ambre gris (n. m.)

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Scientifique

  • Ambra grisea

Anglais

  • ambergris

Etymologie

arabe al-anbar

Définition

Matière ayant la consistance de la cire de couleur cendrée, parsemée de taches jaunes et noirâtres, qui a une odeur particulière très forte, souvent trouvée suave et utilisée en parfumerie comme fixateur de parfums de luxe. Il est fourni par l'intestin des cachalots.

Détails

Il est recueilli après leur mort dans cet organe (ambre "de chasse") ou mieux, entraîné par les courants et exposé au soleil (ambre "flotté" valant 50 000 à 80 000 F le kg en 1999). Un cachalot peut produire 65 kg d'ambre. Le centre mondial du commerce de l'ambre "de chasse" est Boston.

"AMBRE-GRIS, (Hist. nat.) Ambarum cineraceum seu griseum, Ambra grisea ; Parfum qui vient de la mer, et qui se trouve sur les côtes en morceaux de consistance solide ; cette matière est de couleur cendrée et parsemée de petites taches blanches ; elle est légère et grasse ; elle a une odeur forte et pénétrante qui la fait reconnaître aisément, mais qui n’est cependant pas aussi active et aussi agréable dans l’ambre brut qu’elle le devient, après qu’il a été préparé, et surtout après qu’il a été mêlé avec une petite quantité de musc et de civette. C’est par ces moyens qu’on nous développe son odeur dans les eaux de senteur et dans les autres choses, où on fait entrer ce parfum. Il s’enflamme et il brûle ; en le mettant dans un vaisseau sur le feu, on le fait fondre et on le réduit en une résine liquide de couleur jaune ou même dorée. Il se dissout en partie dans l’esprit-de-vin, et il en reste une partie sous la forme d’une matière noire visqueuse." (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

" Les Cachalots fournissent encore une substance odorante très appréciée dans l'Orient, l'ambre gris. C'est un corps solide, qui se présente dans le commerce en masses ovoïdes ou sphériques, parfois irrégulières, dont le poids peut atteindre et dépasser 1 kilogramme, et dont la couleur, la consistance et l'odeur varient suivant la fraîcheur des échantillons. L'ambre frais est ordinairement noir à la surface, chamois à l'intérieur ; sa consistance est telle que le couteau y pénètre difficilement à froid ; son odeur est désagréable, dominée par un relent stercoral prononcé. Les échantillons anciens sont secs et peuvent se casser ; ils ont d'ordinaire une teinte grise ou jaunâtre ; enfin, le relent stercoral a disparu pour faire place à une odeur d'ambre, laquelle ne prend pourtant sa finesse que par la dissociation du produit. Il existe aussi de l'ambre complètement blanc. A la cassure, les masses d'ambre gris offrent l'aspect de calculs à couches concentriques. L'analyse chimique y décèle la présence d'une matière balsamique spéciale (2 p. 100) et d'une substance cristallisable dite ambréine, analogue à la cholestérine (jusqu'à 85 p. 100). Au microscope, on reconnaît en effet que ces calculs sont constitués presque exclusivement par de longues aiguilles cristallines d'ambréine, disposées de diverses manières et associées à un pigment mélanique qui donne à l'ensemble sa couleur grise ou noire plus ou moins foncée. De plus, il n'est pas rare de trouver dans la masse des becs de Céphalopodes, des écailles et des arêtes de Poissons, animaux dont se nourrissent les Cachalots.
On peut déduire de cette constitution que les nodules d'ambre gris sont de simples calculs intestinaux (Servat, Marel). Jusqu'à présent, personne ne les a vus et décrits en place, mais on peut affirmer qu'ils occupent la première portion du rectum, dont la muqueuse est fortement pigmentée. Ces calculs ambréiques se forment vraisemblablement par précipitation de contenu toujours liquide de l'intestin. L'odeur d'ambre ne paraît pas appartenir en propre à l'ambréine ; elle est en effet répandue dans tous les organes des Cachalots et tient peut-être à leur nourriture ; mais la substance odorante se trouve sans doute, au contact des cristaux d'ambréine, dans des conditions favorables d'isolement et d'expansion.
On trouve l'ambre gris flottant en pleine mer ou déposé sur les côtes de diverses régions : à Madagascar, au Japon, au Brésil, aux Antilles, etc.
L'ambre gris est surtout employé dans la parfumerie ; mais on y a quelquefois recours en médecine, à titre de stimulant du système nerveux. On l'a autrefois regardé comme un aphrodisiaque puissant : il entre du reste dans la préparation des pastilles indiennes nommées cachundé, des pastilles du sérail, etc. " (Raillet Alcide, "Traité de zoologie médicale et agricole", 2e éd. Asselin et Houzeau, Paris, 1895, p. 1099)

Section

  • zootechnie

Voir aussi

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2019, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [12/11/2019]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

Présentation du dictionnaire des sciences animales

Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 31972 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 14115 photos ou dessins.