. Conchyliol.) nom que quelques auteurs donnent à une coquille de mer bivalve, parce que par sa forme elle ressemble à un jambon ; c’est une espèce de pinne marine. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

" PINNE-MARINE, (Conchyliol.) coquillage de mer, composé de deux valves, quelquefois chargées de pointes & de tubercules ; ce coquillage est le plus grand de son genre que nous ayons dans nos mers ; Les Vénitiens l’appellent astura, les Napolitains perna, & nos naturalistes pinna ou pinna-marina.
« Amyot, dit M. l’abbé d’Olivet, dans sa traduction des œuvres philosophiques de Ciceron, m’a donné l’exemple de franciser le mot pinne, comme les Romains l’avoient latinisé ». Jamais terme n’a été francisé à plus juste titre, & même l’on n’en doit point employer d’autre ; celui de nacre de perle, dont on se sert sur les côtes de Provence & d’Italie, est d’autant moins convenable, qu’il signifie proprement la coquille de l’huitre perlière ; & la nacre désigne des élévations en demi bosse, ou les loupes, comme disent les joailliers, qui se trouvent quelquefois dans les fonds des coquilles de nacre.
Si la terre a ses vers à soie, la mer a pareillement ses ouvrières en ce genre. Les pinnes marines filent une telle soie, que plusieurs l’ont prise pour être le bysse des anciens, & qu’on en fait encore des bas & des gants en Sicile ; de plus, ce coquillage nous donne des perles qui valent autant que celles des huitres de l’Orient, pour fournir des vues sur la découverte de leur formation ; enfin, il mérite quelques détails par toutes ces raisons.
La pinne-marine est un coquillage de mer, bivalve ou à deux battants, formés de deux pièces larges, arrondies par en-haut, fort pointues par en-bas, rudes & très-inégales en-dehors, lisses en-dedans ; leur couleur à la Chine tire sur le rouge, d’où leur vient le nom ridicule de jambonneau.
Il s’en trouve de différentes grandeurs, depuis un pied jusqu’à deux & demi de longueur ; & elles ont dans l’endroit le plus large, environ le tiers de leur longueur ; il sort de ce coquillage, une espèce de houppe, longue d’environ six pouces, plus ou moins, & garnie, selon la grandeur ou la petitesse de la coquille. Cette houppe est située vers la pointe, du côté opposé à la charnière. Elle est composée de plusieurs filaments d’une soie brune fort déliée ; ces filaments regardés au microscope paraissent creux : si on les brule, ils donnent une odeur urineuse comme la soie.
Ce coquillage renferme un petit poisson [sic] qui est bon à manger, dans lequel s’engendrent quelquefois des perles de différentes couleurs & figures. On ramasse une grande quantité de pinnes sur les côtes de Provence, où la pêche s’en fait au mois d’Avril & de Mai. On en trouve aussi beaucoup à Messine, Palerme, Syracuse, Smyrne, & dans l’île de Minorque. L’animal qui l’habite se tient immobile sur les rochers dans la posture qu’il a choisie, & qui doit varier.
Les pinnes-marines peuvent être regardées comme une espèce de moule de mer, mais beaucoup plus grandes que toutes les autres. Leur coquille, comme celle des autres moules, est composée de deux pièces semblables & égales, qui depuis l’origine, s’élargissent insensiblement ; elles sont plus aplaties que les autres moules, par rapport à leur grandeur. Leur couleur est ordinairement d’un gris-sale ; celles de la Chine sont rouges, d’où elles ont eu le nom de jambonneau... " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • animal méditerranéen
  • zoologie

Classification française

  • mollusque
  • bivalve

Classification scientifique

  • Pinnidae

Voir aussi

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [26/05/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32063 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 15199 photos ou dessins.