garance (n. f.)

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Scientifique

  • Rubia tinctorum

Autres noms

  • garance des teinturiers
  • rouge des teinturiers

Anglais

  • common madder
  • dyer's madder
  • madder

Etymologie

de francisque ; lat. ruber, rouge

Définition

Fam. des rubiacées. Feuilles verticillées par 4 à 6, membraneuses et allongées. La tige, anguleuse, porte de petites épines. Fleur : 5S peu distincts 5P 5E 2C, jaunâtre. Fruit charnu, rare. Plante cultivée autrefois pour fournir un colorant rouge (alizarine) à partir du rhizome et des  racines. Elle colore les os en rouge. Pl. présente dans la garrigue.
Plante médicinale présente en France (racine) : apéritive, emménagogue, tonique.

Détails

La chenille du papillon de nuit sphinx du gaillet, sphinx de la garance, Hyles gallii (Sphingidae) mange de la garance.
Espèce voisine :
- Rubia peregrina, garance sauvage, garance voyageuse, roja, H. 0,3-2,5 m, pl. présente dans la garrigue, les feuilles ont une seule nervure.

" GARANCE, s. f. rubia, (Hist. nat. bot.) genre de plante à fleur campaniforme, ouverte, découpée, & ordinairement percée dans le fond. Son calice devient un fruit composé de deux baies succulentes. Ce fruit renferme une semence qui a communément un ombilic. Les feuilles de la garance sont verticillées. Tournefort, instit. rei herb.
On compte quatre espèces de garance. Mais la principale que nous allons décrire, est désignée par rubia tinctorum, ou rubia tinctorum sativa. Sa racine est vivace, de la grosseur du petit doigt, rampante, tortueuse, cassante, d’un goût d’abord douçâtre, puis amer & austère. Si ses racines sont vieilles, on les verra rousses à l’extérieur ; si elles sont nouvelles, rouges. Elles tracent & s’étendent beaucoup sans s’enfoncer fort avant dans la terre.
Cette garance pousse plusieurs tiges sarmenteuses, quadrangulaires, rudes au toucher, noueuses, jetant d’espace en espace cinq à six feuilles oblongues pointues, plus larges au milieu qu’à l’extrémité, & hérissées de poil. Le vert en est obscur. Les fleurs sortent de leurs aisselles par épis. Ces fleurs sont jaunes, petites, d’une seule pièce, & découpées en quatre parties, & quelquefois en cinq. Le calice qui les soutient devient un fruit composé de deux baies qui se touchent, de la grosseur des baies du genévrier, d’abord vertes, puis rouges, enfin noirâtres quand elles sont tout-à fait mûres, alors succulentes. On y trouve une semence arrondie faite en nombril. Il arrive quelquefois à une de ces semences d’avorter & au fruit de n’avoir plus qu’une baie.
Manière de cultiver la garance...
De quelques phénomènes singuliers sur la garance. En 1737 un chirurgien anglais appelé Belchier, remarqua que les os d’un pourceau qu’on avait nourri avec du son chargé d’un reste d’infusion de racine de garance, étaient teints en rouge. Il fit prendre de la racine pulvérisée à un coq, dont les os se teignirent aussi de la même couleur. M. Duhamel est revenu sur ces expériences qu’il a réitérées avec le même succès que Belchier, sur les poulets, les dindons, les pigeonneaux, & autres animaux. Dès le troisième jour un pigeon avait ses os teints. Ni tous les os dans un même animal, ni les mêmes os en différents animaux ne prennent pas la même nuance. Les cartilages qui doivent s’ossifier, ne se teignent qu’en s’ossifiant. Si on cesse de donner en nourriture les particules de garance, les os perdront peu à-peu leur teinture. Les os les plus durs se coloreront le mieux. Ils soutiendront les débouillis. Ils ne sont cependant pas intacts à l’action de l’air. Les plus rouges y perdent de leur couleur ; les autres blanchissent tout-à-fait en moins d’un an. La moelle de ces os teints, & toutes les autres parties molles de l’animal conservent leur couleur naturelle.
La garance que prennent ces animaux, agit aussi sur leur jabot & sur leurs intestins, du-moins dans la volaille ; ils en sont teints ; pour peu qu’on les tienne à ces aliments, ils tombent en langueur & meurent ; on leur trouve quand ils sont morts, les os plus gros, plus moelleux, plus spongieux, plus cassants. On peut demander pourquoi les parties colorantes ne se portent qu’aux os. Mizaldus qui a fait imprimer en 1566 un mauvais livre intitulé memorab. jucund. & utilium cent. IX. a dit le premier de la garance qu’elle teignait en rouge les os des animaux vivants. On voit dans le recueil de l’acad. des Scien. année 1746. qu’elle n’est pas la seule plante qui ait cette propriété.
La racine de garance est aussi d’usage en Médecine. Quelques auteurs la comptent parmi les cinq racines apéritives mineures. On a dit qu’elle résolvait puissamment le sang épanché, les obstructions des viscères. & surtout celle des reins & des voies urinaires. Mais si l’on tire des expériences précédentes les conséquences naturelles qu’elles présentent, on en inférera que l’usage de la garance est tout-au-moins malsain.
Nous nous sommes fort étendus sur cette plante, à cause de son importance dans la teinture. On s’en sert pour fixer les couleurs déjà employées sur les toiles de coton. Il y a un grand nombre de cas où le succès des opérations demande qu’on garance. " (L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751)

Sections

  • botanique
  • pathologie
  • pharmacie
  • plante méditerranéenne

Classification scientifique

  • Rubiaceae

Pour citer cet article :
Meyer C., ed. sc., 2020, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [09/07/2020]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ >

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