ambre (n. m.)

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Scientifique

  • electrum (lat.)

Autres noms

  • ambre jaune (n. m.)
  • succin (n. m.)
  • electrum
  • carabé (n. m.)

Anglais

  • amber

Définition

Résine fossile jaune de conifère riche en acide succinique.

Détails

Frotté, un morceau d'ambre se charge d'électricité statique.
L'ambre jaune est répandu surtout dans les dunes sablonneuses du rivage de la mer Baltique.
L'huile de succin ou huile pyrosuccinique, produite par sa distillation, ressemble au naphte ; elle est antispasmodique et emménagogue.

"Grâce à l'ambre et aux fossiles qu'il renferme, il est désormais possible de reconstituer l'aspect de ces forêts disparues et les conditions de vie des végétaux et des animaux qui les habitaient ; à l'aide de ces éléments, l'ensemble du tableau se précise et s'éclaire.
L'ambre vulgaire est une résine de conifères ; la présence de débris ligneux retrouvés dans les blocs et le fait que les vaisseaux du bois contenaient eux aussi de la résine le prouvent. Outre les pins et les épicéas, les forêts du littoral de la Baltique comportaient d'autres essences : hêtres, érables, magnolias, lauriers géants et canneliers, palmiers et espèces tropicales, dont l'ambre a conservé les fleurs et les feuilles.
A cette époque, dans le nord de l'Europe, le climat était sinon tropical, du moins subtropical ; d'épaisses forêts couvraient le Groenland et le Spitzberg. Faune et flore comprenaient des espèces variées ; les unes n'existent plus que dans les régions chaudes, les autres se sont retirées dans les contrées jouissant d'un climat tempéré...
la résine fut fatale à d'innombrables insectes... " (von Natzmer Gert et Daussy Henri, traducteur, 1955. Les secrets du monde vivant. Paris, Librairie Plon. 315 p., p. 25)

" Ambre jaune (Hist. nat.) ambarum citrinum, electrum, karabe, succinum, succin, matière dure, sèche, transparente, cassante, de couleur jaune, de couleur de citron ou rougeâtre, quelquefois blanchâtre ou brune, d’un goût un peu acre, & approchant de celui des bitumes.
L’ambre-jaune est inflammable, & a une odeur forte & bitumineuse lorsqu’il est échauffé. Il attire, après avoir été frotté, les petites pailles, les fétus, & autres corps minces & légers ; d’où vient le nom d’électrum, & celui d’électricité. L’ambre-jaune se dissout dans l’esprit-de-vin, dans l’huile de lavande, & même dans l’huile de lin, mais plus difficilement. Il se fond sur le feu, & il s’enflamme ; alors il répand une odeur aussi forte & aussi désagréable que celle des bitumes.
Les Naturalistes n’ont pas été moins incertains sur l’origine de l’ambre-jaune, que sur celle de l’ambre-gris...
On distingue trois sortes d’ambre-jaune par rapport aux différentes teintes de couleur ; savoir, le jaune ou le citronné, le blanchâtre, & le roux. L’ambre-jaune est employé à différents usages de luxe ; son poli, sa transparence, sa belle couleur d’or l’ont fait mettre au rang des matières précieuses. On en a fait des colliers, des bracelets, des pommes de canne, des boîtes & d’autres bijoux qui sont encore d’usage chez plusieurs Nations de l’Europe, & sur-tout à la Chine, en Perse, & même chez les Sauvages ; autrefois l’ambre était à la mode en France : combien ne voit-on pas encore de coupes, de vases & d’autres ouvrages faits de cette matière avec un travail infini ? mais les métaux précieux, les pierres fines & les pierreries l’ont emporté sur l’ambre-jaune dès qu’ils ont été assez communs pour fournir à notre luxe... (I)

" SUCCIN, s. m. (Histoire nat. Minéral. & Chimie.) en latin succinum, ambra citrina, karabe chryselectrum, smatternium, &c. c’est une substance résineuse, dure mais cassante, qui s’enflamme en répandant une odeur agréable ; elle est d’un jaune plus ou moins foncé ; il y en a d’opaque & de transparente : on la trouve en masses plus ou moins grosses.
Cette substance est la même que celle qu’on appelle ambre jaune ; elle a été décrite dans le premier volume de ce Dictionnaire sous ce nom ; cependant on a cru devoir suppléer ici à ce qui peut manquer à cet article, afin de présenter aux lecteurs quelques observations sur cette substance, qui paraît avoir été méconnue de la plupart des naturalistes.
Le succin se trouve par couches suivies en plusieurs endroits de la terre, & surtout dans le royaume de Prusse, sur les bords de la mer Baltique. Aux endroits où il se rencontre on voit d’abord à la surface de la terre une couche de sable, il vient ensuite une couche de glaise qui couvre une couche de bois résineux, presque entièrement pourri & réduit en terre, mais qui a encore la propriété de s’enflammer. Au-dessous de ce bois se trouve une couche de terre alumineuse & vitriolique ; enfin on rencontre une nouvelle couche de sable, dans laquelle le succin est répandu par masses détachées, & en morceaux plus ou moins gros.  M. Hellwing... conclu, avec beaucoup de raison, que c’est un bois fossile & bitumineux qui doit être regardé comme la source d’où est venu le succin, qui se tire du sein de la terre  ...  " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1778)

Sections

  • botanique
  • pathologie
  • pharmacie

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [02/06/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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Ceci est la troisième version complète du "Dictionnaire des Sciences Animales" mise sur Internet. Elle comporte 32063 articles sur des mots et expressions concernant les animaux et 15237 photos ou dessins.